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Les marchés dérivés

01/03/2008 00:00 - JDF

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Obligations convertibles

Certains contrats d'émission font état de la possibilité de procéder au remboursement anticipé des obligations convertibles dès lors qu'un certain niveau de cours est franchi par l'action. Quelles sont les conséquences d'une telle procédure pour le porteur d'obligations ? Comme tous les emprunts obligataires, les OC bénéficient d'une durée de vie limitée par une date de remboursement. Le remboursement de l'obligation a généralement lieu au bout de cinq ans, six ans ou huit ans, selon les contrats d'émission. Certaines sociétés émettrices ajoutent cependant une clause de remboursement anticipé. De quoi s'agit-il ? De la possibilité de rembourser les obligations émises avant leur date d'échéance. Quand cette situation se présente, le prix de remboursement proposé, généralement au prix d'émission, est peu attrayant et oblige les porteurs d'OC à convertir leurs obligations en actions ou à les vendre sur le marché. On parle de conversion forcée. L'intérêt pour la société est simple. En forçant la conversion des OC, elle s'assure une augmentation de capital, puisque des actions nouvelles seront créées. Elle transforme aussi une dette (le remboursement des obligations) en un apport de capital. L'opération est donc particulièrement intéressante pour la société émettrice. Pour le porteur d'OC, l'activation de cette clause de remboursement l'accule à la conversion ou à la vente. Aussi, pour ne pas être surpris par ce type d'opération, nous vous conseillons de lire les contrats d'émission avant toute souscription. Ils sont disponibles sur le site du Journal officiel, dans la rubrique Bulletin des annonces légales et obligatoires (Balo).

OPA

Je suis actionnaire de la Société Générale. Si une OPA est lancée au cours des prochains mois sur la valeur, puis-je me rétracter pour profiter d'une éventuelle contre-OPA ? L'offre publique d'achat est une proposition faite aux actionnaires. L'initiateur de l'offre propose un prix de rachat à l'ensemble des actionnaires, prix intégrant généralement une prime sur le dernier cours de Bourse. Il ne s'agit pas d'une contrainte. Tout actionnaire est libre d'apporter ou non ses titres à l'offre. Admettons que BNP Paribas lance une OPA au prix de 93 euros sur les actions Société Générale. Vous pouvez apporter vos titres à cette offre jusqu'au dernier jour de l'OPA. L'offre dure au moins trois semaines. Si après votre réponse, un chevalier blanc se manifeste pour lancer une contre-offre, à 100 euros par exemple, vous pourrez là aussi répondre positivement. Dès lors qu'une nouvelle offre est déposée auprès de l'AMF, tous les ordres passés précédemment sont annulés. Les compteurs sont remis à zéro. Vous disposez à nouveau de vos titres et pouvez décider ou non de les apporter au nouvel entrant. Le jeu des surenchères peut ainsi durer quelques semaines, voire quelques mois. On parle de bataille boursière. Chaque fois, vous avez la possibilité de répondre favorablement à la dernière offre.

CFD

Un courtier britannique propose depuis peu de nouveaux produits dérivés, les contracts for difference, ou CFD. Puis-je ouvrir un compte chez eux en toute sécurité ? Les CFD sont des produits d'investissement à effet de levier. Ils permettent de bénéficier d'un effet de levier de 10 fois, 20 fois sur plusieurs centaines d'actions européennes, américaines et asiatiques, mais aussi sur des devises, des matières premières... Les CFD sont une alternative aux warrants et aux turbos. En fait, le principe de fonctionnement est le même que le SRD. Vous vous engagez sur une position en utilisant un levier (limité à 5 sur le SRD) pouvant atteindre 20 fois sur certaines valeurs. Avec 1.000 euros vous pouvez prendre un engagement de 20.000 euros sur une action. Dès que vous avez gagné, vous revendez votre CFD en passant par la plate-forme du courtier. Car, contrairement aux actions, les CFD ne sont pas cotés sur Euronext. C'est l'émetteur, comme pour les warrants, qui assure la cotation de ses produits. En France, le groupe IG Markets a fait son entrée en novembre 2007. Pour accéder à sa gamme de CFD, vous devez ouvrir un compte chez lui. Vous disposez ensuite d'un libre accès à leur plate-forme de transactions. IG Markets est une société cotée à Londres et qui revendique trente-quatre années d'expérience. Ils sont présents dans de nombreux pays. Vous n'avez donc rien à craindre pour vos économies. Seuls vos choix d'investissement peuvent vous faire perdre votre mise... N'oubliez pas que le levier joue dans les deux sens.

Dividendes et banques

Au regard des colossales provisions passées par les banques pour combler les pertes liées aux subprimes, faut-il craindre une baisse du montant des dividendes prévus ? La question se pose en effet pour de nombreux établissements. La Société Générale, qui prévoyait de proposer un dividende équivalent à 2006, de plus de 4 euros, avant l'annonce de sa perte colossale de 7 milliards d'euros, proposera finalement 0,73 euro par action au titre de l'exercice 2007. D'autres établissements pourraient lui emboîter le pas, à mesure que les pertes seront comptabilisées. Une chose est sûre, il ne faut pas acheter les valeurs financières en se fondant sur les dividendes prévisionnels. Si vous achetez ces valeurs, c'est pour anticiper un rebond des cours après la baisse enregistrée ces derniers mois. Pour bénéficier de rendements élevés, garantis, nous vous invitons à vous tourner vers les valeurs moyennes qui ont l'habitude d'être assez généreuses (Manitou, Séchilienne-Sidec, Installux, Thermador Groupe, PSB Industries...) ou vers des poids lourds de la cote qui disposent de suffisamment de visibilité pour assurer un dividende confortable au cours des deux ou trois prochaines années (Total, France Télécom, Vivendi Universal...). Ce type de valeur offre aujourd'hui deux avantages : un rendement net souvent supérieur à 4 % et un potentiel de rebond qui permettra de réaliser à moyen terme un gain en capital. Un rendement net élevé joue par ailleurs un « effet parachute » à la baisse. Le titre chute moins vite dès lors que le rendement est élevé.
J. LEMOINE (42) C. LESAGE (53) N. RADIGOIS (15) F.D. RAHION (33)