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Nokia s'ouvre de nouvelles perspectives dans la téléphonie mobile

28/06/2008 00:00 - JDF

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Nokia n'est plus un fabricant de téléphones mobiles. Du moins, plus seulement. Aujourd'hui, le groupe finlandais se définit davantage comme « une entreprise de logiciels ». Sa nouvelle stratégie d'acquisitions peut en témoigner. Mardi 24 juin, Nokia a offert 264 millions d'euros pour prendre le contrôle de Symbian, un éditeur de systèmes d'exploitation pour téléphones mobiles « intelligents » (smartphones), qui équipe un peu plus de la moitié des appareils dans le monde. Objectif pour Nokia : vendre plus de téléphones grâce à une offre de services intégrés améliorée, le nouveau nerf de la guerre.
« La différence entre les acteurs de la téléphonie mobile se fait désormais dans les services proposés », confirme Leslie Griffe de Malval, gérant spécialisé chez IT Asset Management. Précurseur en la matière, le numéro un mondial des téléphones portables a compris que la préservation, à terme, des marges des fabricants passait par une diversification dans les services. Dès 2006, Nokia a débuté ses emplettes. L'annonce du rachat à l'automne 2007 de Navteq, spécialiste de la cartographie numérique, pour 8,1 milliards de dollars, en fut le point d'orgue. La multitude de services proposés (téléchargement de musique, vidéos, partage de fichiers, géolocalisation...) est regroupée sous la plate-forme Ovi, accessible sur Internet.
En faisant évoluer son modèle économique, Nokia s'est découvert de nouveaux concurrents, et pas des moindres : Microsoft, Google, Apple... Les trois géants américains développent ou sont en train de développer leur propre système d'exploitation. Apple est devenu l'ennemi public numéro un depuis le lancement de l'iPhone, l'an dernier, et des multiples applications qui y sont liées. L'évolution stratégique de Nokia répond en partie à l'intrusion de l'entreprise à la pomme dans la téléphonie mobile. « Le modèle hardware (matériel)-software (logiciel)-services est la nouvelle combinaison gagnante dans le secteur », témoigne Leslie Griffe de Malval. Problème : Nokia en vient aussi à concurrencer les opérateurs télécoms, ses premiers clients. Les nouvelles relations entre fabricants et opérateurs restent encore à définir.
« L'Internet mobile est un business naissant, précise Michael Nique, consultant à l'Idate. Chaque acteur se positionne pour être prêt lorsque ça va démarrer. » Pour l'instant, la taille du marché demeure difficile à évaluer. Nokia estime celui-ci à environ 100 milliards de dollars à l'horizon 2011-2012. La part de marché du finlandais serait minime : quelques pour cent, selon les estimations. Quelques milliards de dollars, donc, à comparer avec les 51 milliards d'euros de chiffre d'affaires du groupe en 2007. La visibilité est de toute façon limitée pour l'instant. Mais tout peut aller très vite.
PAR ROMAIN GUEUGNEAU