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Investir dans les biotechnologies demande une grande sélectivité

30/08/2008 00:00 - JDF

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Elles font partie de ces secteurs dans lesquels peu d'investisseurs boursiers osent s'aventurer. Pourtant, les sociétés de biotechnologie peuvent recéler de véritables « pépites ». Cette spécialité, fondée sur la production ou la transformation de molécules à partir d'organismes vivants (cellules, gènes, bactéries...), cible des domaines thérapeutiques pointus et encore peu développés (cancer, maladie d'Alzheimer...).

» Sélection - Douze sociétés de biotech cotées à Paris


En fait, le terme « biotechs » recouvre des réalités bien différentes. Outre-Atlantique, où ce domaine s'est développé dès les années 1970, il s'agit d'une véritable industrie dont les représentants cotés pèsent plusieurs milliards de dollars de capitalisation boursière et affichent de confortables bénéfices. En Europe, et plus particulièrement en France, les biotechs sont des sociétés de recherche essentiellement en stade précoce de développement. Sur les douze valeurs cotées à la Bourse de Paris, une seule (Cerep) a été profitable l'an dernier.
Les biotechs jouent cependant un rôle de plus en plus stratégique dans le secteur pharmaceutique. Dans un contexte d'augmentation du coût de la recherche, de perte de brevets et de menace des génériques, les grands laboratoires sont plus que jamais en quête d'innovation et de relais de croissance. Pas étonnant, dès lors, que les opérations se soient multipliées dans le secteur ces derniers mois. La plus emblématique est l'OPA lancée fin juillet par Roche sur le leader mondial, Genentech, dont le laboratoire suisse détenait déjà 56 % du tour de table. Le montant de l'opération - 44 milliards de dollars - devrait d'ailleurs être relevé.
En France, la majorité des biotechs sont trop récentes pour prétendre servir de cible à un laboratoire, mais les partenariats et les accords technologiques sont nombreux. « Depuis deux ans, on assiste à un accroissement de l'intérêt des groupes pharmaceutiques pour les biotechs, notamment celles qui développent des projets originaux, alors qu'auparavant c'était essentiellement les sociétés de capital-risque qui investissaient dans le secteur », confirme Claude Allary, associé chez Bionest Partners.
Les projets et la trésorerie font la valeur des sociétés
Le modèle de développement des biotechs demeure cependant complexe à appréhender pour l'investisseur particulier. L'horizon de profitabilité est souvent éloigné (entre deux et cinq ans) et le chiffre d'affaires, dépendant des « paiements d'étapes » versés par les laboratoires, peut être multiplié par dix d'un semestre à l'autre ! Surtout, le caractère aléatoire des recherches et des études cliniques confère un profil de risque élevé au secteur. Pas étonnant, donc, que les valeurs cotées à Paris demeurent particulièrement volatiles, comme l'attestent cette semaine les variations de la plus grosse capitalisation du secteur, Nicox (lire ci-dessous).
Dès lors, les méthodes de valorisation classiques (multiples de bénéfices, valeur d'entreprise...) ne peuvent être utilisées. C'est généralement sur l'intérêt et la faisabilité de ses projets qu'est évalué le potentiel d'une biotech. « Un contrat signé avec un nom connu de la pharmacie augmente la valeur d'une société, car c'est un gage de reconnaissance », ajoute Claude Allary. Autre précaution : choisir une biotech disposant d'un portefeuille de projets diversifié, donc de plusieurs cordes à son arc, en cas d'échec de l'un d'eux. Enfin, il convient de surveiller la trésorerie dont dispose la société, véritable nerf de la guerre pour mener à bien son développement.
Dans un contexte boursier chahuté, la sélectivité s'impose donc tout particulièrement sur le secteur. Parmi les trois valeurs ci-dessous, Transgène et Exonhit nous semblent particulièrement solides. Nicox est un pari sur la réussite de son principal médicament.
PAR AUDREY TONNELIER