Les modèles sophistiqués reposent souvent sur des recettes de pur bon sens
L'analyse technique revient en force sur le devant de la scène. Rien de plus normal en période d'instabilité que de chercher à mieux cerner l'évolution des marchés. L'étude des graphiques est d'un précieux secours, mais elle a aussi ses limites. Il faut en effet savoir que derrière un habillage technique, réservé apparemment aux as de l'algèbre et des logarithmes, se cachent souvent des recettes empiriques de pur bon sens. La trivialité du système n'enlève rien de son intérêt, mais sa compréhension permet d'éviter de grossières erreurs d'interprétation qui, au lieu de vous aider, peuvent conduire à une aggravation des pertes. Exemple, ce que tout le monde appelle un support, c'est la croyance que les cours ne descendront pas au-dessous d'un certain plus bas atteint dans le passé ou sur lequel le titre est venu buter plusieurs fois. Même chose pour les théories de retracement à la baisse de 50 % d'un mouvement de hausse. Elles supposent tout simplement que les investisseurs ont toujours tendance à prendre la moitié de leurs bénéfices par rapport au point de départ de la hausse. Le système des vagues d'Elliott repose, lui, sur la constatation de bon sens qu'un mouvement de hausse ou de baisse ne se fait pas de façon linéaire, mais par vagues successives. Et, en la matière, la deuxième correction est souvent plus violente que la première. En réalité, l'analyse technique n'est pas destinée à prévoir l'avenir, mais à comprendre comment le marché se comporte à l'approche de certains points sensibles. Le but est d'observer l'évolution des cours autour de ces points et d'accompagner le mouvement en s'appuyant sur les repères fournis par cette approche.
CHARLES OURDEF, PSYCHOLOGUE
