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Le nouveau droit à l'information sur les retraites

07/06/2008 00:00 - JDF

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Dans le monde absurde où nous vivons, il est d'usage de clamer haut et fort les droits des citoyens. Peu importe que les gouvernement successifs soient ou non capables d'assurer les respect de lois ou principes édictés par eux-mêmes ou par leurs prédécesseurs. L'essentiel est de publier un texte qui satisfera les plus récalcitrants. C'est ainsi qu'est né récemment le droit au logement opposable. Et le public d'imaginer une génération spontanée d'immeubles créée par le seul bon vouloir du législateur. Dans le même ordre d'idées, nous avons aujourd'hui un « droit à l'information individuelle sur la retraite ». Cela n'apporte pas un centime de plus dans les caisses des régimes par répartition, mais réjouissons nous : 1. 415.150 courriers ont été expédiés couvrant 80 % de la cible potentielle. Si le pompeux de l'intitulé est critiquable, l'initiative n'est pas inutile. Les assurés sont prévenus suffisamment en amont pour pouvoir vérifier et, le cas échéant, rectifier les informations détenues par leur régime de retraite. Par ailleurs, ils peuvent évaluer les droits accumulés et futurs. Ce sera parfois douloureux eu égard aux espoirs de certains, mais générateur d'une prise de conscience sur la nécessité d'épargner. A terme, tous les cinq ans à compter de leur 35e anniversaire, les assurés recevront par courrier un relevé de situation individuelle et c'est un bon âge pour commencer à investir sérieusement. Alerter la population sur la nécessité de se constituer un complément de retraite est impératif. Mais pour éviter un déséquilibre désastreux pour les régimes par répartition et une baisse drastique du montant des pensions, les pouvoirs publics entendent bien jouer sur un autre levier : l'emploi des seniors. Cette semaine, Laurent Wauquier, secrétaire d'Etat à l'emploi, a donné un coup de projecteur sur les mesures qui devraient être adoptées dans le cadre de la prochaine loi de financement de la Sécurité sociale. Dans une interview accordée à La Tribune du 3 juin, il explique dans quelles conditions il sera possible de cumuler emploi et retraite et annonce que le gouvernement souhaite augmenter la surcote pour les salariés qui travailleront au-delà de la durée requise pour bénéficier du taux plein. La surcote présente toutefois le défaut d'engager des dépenses proportionnelles à la durée de vie de son bénéficiaire. Pour éviter cet écueil, il serait envisagé de reprendre une idée émise par Jean-Olivier Hairault dans un ouvrage collectif *, consistant à traduire les années de prolongation d'activité par un capital productif d'intérêts, ce capital étant versé lors de la prise effective de la retraite. Inconvénient de la formule, comme la période productive d'intérêt sera en principe courte, les sommes seront placées en « bons du trésor ou tout autre actif de court terme à rendement certain ». Un choix discutable alors que, même à 65 ans, un individu dispose d'une espérance de vie qui lui permet de placer en actions l'actif le plus rentable sur le long terme. * Pour une retraite choisie, éditions Rue d'Ulm
PAR MARIE-CHRISTINE SONKIN