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L'horizon s'assombrit de nouveau, le CAC 40 flanche

07/06/2008 00:00 - JDF

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SPECTRE.  La crise financière était passée par ici. D'aucuns avaient juré qu'elle ne repasserait pas par là. Auraient-ils parlé trop vite ? Les marchés ont de nouveau été emportés dans la tourmente, cette semaine, après la multiplication de mauvaises nouvelles dans le secteur bancaire. L'indice vedette de la Bourse de Paris a abandonné près de 4 % sur la semaine, pour approcher la barre des 4.800 points. Les banques ont largement contribué à l'ampleur de cette rechute, Crédit Agricole, Société Générale et BNP Paribas figurant en bonne place au palmarès des plus fortes baisses. L'augmentation de capital au rabais lancée par la première a très moyennement plu. D'autant que la justification des modalités de la levée de fonds, et notamment de la décote, reste jusque-là peu évidente aux yeux du marché. « Le climat de suspicion demeure fort dans le secteur, confirme François Chaulet, directeur associé de Montségur Finance. La situation est difficile en termes de trésorerie pour toutes les banques. » Outre-Atlantique, l'agence de notation Standard & Poor's a émis cette semaine un avis très négatif sur les perspectives du secteur, dégradant les notes de crédit des principales banques de Wall Street. Lehman Brothers serait contraint à une levée de fonds pour assainir un bilan mis à mal par la crise financière. « Le discrédit sur le secteur bancaire est total », reconnaît Christian Parisot, économiste et responsable de la stratégie chez Aurel. De nouvelles dépréciations semblent inévitables aux Etats-Unis comme en Europe. « La crise financière sera terminée lorsque les banques se mettront à se prêter de l'argent entre elles, juge Christian Parisot. C'est loin d'être le cas. » Cueillis à froid par ces nouvelles inquiétudes sur les banques, les investisseurs n'ont guère eu l'occasion de se réchauffer en écoutant les discours des banquiers centraux américain et européen. La lutte contre l'inflation reste une priorité pour les autorités financières. L'annonce d'une prochaine hausse des taux directeurs en Europe a cependant surpris les marchés, dans le mauvais sens. Dans un contexte de marché plutôt moribond, les bonnes nouvelles se sont faites rares. Le projet de rachat amical de l'opérateur scandinave de télécoms TeliaSonera par France Télécom en a, à ce titre, rassuré plus d'un. Certes, les investisseurs ont émis des doutes concernant l'intérêt stratégique et financier de cette opération, le titre abandonnant environ 7 % en deux séances. Mais les observateurs ne boudent pas leur plaisir de voir une transaction de plus de 30 milliards de dollars se mettre en place. « Ça fait plaisir de revoir une opération financière de cette taille à Paris, se réjouit François Chaulet. Les affaires reprennent. »« France Télécom a pu trouver une somme importante auprès des banques assez facilement, complète Christian Parisot. C'est rassurant. » Nul doute que les semaines à venir seront mouvementées. Les marchés resteront focalisés sur l'évolution des banques, du pétrole, de l'inflation et de l'activité aux Etats-Unis. Les mauvais chiffres de l'emploi américain ont précipité la chute du CAC 40 vendredi 6 juin. Mais « le comportement des investisseurs demeure rationnel, veut croire François Chaulet. Aujourd'hui, le marché sait faire le tri entre le bon grain et l'ivraie ». C'est déjà ça.
ROMAIN GUEUGNEAU