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L'amour a fait sa fortune

02/08/2008 00:00 - JDF

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Pionnier des services en ligne dès le début des années 1980, Marc Simoncini a débuté sa carrière avec le Minitel, mais c'est dans l'Internet qu'il connaîtra la consécration, tout d'abord avec IFrance, l'une des premières « communautés » de l'Internet français, puis avec Meetic, numéro deux mondial de la rencontre en ligne. C'est dans un immeuble sans enseigne de Boulogne-Billancourt que l'homme a installé ses bureaux. Dans une ambiance studieuse loin des stéréotypes sur les start-up, Marc Simoncini nous reçoit. Aucune photo de bébé ou de couple au mur, mais un bureau anonyme au mobilier très design.
« J'ai horreur de parler de moi. Cela m'énerve et me fait perdre du temps. Je le fais seulement parce que ça fait partie de mon travail », précise-t-il. L'homme ne mâche pas ses mots et aime brouiller les pistes. « On a dit tout et n'importe quoi sur moi et sur Meetic. C'est une société qui déchaîne les passions. Ma plus grande satisfaction est de faire se rencontrer des gens et que des bébés naissent grâce à Meetic. » Il se définit lui-même comme un véritable électron libre, têtu, pas diplomate et besogneux. En dehors de son travail, il n'a qu'une seule passion : la lecture. Par manque de temps, il accumule donc les cartons de livres pour sa retraite. Son temps libre, il le consacre au sport, à ses enfants et à ses amis.
Marc Simoncini a seulement 22 ans et est encore étudiant quand il crée sa première société. « En 1984, j'ai abandonné mes études à l'Ecole supérieure d'informatique de Paris pour intégrer une entreprise qui mettait au point des nouveaux systèmes de communication entre les ordinateurs. Un an plus tard, j'ai lancé ma propre société sur le même créneau, à Dijon. »
En 1985, il monte donc sa première start-up avec 20.000 francs. Mais il faudra attendre 1998, et la création d'IFrance, pour que Marc Simoncini rencontre son premier grand succès. En à peine deux ans, la société attise toutes les convoitises. L'homme a réussi la plus belle affaire de l'Internet français en la revendant en 2000 pour plus de 180 millions d'euros à Vivendi (une somme reçue en grande partie sous forme de titres). Il se retrouve alors à la tête d'une véritable petite fortune. Une fortune arrivée presque trop vite selon lui. Il n'a alors que 37 ans. Loin d'être tenté de vivre comme un rentier, Marc Simoncini décide de jouer les business angel. Il investit une partie de son pécule dans les dossiers Internet qu'il juge intéressants. Une période qui ne sera pas franchement couronnée de succès, puisque la seule société survivante de cette époque est 1000Mercis. C'est par hasard au cours d'un dîner qu'Yseulis Coste, fondatrice de 1000Mercis, a fait sa rencontre. Elle a tout de suite été séduite par sa vision d'Internet, sa disponibilité, sa rapidité d'esprit et son humour. « Marc, c'est quelqu'un de très désinhibant, avec une approche ludique du travail », explique-t-elle.
Un travailleur acharné
Mais l'envie d'entreprendre ne le quitte pas. Il décide donc de mettre au point le business model « parfait ». « J'ai établi neuf conditions qu'il me fallait satisfaire pour monter un business parfait, notamment avoir une chance d'être leader en Europe, faire un métier qui me plaise, exclure la production de contenus (pas assez rentable), avoir la capacité de facturer, mettre en place un système d'abonnement... » Marc Simoncini arrive à la conclusion que seules les rencontres par Internet répondent à ces critères. C'est comme ça que l'idée de Meetic a germé dans le cerveau de ce Marseillais. Et c'est au cours d'un dîner avec des amis divorcés qu'il a le déclic. Ces derniers lui ayant confié leurs récents déboires sentimentaux, il est conforté dans son idée. Résultat, quelques mois après avoir tout perdu avec l'effondrement du titre Vivendi, il lance officiellement Meetic. Six mois de développement et plus de 760.000 euros auront été nécessaires. « Je me suis retrouvé endetté pour 200 générations, ironise l'intéressé. Meetic est alors devenu ma seule planche de salut. Mais, finalement, heureusement que j'avais perdu tout mon argent. Si j'avais fait Meetic le ventre plein, ça n'aurait certainement pas été le même succès ! »
Marc Simoncini est un homme de défi qui ne s'arrête jamais. Loin de se reposer sur le succès de Meetic, il travaille au développement des « pépites » encore inexploitées du groupe. « Je veux faire de Meetic quelque chose de plus grand encore. Ce n'est pas du tout parce que le modèle Meetic s'essouffle, comme je l'entends souvent. » L'homme se moque que son projet soit incompris par les marchés. « Je n'ai pas la patience d'expliquer aux gens ce que l'on va faire. Moi, je sais où je vais, c'est l'essentiel ! »
CLÉMENCE FUGAIN