Restez lucides face à l'envolée du pétrole et de l'euro

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Le réflexe logique est de se tourner vers des compagnies pétrolières comme Total ou des sociétés parapétrolières (Géophysique par exemple). Ces sociétés profitent directement du prix élevé du brut. Concernant les parapétrolières, plus le prix du pétrole est élevé, plus les compagnies investissent dans l'exploration.
Dans le même temps, les acteurs de la filière ont une majorité de leurs recettes en dollars, ce qui limite les avantages du pétrole cher.
En parallèle, il faut se montrer prudent sur les secteurs consommant du pétrole en grande quantité. Notre regard se tourne nécessairement vers le secteur de la chimie. Les plus pénalisés sont ceux qui font de la pétrochimie, comme BASF. Mais la chimie de spécialité n'est pas épargnée, à l'image de Rhodia, surtout touché par le prix du gaz naturel, corrélé à celui du pétrole.
En raison de la faiblesse du billet vert, il faut limiter à court terme le poids des « valeurs dollar » dans le portefeuille. Ces entreprises qui supportent des coûts en euros et dont la majorité des recettes est en dollars sont naturellement pénalisées dans le contexte actuel.
Nous pensons en premier lieu à EADS. L'aéronautique est traditionnellement très affectée par les changes. Cela défavorise nettement Airbus par rapport à son concurrent direct Boeing. Par ricochet, les équipementiers sont aussi touchés. Nous pensons notamment à Zodiac, qui est une des valeurs de la cote parisienne les plus exposées. Du côté de Safran, également, 1 euro à plus de 1,50 dollar est une mauvaise nouvelle.
Parmi les autres actions, Schneider est également affecté par la faiblesse du billet vert. Le spécialiste des équipements de distribution électrique réalise environ un tiers de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis.
L'euro à plus de 1,52 dollar ne doit pas non plus vous conduire à la panique. Les sociétés qui réaliseraient une acquisition outre-Atlantique seront gagnantes sur le long terme.
Ce n'est pas un hasard si Vivendi a choisi, en décembre 2007, d'orchestrer la fusion de deux acteurs américains de jeux vidéo, en acceptant de mettre la main au portefeuille. Le conglomérat a peut-être eu raison trop tôt.
Par ailleurs, il est important de noter que certains poids lourds font de plus en plus d'efforts pour couvrir leurs risques. Air France-KLM réussit à limiter l'impact du pétrole cher au moyen de couvertures efficaces et de surcharges sur le prix des billets. LVMH est aussi réputé pour ses couvertures sur le change, que ce soit sur le billet vert ou sur le yen.
Enfin, pour ceux qui s'intéressent à la gestion alternative, un pétrole cher et un euro fort peuvent être de bonnes nouvelles. En effet, un fonds tel que PRIM 'EssenCiel permet d'être directement exposé à la hausse du brut par le biais de contrats à terme. Depuis le début de l'année, ce fonds enregistre une hausse de plus de 21 %.
Les hedge funds intervenant sur le marché des changes peuvent aussi enregistrer de belles performances. L'important est de bien les choisir.
OLIVIER AUBERGER
