Valeo : « Notre stratégie d'innovation nous protège des aléas des marchés automobiles »

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Le premier semestre marque une nouvelle étape de progrès dans l'évolution de nos résultats : croissance des ventes en volume de 3,4 %, hausse de 0,6 point de la marge opérationnelle, à 4,1 % du chiffre d'affaires et progression de 41 % du résultat net. Le deuxième trimestre 2008 est le quatrième trimestre consécutif d'amélioration des marges.
J'y vois là le bien-fondé de notre stratégie d'excellence opérationnelle et d'innovation fondée sur trois domaines porteurs - à savoir : l'efficacité de la propulsion, l'aide à la conduite et l'amélioration du confort.
Les mesures déployées vous permettent-elles de compenser le surcoût lié à la hausse des matières premières ?
Comme toute la filière automobile, Valeo est exposé à de nouvelles tensions inflationnistes sur les matières premières.
Mais grâce à nos gains de productivité, à l'utilisation de composants moins coûteux et à la répercussion d'une partie de la hausse des prix à nos clients, l'impact matières sur les comptes du premier semestre a pu être ramené de 4,3 % des ventes à 1,7 %.
Les prix des matières premières devraient rester élevés au cours du second semestre. Toutefois, du fait du renouvellement de nos contrats, nous attendons, pour l'exercice 2008, un impact du même ordre de grandeur que celui de l'année dernière.
Vos clients prévoient une baisse de 4 % de la production automobile en Europe de l'Ouest en 2008. Partagez-vous leur pessimisme ?
L'automobile focalise les craintes car la voiture est l'achat qui pèse le plus (après le logement) dans le budget des ménages. Il est donc normal qu'en période d'incertitude économique les décisions d'achat soient plus réfléchies. D'autant que les véhicules vieillissent beaucoup mieux que par le passé grâce à l'amélioration de la fiabilité et de la qualité.
La fin de l'année s'annonce difficile, mais nous sommes confiants dans notre capacité à assurer une progression de nos marges en 2008 conformément à nos engagements. Par ailleurs, l'objectif d'une marge opérationnelle de 6 % à l'horizon 2010 est maintenu.
La pression mise par les constructeurs ne devient-elle pas insupportable ?
Les constructeurs sont en face de problèmes difficiles en matière, notamment, de qualité, de sécurité et d'environnement. Valeo apporte aujourd'hui des solutions adéquates grâce à la qualité et l'innovation. Cela nous permet d'avoir un meilleur dialogue avec nos clients et des relations plus équilibrées.
L'innovation est-elle vraiment la solution miracle ?
Notre stratégie d'innovation nous protège des aléas des marchés automobiles. Plus du quart de nos entrées en commandes concerne désormais des produits innovants. Le système microhybride StARS, invention de Valeo, va devenir dans les prochaines années le standard du marché, remplaçant à la fois le démarreur et l'alternateur. Grâce à sa fonction stop-start, il permet une réduction de la consommation en ville jusqu'à 28 %. Valeo a annoncé la signature d'un contrat avec PSA Peugeot Citroën pour équiper de ce système plus de 1 million de véhicules d'ici à 2011.
Nos innovations ont reçu plusieurs prix cette année, dont le prestigieux PACE Award - pour la quatrième année consécutive - récompensant notre système d'aide au stationnement Park4U. Ce système est en phase de déploiement et devrait équiper seize modèles de véhicules d'ici à 2010.
Toutes ces innovations vont de pair avec notre volonté d'améliorer constamment la qualité de l'ensemble de nos produits. Avec plus des trois quarts des sites du groupe présentant moins de dix défauts par million de pièces livrées à fin juin, nos progrès sur la qualité sont tangibles.
La chasse aux coûts chez les constructeurs touche tous les postes, y compris la R&D. Ce poste explosera-t-il chez Valeo ?
Les dépenses de recherche-développement continueront d'évoluer autour de 5,5 % du chiffre d'affaires par an. Nous avons, en revanche, amélioré l'efficacité de nos études pour réduire les coûts globaux et consacrer ainsi une part plus importante à la recherche avancée.
L'automobile doit diminuer de façon drastique ses émissions de CO2. Quelle contribution apporte votre groupe ?
Le prix du baril élevé, malgré l'augmentation du coût de l'énergie pour nos usines, est un atout pour nous. Le domaine « efficacité de la propulsion » représente déjà le tiers des revenus de Valeo. Grâce à une meilleure régulation thermique, à une transmission optimisée et au système microhybride, qui coupe automatiquement le moteur à l'arrêt, le groupe est à même d'abaisser de 40 % les émissions de CO2 de la majorité des véhicules actuels.
Valeo devrait réaliser un chiffre d'affaires de 300 à 400 millions d'euros à l'horizon 2011 avec le microhybride StARS. C'est un marché porteur, comme en témoignent les récents discours des constructeurs américains sur leur volonté de généraliser ce système.
L'idée est aussi d'accompagner les constructeurs sur de nouveaux territoires...
Etre au plus proche des clients et des marchés en croissance a toujours fait partie de nos priorités stratégiques. Nous venons d'annoncer la création d'une coentreprise en Russie dans le domaine de la climatisation. Nous serons d'ailleurs présents sur la totalité de nos métiers en Russie d'ici à la fin de l'an prochain. La Russie est un formidable marché dans la mesure où la production automobile devrait doubler d'ici à 2013. Pour l'heure, plusieurs joint-ventures de ce type seront annoncés dans le courant du second semestre.
En attendant, où en est la réorganisation du portefeuille d'activités ?
Sur notre programme de cessions d'actifs portant sur 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires, nous sommes à mi-chemin. Nous avons déjà cédé les activités câblage, moteur électrique et thermique dans le poids lourd. Le reste des actifs à céder a été identifié.
Par ailleurs, avec un bilan solide, Valeo est en mesure de saisir les opportunités d'acquisition qui se présenteraient compte tenu des conditions de marché actuelles. Ainsi, après le rachat de l'irlandais Connaught Electronics, plusieurs dossiers sont à l'étude.
Quel rôle exact joue Behdad Alizadeh, homme de confiance du fonds Pardus, dans votre conseil d'administration ?
Behdad Alizadeh apporte aux onze autres administrateurs du conseil son expérience et sa vision des marchés financiers.
PAR JÉRÔME MARMET
