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Parier sur les défis prometteurs d'Exel Industries

03/05/2008 00:00 - JDF

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Plus de peur que de mal pour Exel Industries : à l'annonce de ses résultats semestriels, le fabricant de pulvérisateurs a dévissé en Bourse jusqu'à 10 % en séance pendant la journée du 29 avril, avant de clôturer finalement sur un repli limité à 5,7 %. Il est vrai que la baisse de 18,4 % du résultat net à fin février (5,7 millions d'euros) est a priori décevante au regard de la progression de 47,8 % enregistrée par l'activité, dont 16,3 % à données constantes (198,1 millions d'euros) ! Mais cette contre-performance ne préjuge en rien des perspectives pour l'ensemble de l'exercice en cours. « Le second semestre devrait être sensiblement meilleur », rassure Patrick Ballu, président du groupe. Le résultat net pourrait être, au final, stable par rapport à l'an passé. Car l'équipementier est dans une phase de transition. Il fait face à des difficultés ponctuelles. Les solutions actuellement déployées pour les résoudre devraient permettre d'améliorer les performances à moyen terme dans ses deux activités, l'agriculture et l'industrie. Le groupe doit d'abord intégrer la société Hardi, acquise à la fin de l'année dernière. Si cette dernière doit lui permettre de doubler de taille dans la protection des végétaux grâce à ses 135 millions d'euros de revenus annuels, cette affaire danoise est pour le moment tout juste à l'équilibre et affiche un lourd endettement, coûteux en frais financiers. Le redressement complet de Hardi devrait demander au moins trois ans, mais l'opération s'annonce d'ores et déjà prometteuse. Exel Industries devrait renforcer sa place de leader mondial dans la protection des végétaux grâce à l'accès à de nouveaux territoires comme l'Australie et les Etats-Unis, et à l'élargissement de son offre de produits. De quoi profiter du boom de ce marché, à l'heure où l'envolée des prix des céréales incite les agriculteurs à investir dans la modernisation de leurs matériels pour accroître leurs rendements. Exel Industries annonce un carnet de commandes complètement plein jusqu'à l'automne 2008 ! Au-delà de l'intégration de Hardi, les résultats de l'équipementier français sont aussi ternis par les difficultés du pôle de pulvérisation industrielle, tombé pratiquement à l'équilibre sur le premier semestre. Outre des coûts ponctuels sur des contrats, cette activité est pénalisée par le ralentissement économique et par la faiblesse du dollar. Numéro trois mondial sur ce marché, Exel Industries redouble actuellement d'efforts pour optimiser ses coûts et résister à la concurrence accrue de ses deux rivaux, les américains Graco et ITW. Après la Roumanie l'an passé, le groupe vient d'ouvrir un atelier en Inde. Il compte également s'implanter en Russie, acquérir un site aux Etats-Unis, et ambitionne de réaliser une prochaine acquisition en zone dollar. Il peut compter à cet effet sur un bilan sain : à fin février, l'endettement net se limitait à 40 % des fonds propres.
CHRISTELLE DONGER