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Monsieur Valance, Je vous remercie de l'attention que vous portez à Renault et souhaite apporter des éléments de réponse aux nombreuses questions que vous m'avez posées dans
Le Journal desFinances du 26 avril dernier. 1) Vous vous y inquiétiez du succès de Logan pour l'image de marque de Renault et suggériez de créer une marque propre au haut de gamme. Je ne partage pas cette analyse. Tout d'abord, l'objectif de notre plan est de positionner Renault comme un constructeur généraliste présent sur le plus grand nombre de segments et de marchés possible. C'est ce que nous sommes en train de réaliser. Cette stratégie tient compte de l'évolution du marché mondial. Sur les cinq dernières années, les marchés matures (Europe, Etats-Unis, Japon) ont reculé alors que les marchés émergents ont explosé. Les véhicules conçus pour ces marchés-là vont représenter une part de plus en plus importante de nos ventes. Mais notre stratégie ne se limite pas à Logan. En 2008 et 2009, la plupart des voitures que nous lancerons seront des Renault. Enfin, la réussite dans le haut de gamme est d'abord une affaire de produit, et non de marque. A nous de montrer que Renault peut faire des véhicules haut de gamme attractifs, compétitifs et fiables. La qualité reconnue de la nouvelle Laguna montre que nous sommes bien partis. 2) Vous vous interrogiez sur le bilan financier de Logan et sur les conséquences de la grève chez Dacia.
« Low cost » ne signifie pas
« low profit ». Nous nous étions fixé un objectif de 6 % de marge opérationnelle sur ce programme à l'horizon 2009. Dès à présent, la profitabilité des ventes de Logan et Logan MCV en Europe est supérieure à 6 %. En ce qui concerne la grève en Roumanie, il est naturel que les employés de Dacia réclament leur part du succès. Ce qui n'est pas normal, c'est que l'échec des négociations ait conduit à un conflit relativement long. Nous sommes en train d'en tirer les leçons pour éviter que de tels événements ne se reproduisent. 3) Vous me demandiez pourquoi Renault n'est pas présent en Chine et étiez inquiet du cours de l'action. Nous sommes conscients que la Chine sera, à terme, le plus grand marché automobile du monde. Il est crucial d'y réussir son entrée en y consacrant les ressources suffisantes. Or, aujourd'hui, ces ressources sont affectées à d'autres projets : en Inde, au Maroc, en Russie... Le jour où Renault décidera d'aller en Chine, nous profiterons des infrastructures de Nissan, et cela ira très vite. Quant au cours de l'action, les marchés financiers n'ont pas de doute sur le potentiel de l'entreprise et la stratégie. Simplement, ils attendent plus de résultats concrets sur le court terme. 4) Vous estimiez que les annonces répétées de nouveaux projets pouvaient être interprétées comme un moyen de fuir les engagements du plan Contrat 2009. Nous sommes bien équipés pour tenir nos objectifs, même si l'environnement économique et financier rend la tâche plus difficile. Par ailleurs, l'ambition du plan n'est pas de réaliser un pic de performance en 2009, mais de positionner durablement Renault sur le chemin d'une croissance forte et rentable. Voilà pourquoi nous avons fait le plein de projets. Il n'y aura plus de nouvelles annonces. Nous allons d'abord réaliser tout ce que nous avons lancé et apporter les résultats attendus. 5) Enfin, vous vous interrogiez sur l'intérêt d'une présidence conjointe de Renault et de Nissan. Pour une meilleure efficacité de l'« alliance », il valait mieux un seul patron. Pour autant, cette configuration pourrait changer en fonction des besoins et du développement de l'alliance. Vous dire cela, ce n'est pas une révélation, je l'ai toujours dit. La gouvernance de l'alliance doit être en permanence en adéquation avec les besoins de Renault et de Nissan. C'est ce qui nous a toujours guidés. Et c'est mon engagement personnel. J'espère que ces explications répondront à vos interrogations.