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Retraits de la cote : sachez faire les bons choix d'investissement

31/05/2008 00:00 - JDF

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La faiblesse persistante du cours de Bourse de nombreuses valeurs pourrait inciter certains actionnaires majoritaires à procéder à des retraits de la cote. A ce jour, peu d'initiatives de ce type ont été lancées, mais le contexte boursier actuel s'y prête particulièrement. Pour les minoritaires, ces opérations sont souvent l'occasion de réaliser de belles plus-values. Un retrait de la cote peut être motivé par la volonté de la maison mère d'un groupe déjà coté de limiter le nombre d'entités cotées (Euler-Hermes avec Allianz, Boursorama avec la Société Générale, Colas avec Bouygues...). Certains actionnaires, généralement familiaux, qui souhaitent se désengager peuvent également trouver la valorisation boursière de leur société trop faible pour vendre dans de bonnes conditions. Ils préfèrent donc sortir la société de la Bourse puis traiter directement avec un acquéreur sur la base d'un meilleur prix. Il est aussi possible de réaliser des gains financiers significatifs en procédant à l'intégration fiscale d'une société dont on acquiert l'intégralité du capital. Ce cas de figure concerne beaucoup les fonds de LBO, qui disposent d'une dette très élevée dans le holding de contrôle (Léon de Bruxelles, Kaufman & Broad). Lorsqu'un actionnaire détient plus de 95 % du capital d'une société, il peut lancer une offre publique de retrait (OPR), qui prend dans ce cas un caractère obligatoire. Si ce n'est pas le cas, l'initiateur du projet doit lancer au préalable une offre publique d'achat (OPA) standard pour atteindre ce seuil fatidique. Le prix proposé se doit alors d'être attrayant, et c'est là que l'investisseur peut rapidement réaliser de belles plus-values. Certains fonds, tels Boussard & Gavaudan ou Tocqueville Finance, sont spécialisés dans le repérage des sociétés susceptibles de faire l'objet d'une telle opération. Ils prennent plus de 5 % du capital et se retrouvent ainsi en position de force pour négocier le prix de sortie. Ce processus peut se révéler très rentable. Ainsi, Camaïeu a fait l'objet de trois offres successives entre 2005 et 2007, avec des prix proposés portés de 85 à 267 euros. Mais il faut aussi savoir sortir d'un tel dossier, car aujourd'hui le cours de Camaïeu est assez nettement inférieur à celui de la dernière offre. Les fondamentaux ne doivent pas être négligés L'investisseur ne doit cependant pas tomber dans le piège consistant à ne se laisser guider que par ce critère de sélection. Un retrait peut en effet paraître logique sur le papier mais mettre beaucoup de temps à se concrétiser. Dans le cas de Lapeyre, au début des années 2000, Saint-Gobain a par exemple laissé passer trois exercices décevants, ayant fait nettement plonger, avant de procéder à son retrait de la cote. Nous avons sélectionné huit valeurs qui peuvent être jouées dans l'optique d'un retrait, mais la solidité des fondamentaux constitue un critère tout aussi important. Deux d'entre elles sont des filiales de groupes importants et figurent parmi les dossiers régulièrement cités comme étant sus- ceptibles de faire l'objet d'une opération. Il s'agit de Ciments Français et de Colas. Ce dernier cas est intéressant car, après plusieurs années d'attente, le dossier pourrait bouger prochainement. Pour l'heure, les dernières rumeurs font état d'une ouverture possible du capital plutôt que d'un retrait de la cote, mais tout mouvement sur le capital aura pour effet de relancer l'intérêt sur cette société dont les fondamentaux sont très solides. Meilleurtaux est l'une des nombreuses entités cotées liées aux activités immobilières des Caisses d'Epargne, avec Nexity et Maisons France Confort. Une opération sur le capital n'est pas à exclure. Entrepose Contracting a été racheté l'an dernier par Vinci. L'objectif était de retirer l'affaire de la cote, mais des fonds ont acquis une part du capital suffisante pour empêcher l'opération, qui aurait été lancée à un prix trop bas. A moyen terme, la société a vocation à être intégrée totalement dans le géant du BTP et des concessions. Il en est de même pour AuFéminin.com, repris par l'allemand Axel Springer. Les derniers résultats ont déçu, mais nous jugeons la sanction excessive. Enfin, l'actionnaire principal de Léon de Bruxelles vient de céder sa participation au fonds OFI Private Equity. Une OPA va être lancée prochainement au prix de 10,90 euros par titre. Les trois dossiers les plus proches d'un dénouement sont, à nos yeux, Kaufman & Broad, Ciments Français et Teamlog. Nous revenons en détail sur chacun d'entre eux ci-dessous.
EMMANUEL EGLOFF