Le sommet après une carrière dans l'ombre
C'est une pièce presque vide. Deux chaises. Un fauteuil. Un bureau sans personnalité sur lequel trône un ordinateur. « Excusez-moi, mais c'est un bureau de passage », se justifie Alain Dinin, président-directeur général de Nexity. Depuis que la société a racheté les activités immobilières des Caisses d'Epargne, l'an dernier, elle dispose de locaux parisiens. « C'est parfois plus pratique que notre siège à la Défense », précise-t-il.
Ce bureau de passage n'est pas représentatif d'un homme d'une rare constance, qui a bâti sa carrière dans l'ombre. Il est entré dans le milieu de l'immobilier il y a plus de trente ans. Et pendant presque toute cette durée, il a peu à peu façonné une société, devenue aujourd'hui Nexity, le premier acteur intégré des métiers de l'immobilier.
L'homme reste pourtant persuadé que sa carrière résulte d'un concours de circonstances. En 1975, Alain Dinin intègre, comme contrôleur de gestion, une filiale immobilière du Crédit Lyonnais. Il va y faire une rencontre marquante : son chef, Michel Lefebvre, qu'il qualifie de « mentor » et qui va l'aider à faire ses premiers pas dans ce métier si particulier. Leur collaboration va durer vingt ans au sein de trois entreprises différentes.
Au-delà de cette rencontre, Alain Dinin va souvent travailler avec de fortes personnalités. En 1978, il suit Michel Lefebvre chez le promoteur immobilier Ferret-Savinel, rapidement rebaptisé Ferrinel, qui est l'entreprise de la famille Arnault.
Au milieu des années 1990, Bernard Arnault décide de se recentrer sur le luxe. Il propose à Michel Lefebvre et à Alain Dinin de poursuivre leur carrière avec lui, mais les deux hommes décident de rester dans le métier de l'immobilier. Pour réaliser la vente de la société, ils rencontrent un certain Jean-Marie Messier, alors associé- gérant chez Lazard, mais bientôt dirigeant de la Générale des Eaux. Ce dernier propose d'intégrer l'entreprise, qui s'appelle désormais Groupe George V, au pôle immobilier, alors en grande difficulté, de la Générale des Eaux. Le nouvel ensemble sera dirigé par Stéphane Richard, un jeune énarque, pour la partie financière, et par Alain Dinin, qui prend la succession de Michel Lefebvre après la disparition de ce dernier, pour ses connaissances immobilières.
Il s'agit d'un changement majeur pour Alain Dinin. L'entreprise est d'une tout autre dimension. Et il fait connaissance avec un monde d'énarques et de polytechniciens qu'il ne connaît pas. « Il y avait un décalage énorme entre les autres dirigeants et moi », reconnaît-il.
Ses débuts n'ont en effet pas été faciles. Alain Dinin a passé ses premières années à Dunkerque. Au décès de son père, il doit arrêter ses études à l'école de commerce de Lille pour reprendre le métier familial de VRP en matériel frigorifique afin de subvenir aux besoins de sa famille. Il finira ses études en temps partagé.
De ces années difficiles, il a conservé cette volonté de mettre les siens à l'abri du besoin. Que certains ont assimilée à une envie de s'enrichir. « Je serais pourtant beaucoup plus riche aujourd'hui si j'avais réalisé un dernier LBO plutôt que d'introduire Nexity en Bourse, explique-t-il. Mais ma priorité a toujours été d'assurer la pérennité de l'entreprise. »
Cette fidélité à son passé se retrouve également dans son implication dans les problèmes de logement en France. Nexity est le seul des grands promoteurs à pointer clairement les difficultés des primo-accédants quand ses concurrents se contentent souvent de ne s'adresser qu'à des clients déjà propriétaires. « Nous avons un engagement sociétal, ce qui ne veut pas dire social, précise-t-il cependant. Nous sommes très impliqués dans les problématiques d'accès au logement, sans jamais oublier que Nexity est une entreprise et, à ce titre, doit réaliser des profits. »
En 1998, il devient clair que Jean-Marie Messier ne souhaite pas conserver les activités industrielles de l'entreprise qu'il dirige. Deux LBO sont organisés. Les dirigeants entrent au capital de Nexity à ce moment. Puis la décision est prise d'introduire la société, qui s'appelle désormais Nexity, en Bourse. « Nous avions besoin d'un actionnaire ayant une vision de long terme, plus adaptée à nos métiers », explique Alain Dinin. L'opération, qui est réalisée avec succès en octobre 2004, se fait sous la houlette non pas de Stéphane Richard, qui a pris les commandes de Veolia Transport, mais d'Alain Dinin. Pour la première fois, ce dernier devient le numéro un de la société.
Il y a prouvé, depuis, qu'il avait le bon profil, en augmentant les bénéfices de 40 % depuis cette date et en réalisant une opération majeure avec l'entrée des Caisses d'Epargne à son capital.
Ce bureau de passage n'est pas représentatif d'un homme d'une rare constance, qui a bâti sa carrière dans l'ombre. Il est entré dans le milieu de l'immobilier il y a plus de trente ans. Et pendant presque toute cette durée, il a peu à peu façonné une société, devenue aujourd'hui Nexity, le premier acteur intégré des métiers de l'immobilier.
L'homme reste pourtant persuadé que sa carrière résulte d'un concours de circonstances. En 1975, Alain Dinin intègre, comme contrôleur de gestion, une filiale immobilière du Crédit Lyonnais. Il va y faire une rencontre marquante : son chef, Michel Lefebvre, qu'il qualifie de « mentor » et qui va l'aider à faire ses premiers pas dans ce métier si particulier. Leur collaboration va durer vingt ans au sein de trois entreprises différentes.
Au-delà de cette rencontre, Alain Dinin va souvent travailler avec de fortes personnalités. En 1978, il suit Michel Lefebvre chez le promoteur immobilier Ferret-Savinel, rapidement rebaptisé Ferrinel, qui est l'entreprise de la famille Arnault.
Au milieu des années 1990, Bernard Arnault décide de se recentrer sur le luxe. Il propose à Michel Lefebvre et à Alain Dinin de poursuivre leur carrière avec lui, mais les deux hommes décident de rester dans le métier de l'immobilier. Pour réaliser la vente de la société, ils rencontrent un certain Jean-Marie Messier, alors associé- gérant chez Lazard, mais bientôt dirigeant de la Générale des Eaux. Ce dernier propose d'intégrer l'entreprise, qui s'appelle désormais Groupe George V, au pôle immobilier, alors en grande difficulté, de la Générale des Eaux. Le nouvel ensemble sera dirigé par Stéphane Richard, un jeune énarque, pour la partie financière, et par Alain Dinin, qui prend la succession de Michel Lefebvre après la disparition de ce dernier, pour ses connaissances immobilières.
Il s'agit d'un changement majeur pour Alain Dinin. L'entreprise est d'une tout autre dimension. Et il fait connaissance avec un monde d'énarques et de polytechniciens qu'il ne connaît pas. « Il y avait un décalage énorme entre les autres dirigeants et moi », reconnaît-il.
Ses débuts n'ont en effet pas été faciles. Alain Dinin a passé ses premières années à Dunkerque. Au décès de son père, il doit arrêter ses études à l'école de commerce de Lille pour reprendre le métier familial de VRP en matériel frigorifique afin de subvenir aux besoins de sa famille. Il finira ses études en temps partagé.
De ces années difficiles, il a conservé cette volonté de mettre les siens à l'abri du besoin. Que certains ont assimilée à une envie de s'enrichir. « Je serais pourtant beaucoup plus riche aujourd'hui si j'avais réalisé un dernier LBO plutôt que d'introduire Nexity en Bourse, explique-t-il. Mais ma priorité a toujours été d'assurer la pérennité de l'entreprise. »
Cette fidélité à son passé se retrouve également dans son implication dans les problèmes de logement en France. Nexity est le seul des grands promoteurs à pointer clairement les difficultés des primo-accédants quand ses concurrents se contentent souvent de ne s'adresser qu'à des clients déjà propriétaires. « Nous avons un engagement sociétal, ce qui ne veut pas dire social, précise-t-il cependant. Nous sommes très impliqués dans les problématiques d'accès au logement, sans jamais oublier que Nexity est une entreprise et, à ce titre, doit réaliser des profits. »
En 1998, il devient clair que Jean-Marie Messier ne souhaite pas conserver les activités industrielles de l'entreprise qu'il dirige. Deux LBO sont organisés. Les dirigeants entrent au capital de Nexity à ce moment. Puis la décision est prise d'introduire la société, qui s'appelle désormais Nexity, en Bourse. « Nous avions besoin d'un actionnaire ayant une vision de long terme, plus adaptée à nos métiers », explique Alain Dinin. L'opération, qui est réalisée avec succès en octobre 2004, se fait sous la houlette non pas de Stéphane Richard, qui a pris les commandes de Veolia Transport, mais d'Alain Dinin. Pour la première fois, ce dernier devient le numéro un de la société.
Il y a prouvé, depuis, qu'il avait le bon profil, en augmentant les bénéfices de 40 % depuis cette date et en réalisant une opération majeure avec l'entrée des Caisses d'Epargne à son capital.
EMMANUEL EGLOFF
