Les marchés dérivés
RACHAT D'ACTIONS
Je ne comprends pas très bien l'intérêt de certaines entreprises à racheter leurs propres actions. Est-ce ce qu'on appelle l'autocontrôle ? Une entreprise peut racheter en Bourse jusqu'à 10 % de son capital, à condition que cette possibilité ait été validée par les actionnaires. Les actions retirées du marché par la société sont ensuite identifiées sous l'appellation Autocontrôle dans les comptes de la société. L'intérêt pour les actionnaires est évident : les actions détenues dans les comptes de la société ne donnent pas droit au dividende. A mesure que des titres sont retirés du marché, la somme à partager augmente pour les autres actionnaires. Le dividende est automatiquement gonflé. De plus, la société peut décider d'annuler les actions rachetées. Elle procède alors à une réduction de capital. A l'issue de cette opération, le nombre d'actions en circulation diminue, ce qui augmente d'autant le montant du bénéfice net par action, le BNPA. C'est une pratique très courante dans les grands groupes du CAC 40, car la taille de leur flottant leur permet de réduire le nombre d'actions en circulation. Peu de valeurs ayant un flottant étroit lancent un programme de rachat d'actions. Au final, un rachat d'actions suivi d'une réduction de capital a un effet mécanique positif sur la valorisation. Ces rachats d'actions permettent aussi à la société de pouvoir intervenir sur son cours de Bourse pour réguler le cours de son titre.PEtrole et certificats
J'ai récemment lu que les cours du baril de pétrole pourraient encore s'apprécier. Faut-il privilégier un certificat qui réplique les variations de cours ou acheter les actions des compagnies pétrolières ? Malgré la récente flambée des cours, certains analystes spécialisés dans les matières premières anticipent une poursuite du mouvement de hausse à moyen terme. Chez Goldman Sachs, un analyste a récemment déclaré que le prix du brut pourrait culminer à 175 dollars le baril dans les deux ans, surtout si la croissance redémarrait dans les pays du G7 en 2009 et au-delà. Si un tel scénario se concrétisait, le potentiel de hausse serait supérieur à 50 % sur les cours actuels. Si vous souhaitez tenter votre chance sur ce support, vous pouvez effectivement décider d'investir dans un certificat répliquant les cours du baril de brent. Si vous ne souhaitez pas subir l'effet de change (le pétrole étant coté en dollars), vous opterez pour un certificat dit « quanto ». Les variations de change sont alors annulées. Une autre solution consiste aussi à miser sur les actions des compagnies pétrolières. Avec un baril de pétrole bien installé au-dessus de 100 dollars, ces compagnies peuvent se permettre d'exploiter de nouveaux gisements jusqu'ici peu rentables. Le choix des valeurs doit néanmoins prendre en compte de nombreux critères d'exploitation propres à chaque entreprise. A titre d'information, dans Le Journal des Finances, nous avons récemment réitéré notre recommandation d'achat sur Total.PEA et CSG
J'aimerais bénéficier d'un éclaircissement concernant la fiscalité du plan épargne en actions. Permet-il de bénéficier d'une exonérations des 29 % de taxes au bout de cinq ans, ou seulement d'une exonération de l'impôt sur les plus-values ? Le PEA est une enveloppe fiscale qui permet de réaliser des transactions sur les actions sans se soucier du seuil de cession de 25.000 euros pour 2008. Si vous conservez votre PEA durant au moins cinq années, vous bénéficiez à la sortie d'une exonération de l'impôt sur les plus-values. Cet impôt, dont le montant est fixé à 18 %, pour 2008, n'est pas dû à la sortie du plan. En revanche, vous devrez vous acquitter des cotisations sociales sur le montant de vos plus-values. Ces cotisations représentent une taxe de 11 % pour ceux qui ont ouvert un plan au cours des cinq dernières années. Au final, le PEA vous permet d'échapper à une taxe de 18 % mais pas aux cotisations sociales. Compte tenu de la durée minimale de cinq ans pour bénéficier de ce cadeau fiscal, nous invitons tous les actionnaires à ouvrir un plan, même avec une petite somme, de façon à prendre date et à pouvoir utiliser éventuellement cette enveloppe fiscale ultérieurement.Consensus de marchE
De nombreux sites ou journaux font régulièrement état d'un consensus de marché sur une valeur. Ils évoquent aussi un objectif de cours médian et non moyen. De quoi s'agit-il ? Pouvez-vous éclairer ma lanterne ? Les plus grandes valeurs de la cote sont suivies par un grand nombre d'analystes financiers. Tous ne partagent pas le même avis sur un titre. Prenons le cas de Veolia Environnement. Sur 21 avis d'analystes recueillis par la société FacSet JCF au 18 mars, 10 recommandaient l'achat de la valeur, 4 d'entre eux conseillaient de renforcer la position, 5 préféraient conserver la valeur, 2 conseillaient de vendre. Ces disparités n'ont rien d'étonnant. Si tous les investisseurs étaient positifs ou négatifs sur Veolia Environnement, aucune cotation ne serait possible. La Bourse est faite d'avis contraires. Pour qu'il y ait échange de titres, il faut qu'un acheteur trouve une contrepartie vendeuse. Fortes de ce constat, des sociétés de services financiers rassemblent ces différents avis pour tenter de déterminer une tendance, une forme de majorité. C'est le fameux consensus. Dans le cas de Veolia, le consensus ressort à renforcer pour un objectif de cours de 60 euros. Il ne s'agit pas d'un objectif ferme, mais d'un objectif représentatif des différents avis récoltés auprès des vingt et un bureaux d'étude. C'est un cours que Veolia Environnement pourrait atteindre à moyen terme si le consensus l'emportait. Le consensus et le cours médian expriment un sentiment de marché, mais ne doivent pas être pris au pied de la lettre.G. GASQUET (52) K. BENAÏM (92) M. MALESANI (45) J. LENOIR (11)
