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De toute évidence, le private equity mondial vit des heures sombres. Depuis l'été 2007, le rythme s'est ralenti. La plupart des grandes banques ne veulent plus porter de dettes LBO (opérations de rachat avec effet de levier) et certains dealssont en attente de financement depuis un an.
En France, le paysage a changé. Wendel est tout occupé à ne pas sombrer avec le cours de Saint- Gobain et Eurazeo se fait discret sur le non-coté. Les grandes opérations de 2007, comme l'impressionnante vente de la Saur pour 2,3 milliards d'euros par PAI Partners à un consortium emmené par la CDC, Séché Environnement et Axa Investment Managers, ne sont plus d'actualité. 2008 s'annonce sous un jour plus modeste, où les quelques rares beaux deals se partagent. Ainsi, pour acquérir 70 % du capital de la chaîne d'ameublement Maisons du Monde, LBO France et Apax Partners ont dû joindre leurs efforts.
Du côté des transactions de plus petite ampleur, l'activité ne faiblit pas. Selon le baromètre LBO Net établi par Barclays Private Equity, à la fin février 2008, 90 % des opérations effectuées dans les deux premiers mois de l'année ont eu pour cible des entreprises dont la valeur était inférieure à 75 millions d'euros. Depuis que les marchés de la titrisation sont gelés, les grands LBO, supérieurs à 200 millions d'euros, ne trouvent plus de banques prêtes à les financer.
Le volume des transactions faiblira légèrement en 2008
En revanche, le financement des opérations de petite et moyenne taille est encore assuré. De nouveaux acteurs, comme Bank of Ireland ou Lloyd's TSB, sont apparus sur le marché français pour l'assurer. Et les établissements traditionnels s'organisent de plus en plus souvent en pools afin de porter la dette de ces opérations.
Le directeur général adjoint de Natixis Private Equity, François Baubeau, se félicitait ainsi lors de la présentation des résultats annuels de sa maison de l'impact quasi nul de la crise sur l'activité de ses fonds pour les premiers mois de 2008. Les opérations de croissance externes, ou de build up, soutiendront également le marché. Traditionnellement dans un marché plus difficile, les fonds se concentrent sur l'optimisation de leurs lignes en portefeuille.
Les optimistes n'ont ainsi pas déserté le monde du capital-investissement. Les grandes maisons continuent de lever des fonds et de nouveaux acteurs arrivent sur le marché. Ainsi François Véron, ancien de Cita Gestion, a-t-il créé en juillet 2008 NewFund (sic !), destiné à l'accompagnement financier des entrepreneurs. Pour lui, le small cap reste un secteur aux opportunités prometteuses !
La Bourse a sanctionné les sociétés d'investissement
Les sociétés cotées de capital- investissement, spécialisées sur les financements de PME, ont été entraînées dans la débâcle des valeurs financières en Bourse. Elles ont perdu entre 20 et 40 % de leur valorisation depuis un an. Cette sanction nous semble excessive. Certes le rythme des investissements va nécessairement ralentir, mais les actifs nets réévalués des sociétés se maintiendront. Cette période de crise est en tout cas une excellente occasion de distinguer les fonds solides des plus fragiles. L'investisseur qui se renforce aujourd'hui sur des sociétés aux historiques stables et aux perspectives sérieuses ne pourra que s'en féliciter dès les premiers rebonds du marché.