Les Bourses émergentes sont chahutées depuis le début de l'année
Le repli des marchés émergents est lié aux craintes inflationnistes et au durcissement de la politique monétaire dans plusieurs pays qui ne sont par ailleurs plus épargnés par le ralentissement de la croissance économique mondiale. Malgré une résistance indéniable, les taux de croissance de ces Etats devraient faiblir, dans le sillage d'un repli global de l'économie. Aujourd'hui, aucun des quatre grands pays que sont la Chine, l'Inde, la Russie et le Brésil (Bric) n'est désormais à l'abri des tensions inflationnistes. La Russie et le Brésil offrent toutefois une meilleure résistance grâce à leurs ressources en matières premières. Les deux géants asiatiques sont en effet de gros consommateurs et importateurs d'énergie, et plus particulièrement de pétrole. Ils ont, en plus, choisi de subventionner les prix à la pompe pour ne pas handicaper la demande intérieure, principal soutien de la croissance. La période qui s'ouvre est pleine d'incertitudes. Les premiers signes de ralentissement économique sont déjà perceptibles en Chine. Mais si les prix des matières premières continuent de baisser, cela pourrait apporter une bouffée d'oxygène à ces économies. Et, à terme, ce mouvement pourrait entraîner les marchés d'actions à la hausse et avantager certaines Bourses émergentes. La volatilité devrait toutefois rester de mise pour 2008. Un rebond anticipé Cependant, les spécialistes de ces marchés s'accordent à dire que le mouvement de correction a été trop sévère. Les fondamentaux économiques de ces Etats demeurent très solides et les perspectives d'augmentation des profits des entreprises restent bien orientées. Elles sont supérieures à celles des sociétés occidentales. Globalement, les pays émergents sont peu endettés vis-à-vis de l'étranger et leur situation budgétaire est saine, ce qui devrait les aider à mettre en place des mesures pour réactiver la croissance. Enfin, ces pays semblent ne pas avoir mis le doigt dans la machine à broyer du crédit : leur système financier reste solide.
PAR CLÉMENCE FUGAIN
