Chat échaudé craint l'eau froide !
En Bourse, personne n'est assez naïf pour croire que la remontée des cours à laquelle nous assistons depuis quelques semaines constitue le signal d'une remontée durable des actions. Après la violente correction que nous avons connue au cours de ces derniers mois, tout le monde préfère parler pudiquement de rebond technique. Cette expression, qui est aujourd'hui sur toutes les lèvres, signifie que nous sommes en train de rattraper les excès de baisse commis depuis le début de l'année, mais que la baisse n'est probablement pas terminée. Nous avons déjà eu l'occasion de le dire, l'analyse technique n'est que la traduction graphique du comportement des opérateurs. Toute chute des cours trop violente est suivie d'un rebond technique, mais comme les problèmes de fond ne sont pas réglés, la tendance repart le plus souvent à la baisse. Ces réactions de pur bon sens sont notamment illustrées par la fameuse théorie des vagues d'Elliott. La méfiance dont font actuellement preuve les investisseurs est en réalité de bon augure. En étant persuadé que la Bourse n'est pas mûre pour repartir durablement à la hausse, le marché s'interdit de renouer avec les excès d'optimisme dont il est, hélas ! trop souvent coutumier. Lorsqu'il entretient l'idée que la gravité de la crise que nous traversons ne laisse aucune place à l'épanouissement d'un mouvement de hausse durable, le marché est peut-être en train de créer lui-même les conditions d'un rebond qui pourrait se révéler plus solide qu'il n'y paraît. C'est en effet lorsque les opérateurs sont totalement « noirs », que surgissent les retournements les plus spectaculaires. Une sortie par le haut de la crise actuelle serait en tout cas la plus grande surprise de l'année 2008.
CHARLES OURDEF, PSYCHOLOGUE
