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Jeudi dernier, la Bourse de Paris a progressé de 2 %. Au moment même où le président de la République expliquait que les revenus du capital avaient trop augmenté et qu'il fallait les taxer de 1,1 % supplé- mentaire pour financer le revenu de solidarité active, les investisseurs ont accueilli cette mesure inepte par une envolée des cours. Il y a plusieurs raisons à cela. La première pourrait être le mépris, tant cette mesure est stupide. Et chaque actionnaire sait mieux que n'importe quel énarque que l'économie est constituée de deux carburants. Le travail, d'une part, qui est déjà surtaxé en France. Le capital, d'autre part, qui n'est pas taxé à outrance mais qu'il faut préserver à tout prix tant il se fait rare et tant il a tendance à aller nager dans des eaux plus clémentes. Mais on voit mal les investisseurs se venger de la dernière initiative intempestive de Nicolas Sarkozy car, comme l'affirmait Chateaubriand, il faut être économe de son mépris, il y a tant de nécessiteux. La deuxième raison possible, c'est que les investisseurs savent depuis longtemps que la politique ne se fait pas à la corbeille. Ils continuent donc de traiter leurs paquets de titres, comme si de rien n'était, mais en s'adaptant, avec des produits de plus en plus sophistiqués, à une fiscalité spoliatrice. La troisième raison, et la plus probable, c'est que la place de Paris n'a plus rien de français. La majorité des capitaux qui y sont échangés proviennent de non-résidents. Plus de la moitié des sociétés du CAC 40 sont détenues par des étrangers. Et le Palais-Brongniart est devenu
nolens, volens une petite annexe de Wall Street. Tout cela n'exonère pas nos dirigeants du choix imbécile et surtout illisible qu'ils ont fait pour financer le RSA. L'Etat dépense chaque année plus de 1.000 milliards d'euros, et certaines fois de manière peu scrupuleuse. Il est impensable qu'aucun fonctionnaire de Bercy n'ait réussi à trouver quelques économies à faire pour financer cette allocation supplémentaire. Il reste à espérer que les élus, députés et sénateurs qui ont compris, quant à eux, la gravité de cette hérésie fiscale amendent en bonne et due forme le projet gouvernemental. Le temps des rentiers et des 200 familles est fini. Alors qu'on ne touche pas au grisbi.