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Les investisseurs qui ont pris le pari des matières premières en début d'année ont eu le nez creux. Alors que l'indice CAC 40 abandonne plus de 20 % de sa valeur depuis le 1er janvier, le pétrole flambe de 50 %, l'or a gagné 11 %, l'argent est en hausse de 17,5 % et le maïs affiche déjà une progression de 50 %. Ce
rally des matières premières va-t-il se poursuivre durant l'été ? Difficile d'être affirmatif sur ce point car le marché des
commodities (« matières premières » en anglais) est particulièrement spéculatif. L'évolution des cours dépend bien entendu de l'équilibre entre l'offre et la demande, mais elle est également guidée par la spéculation. Or celle-ci peut vite se dégonfler, entraînant un reflux rapide et prononcé des cours. La prise de risque est élevée, mais, dans un contexte de résurgence de l'inflation, miser sur les ressources naturelles n'est pas un mauvais pari dans une optique à moyen-long terme. Depuis quelques années, les émetteurs de produits dérivés (les banques) rivalisent donc d'ingéniosité pour proposer aux investisseurs particuliers des véhicules d'investissement permettant de miser sur les ressources naturelles. Comme pour les actions, investir sur les ressources naturelles nécessite avant tout d'avoir une conviction. Il faut ensuite opter pour le bon véhicule, en prenant soin de bien apprécier le profil de risque correspondant à chaque situation. La palette de produits est très large, chacun d'entre eux correspond à une stratégie bien spécifique.
1- Les warrants Les warrants sont de loin les produits les plus spéculatifs car, en plus de l'effet de levier qui leur est attaché, leur valeur s'érode avec le temps. Parmi toutes les matières premières, les warrants sur le pétrole sont les plus répandus, avec une batterie complète de calls et de puts dotés de prix d'exercice et de maturité différents. Le pari est simple. Si le baril continue de flamber, les détenteurs de call warrants verront la valeur de leur investissement s'apprécier de 20 %, 30 %, 40 % ou plus au cours des prochaines semaines, en fonction du warrant retenu. L'effet de levier propre aux warrants permet d'amplifier les variations du sous-jacent. Si le baril rechute à 110 dollars ou moins, il faudra détenir des puts (options de vente) pour gagner de l'argent quand les cours baissent... Les détenteurs de calls, quant à eux, verront le cours de leurs warrants s'effondrer.
2- Les certificats L'offre en sous-jacents est plus étoffée dans la gamme des certificats. Il existe désormais des certificats portant sur le cuivre, l'argent, le blé, le riz, le nickel, le houblon, ou encore sur des paniers de matières premières... Les certificats sans effet de levier sont généralement appelés « 100 % ». Très proches des trackers, ils répliquent fidèlement les variations des cours des principales matières premières. Aucun droit d'entrée ou de sortie n'est prélevé. Seule une commission de gestion annuelle, incluse dans le prix, est appliquée. Ces produits offrent un profil de risque moins élevé que les warrants et permettent de ne pas se soucier des contraintes propres aux options : pas de chute de la valeur temps ni de variations intempestives liées à l'évolution de la volatilité. Les matières premières étant cotées en dollars, les émetteurs proposent des produits dits « Quanto » qui suppriment toute exposition aux effets de change.
3- Les trackers Les trackers sont des fonds indiciels. A l'image des certificats 100 %, les trackers permettent de bénéficier de la quasi-intégralité de la performance du sous-jacent. Une commission de gestion est intégrée au prix du tracker. L'intérêt de ces produits est leur liquidité et la facilité à suivre les variations du support. L'un des plus connus est le Lyxor ETF Commodities CRB, coté depuis 2006. Mais, contrairement à la plupart des trackers sur indice actions, les produits indexés sur les matières premières ne sont pas éligibles au PEA.
4- Les fonds matières premières Il existe aussi tout un choix de fonds dont la politique de gestion est centrée sur les ressources naturelles. Ils permettent de bénéficier du savoir-faire d'un gérant qui, à la différence d'un indice, pourra piocher parmi les meilleures opportunités du moment, quelle que soit l'évolution indicielle. Les fonds offrent aussi un panachage entre actions, options et différents sous-jacents qui permet de profiter d'une plus grande diversification de ses actifs. Mais attention aux frais de gestion. Il n'est pas rare de se voir prélever chaque année 4 % de ses encours au titre des frais annuels.