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Les marchés dérivés

03/05/2008 00:00 - JDF

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LevEes de fonds

Depuis le mois de janvier, les grandes banques internationales multiplient les augmentations de capital, les unes plus importantes que les autres. Je suis moi-même actionnaire de banques françaises (Société Générale, Natixis, BNP Paribas...). Quelles sont les conséquences de ces opérations pour les minoritaires comme moi ? Face aux pertes importantes enregistrées par certaines banques à la suite de la crise des crédits immobiliers américains à risque, dits subprimes, des augmentations de capital de plusieurs milliards d'euros ont été lancées ces dernières semaines par un certain nombre d'établissements. La principale conséquence de ces levées de fonds massives est le risque de dilution. En augmentant sensiblement le nombre d'actions en circulation, ces émetteurs font courir le risque à leurs actionnaires d'être dilués. Le bénéfice net par action et le montant du dividende par action sont mécaniquement ajustés à la baisse du fait de la création de ces actions nouvelles. Pour éviter une dilution importante, l'actionnaire bénéficie d'un droit préférentiel de souscription, un DPS, qui l'autorise à souscrire aux actions nouvelles s'il le souhaite. En cas de refus de participer à cette levée de fonds, l'actionnaire peut revendre ces DPS sur le marché et bénéficier ainsi d'une indemnité compensatrice. Tant qu'il y a augmentation de capital avec maintien du DPS, la dilution reste faible. En revanche, et ce fut le cas pour certaines banques américaines, des levées de fonds ont été réalisées à l'intention de nouveaux actionnaires (dont les fonds souverains). Les actionnaires anciens n'ont pas été sollicités. Ils ont donc été massivement dilués. Nous vous invitons ainsi à veiller à ce que le DPS soit maintenu et à voter contre les résolutions proposant la suppression de ce droit lors des assemblées générales.

Flottant et capitalisation boursiEre

Pouvez-vous m'expliquer la différence entre le flottant et la capitalisation boursière ? Quel nombre d'actions faut-il retenir pour calculer ces ratios ? Le flottant correspond à la part du capital répartie dans les mains du public. On oppose la part flottante du capital à celle qui n'a pas vocation à changer de mains, à savoir les actions détenues par des actionnaires long terme : les fondateurs, les familles, des fonds d'investissement... Une entreprise dont 30 % du capital n'est pas détenu par des investisseurs de long terme dispose d'un flottant de 30 %. L'erreur la plus souvent commise par les investisseurs novices est de calculer la capitalisation boursière de l'entreprise en ne tenant compte que du flottant. Même si les actions accessibles au public ne représentent que 30 % du capital, la capitalisation boursière d'une entreprise correspond au nombre total d'actions composant le capital, multiplié par le dernier cours de Bourse. Il faut prendre 100 % du capital pour calculer la capitalisation. Cette valeur de l'entreprise, donnée par la Bourse à un instant t, varie en permanence au gré des fluctuations de cours.

Contrats D'Assurance-vie et certificats

Est-il vrai que les certificats sont éligibles aux contrats d'assurance-vie ? Les certificats sont des produits de Bourse proposés par des banques émettrices. La palette des possibilités offertes par ces produits dérivés est importante. Il existe des certificats permettant de bénéficier d'un effet de levier très important (les turbos) ; d'autres qui répliquent deux à trois fois les variations du sous-jacent, des certificats qui suivent pas à pas les fluctuations de cours des matières premières ou de paniers d'actions... L'éventail des possibilités est extrêmement large. Les certificats ne bénéficient pas du statut de valeur mobilière de placement et ne peuvent donc, à ce titre, être éligibles au PEA. En revanche, certains certificats, notamment ceux qui répliquent les variations de leurs sous-jacents (les 100 %...) peuvent effectivement être intégrés dans un contrat d'assurance-vie. Nous vous recommandons, par sécurité, de vous renseigner au préalable auprès de l'émetteur du certificat. Des numéros d'appel gratuits sont mis à la disposition des investisseurs.

ALTERNEXT

Peut-on bénéficier d'une réduction d'impôt en achetant des valeurs cotées sur Alternext ? L'opération est-elle considérée comme une souscription au capital des PME ? Selon l'article 199 terdecies-o A du CGI, une réduction d'impôt de 25 % des sommes apportées à la souscription d'une augmentation de capital d'une PME non cotée ou inscrite sur un marché non réglementé (c'est le cas d'Alternext) est accordée si la société est détenue majoritairement par des personnes physiques. Pour bénéficier de cette réduction, les titres doivent être conservés cinq ans et ne pas être détenus au sein d'un PEA. Le souscripteur doit être une personne physique domiciliée en France. Il doit joindre à sa déclaration de revenus l'état individuel remis par la société au capital de laquelle il a souscrit attestant la réalité de l'opération. Pour l'obtenir, l'actionnaire doit transmettre à la société cotée une attestation écrite de son intermédiaire financier qui garantit la souscription à l'augmentation de capital de la société. Nous vous conseillons de vous renseigner au préalable auprès de votre intermédiaire financier pour vous assurer que l'augmentation de capital à laquelle vous envisagez de souscrire entre bien dans ce cadre fiscal.
J. MOILOT (32) M. ASSOULINE (75) P. FAVERTI (58) B. LAGERTOIS (26)