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EDF souffre plus que Total de la baisse du pétrole

13/09/2008 00:00 - JDF

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Revenu à près de 100 dollars le baril, le prix du pétrole a abandonné près de 30 % depuis le début du mois de juillet. La dégringolade est vertigineuse. Cependant, contrairement à toute attente, la principale victime de cette baisse n'est pas Total, mais EDF. Comment expliquer, en effet, que Total soit parvenu à limiter la casse avec 15 % de baisse au cours des trois derniers mois alors qu'EDF abandonne plus de 30 % ? Cette différence de traitement s'explique par les niveaux de valorisation des deux titres. Même au plus fort de la bulle énergétique, Total ne s'est jamais payé en Bourse plus de 9 fois les profits attendus pour 2008, ce qui est toujours resté raisonnable. Le marché avait intégré qu'à court terme le prix du baril avait peu de chances de s'installer durablement au-dessus de 150 dollars et qu'à plus long terme les compagnies pétrolières se trouveraient toutes confrontées à un problème d'épuisement des ressources naturelles d'hydrocarbures. S'agissant d'EDF, le marché s'était en revanche emballé sans retenue. Au plus fort de la bulle, le titre s'est payé jusqu'à 28 fois les profits attendus pour 2008, les investisseurs estimant qu'avec le nucléaire EDF disposait d'une capacité de production illimitée. Malgré la baisse des cours, la valeur se traite d'ailleurs toujours sur la base d'un PER 2008 de 18 fois. Les excès de valorisation du titre méritaient d'être corrigés, car le prix de l'énergie électrique est directement corrélé à l'évolution du prix du pétrole puisque de nombreuses centrales fonctionnent encore au fuel. Le ralentissement économique actuellement perceptible en Europe finira aussi par peser sur la demande d'énergie.