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24/05/2008 00:00 - JDF

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Les syndicats qui ont manifesté cette semaine contre la réforme des retraites mènent-ils un combat d'arrière-garde ? Sans vouloir minimiser l'importance de partenaires sociaux qui gardent un poids certain dans notre pays, il semble bien que leurs interlocuteurs soient déjà passés au dossier suivant : les 41 années de cotisation sont entérinées. Le Guide des réformes et des mesures 2007-2008, édité par le service d'information du gouvernement, n'en fait pas mystère : « l'allongement de la durée de cotisation de 40 à 41 ans pour obtenir une retraite à taux plein dès 2012 est confirmé », précise le chapitre intitulé « Parvenir à l'équilibre général des retraites en 2012 ». Cette mesure sera-t-elle suffisante ? Cela reste à prouver. En tout cas, la présidente du Medef semble elle aussi avoir largement dépassé le débat des 41 ans de cotisations. Laurence Parisot souhaite une réforme susceptible de régler la question « pour trente ou quarante ans », nous rapporte Le Figaro. Et plutôt que des révision successives tous les trois ou quatre ans, ce qu'elle juge « anxiogène », elle suggère de porter l'âge légal de la retraite à 63,5 ans en 2020. En attendant cette échéance, il serait utile que le gouvernement accompagne la réforme des retraites par répartition d'avancées significatives du côté de la capitalisation. La période est propice. Les Français sont aujourd'hui bien conscients de la nécessité de compléter leurs revenus futurs, et les marchés sont à des niveaux de valorisation particulièrement attrayants. D'ailleurs, sur le risque dépendance, il semble que les pouvoirs publics soient moins frileux, puisque l'éventualité du recours à l'assurance privée pour couvrir la perte d'autonomie a déjà été largement évoquée. Il ne serait pas absurde de donner parallèlement un peu plus de souplesse aux systèmes d'épargne-retraite existants. Sans attendre la réforme, il est temps d'investir en actions. C'est le réflexe des épargnants les plus avisés dans un contexte où l'immobilier est encore au plus haut et alors que les placements monétaires protègent à peine contre une inflation résurgente. Même si le contexte législatif et fiscal a grand besoin d'améliorations, il faut dès aujourd'hui renforcer ses actifs boursiers, le placement le plus rentable sur le long terme.
PAR MARIE-CHRISTINE SONKIN