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La révolte des retraités

15/03/2008 00:00 - JDF

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L'inflation a progressé de 0,2 % en février, soit une hausse de 2,8 % sur un an glissant. Et que le responsable soit le prix du baril de pétrole ou celui de la volaille importe peu. Cette ascension continuelle des prix pèse de plus en plus sur le budget des retraités. Signe des temps, le troisième âge, autrefois recroquevillé auprès de l'âtre, n'hésite plus à manifester. Quelques milliers de personnes ont affronté, le 6 mars, la rue et les intempéries pour défendre leur pouvoir d'achat. Quarante ans après Mai-68, ce ne sont pas les jeunes mais leurs grands-parents qui battent le pavé. Symbole que la revalorisation des retraites est devenue une question centrale de notre société vieillissante. Les retraites sont indexées sur les prix, mais de quelle année ? La hausse des pensions est indexée sur les prévisions d'inflation, qui se sont, cette année, avérées largement sous-estimées. Avec un relèvement de 1,1 % seulement au 1er janvier, le compte n'y est pas et les retraités se sentent lésés. Le sujet est brûlant et François Fillon en a bien conscience. Le soir même de la manifestation, le Premier ministre déclarait sur TF1 : « Le pouvoir d'achat des retraités est garanti et c'est un engagement que je prends ce soir devant les Français. Il est d'ailleurs garanti par la loi de 2003 qui prévoit que les retraites sont indexées sur les prix. Par ailleurs, dans le cadre d'une nouvelle réforme qui sera discutée au printemps avec les partenaires sociaux, le chef de l'Etat a dit sa volonté de mettre en place un système plus souple qui permettra d'anticiper les augmentations de prix. » Ces déclarations d'intention n'ont, semble-t-il, pas suffi à rassurer. Car si les retraites sont bien indexées sur les prix, encore faut-il que la référence n'ait pas atteint la date de péremption rendant le résultat du calcul absolument indigeste. Cette semaine, les nouvelles étaient un peu plus riantes sur le front des retraites du privé. Les partenaires sociaux, gestionnaires des régimes complémentaires, ont trouvé un accord sur la revalorisation des pensions prévue pour le 1er avril. L'unité de référence des pensions versées, autrement dit la valeur du point, augmentera de 1,46 % au lieu de 1,13 %, comme cela était prévu initialement. Un petit coup de pouce qui ne suffira pas à stopper la baisse de rendement des régimes complémentaires qui indique le montant de la pension annuelle obtenue pour 1 euro cotisé. Si les salariés n'ont pas le choix entre cotiser ou pas, ils disposent toujours de la liberté d'effectuer les placements qui leur permettront de compléter leur pension de retraite. Comment faire face à la baisse de rendement des régimes complémentaires Dans le contexte d'incertitude actuel, l'attentisme est la règle, mais ceux qui feront preuve d'un peu plus d'audace disposent aujourd'hui d'une belle opportunité pour consolider leur patrimoine. A moins de 4.700 points, le CAC 40 présente désormais plus de chances de hausse que de risques de rechute. S'il faut investir avec prudence et discernement, il serait dommage de manquer le rebond qui ne devrait maintenant guère plus tarder. Malgré un environnement hostile et un euro fort, les sociétés du CAC 40 ont réussi à maintenir leurs bénéfices à un niveau record. Le marché est pour l'instant peu sensible aux 95 milliards de profit affichés par les 40 plus grosses entreprises françaises. Pourtant, les mauvaises nouvelles sont déjà en grande partie dans les cours des valeurs, dont certaines sont très injustement massacrées. Il faut en profiter, ne serait-ce que pour bénéficier du rendement offert par quelques sociétés dont la cote est au plus bas, et se constituer dès aujourd'hui un portefeuille d'actions, l'actif le plus rentable sur le long terme.
LA CHRONIQUE DE MARIE-CHRISTINE SONKIN