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Quand faut-il couvrir son portefeuille contre la baisse ?

23/02/2008 00:00 - JDF

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« La Bourse ? Elle monte ou elle baisse. » Malgré la logique implacable de ce constat, les investisseurs individuels ont la fâcheuse tendance à ne retenir qu'une première partie de la phrase. Tous les particuliers qui poussent les portes de la Bourse le font parce qu'ils sont convaincus que les cours vont monter. A l'instar d'un joueur de casino, l'investisseur individuel prend un siège autour de la table avec l'intime conviction que la chance va lui sourire et que les cours vont s'apprécier. Il est extrêmement rare de croiser un investisseur individuel qui entre en Bourse avec la conviction que les cours vont chuter. Miser sur la baisse n'est pas naturel. Personne ne prend une position en souhaitant que les cours refluent. Personne, sauf les investisseurs professionnels et les adeptes de la vente à découvert. Car les outils de spéculation à la baisse sont nombreux. Options, warrants, ventes à découvert, certificats bear permettent de réaliser des gains quand la tendance est en berne. Ces professionnels ou particuliers avertis qui savent profiter des phases baissières du marché ont un avantage certain sur les investisseurs individuels. Ils doublent leurs possibilités de gagner, en utilisant les deux tendances du marché : la hausse et la baisse. Dès qu'ils estiment qu'une spirale baissière s'installe, ils vendent à découvert ou achètent des puts (options de vente) pour réaliser des plus-values à mesure que la baisse s'installe. Pendant ce temps, que fait l'investisseur lambda, haussier par définition ? Il attend que la chute atteigne son point bas pour éventuellement racheter à bon prix des actions sur lesquelles il enregistre une moins-value latente importante. Il fait le dos rond durant la chute en s'efforçant de tenir, de ne pas se laisser tenter par un ordre de vente pour sauver ce qui peut encore l'être. Différentes stratégies à mettre en oeuvre Sans entrer dans les techniques de spéculation à la baisse, que certains peuvent écarter pour des raisons morales, il existe un moyen simple de ne plus seulement subir la baisse. Il est possible de protéger son portefeuille contre l'érosion des cours. Cette technique, qui permet de conserver une certaine sérénité en période de krach, s'appelle la couverture de portefeuille. Le principe est vieux comme le monde, c'est celui des vases communicants. Ce qui est perdu d'un côté est récupéré de l'autre, l'addition des pertes et des gains permettant de conserver un certain équilibre. Le yin et le yang de la finance. Dans les faits, bâtir une stratégie de couverture revient à faire l'acquisition d'une option de vente dans son portefeuille d'actions. Il suffit par exemple d'acheter un put warrant. Les put warrants ont la particularité de s'apprécier quand leur support baisse. Un put sur indice CAC 40 s'apprécie quand l'indice cède du terrain. Et inversement : il perd de la valeur si l'indice rebondit. Un portefeuille essentiellement composé de valeurs présentes au sein de l'indice CAC 40 peut aisément être protégé par un put portant sur cet indice. Ce qui sera perdu sur les actions sera en partie regagné par le put. L'intérêt est double : préserver la valeur de son portefeuille en période de crise, et surtout éviter de devoir vendre de grosses lignes d'actions, opération qui peut entraîner des frais de transaction élevés ou déclencher une imposition sur les plus-values. Il n'existe pas d'assurance à 100 % Comme pour un contrat d'assurance automobile, l'assurance tous risques coûte plus cher qu'une assurance au tiers. Faut-il couvrir son portefeuille à 100 % contre le risque de baisse ? Non : le coût serait trop élevé. Car plus on souhaite un taux de protection élevé, plus il faut acheter de puts. Une bonne couverture coûte 10 à 15 % du montant d'un portefeuille. Ce n'est pas donné. Mais elle peut s'avérer salvatrice dans une conjoncture boursière des plus volatiles. A chacun ensuite de déterminer s'il souhaite être couvert à 100 %, auquel cas il allouera un budget couverture élevé à son portefeuille (ce que nous déconseillons fortement), ou s'il se contente d'une couverture à 50 ou 60 %, laquelle permettra de limiter le montant des pertes totales. L'investissement en Bourse induit l'acceptation de la notion de risque. Vouloir se couvrir à 100 % équivaut à renoncer à la Bourse. Mieux vaut alors opter pour des fonds garantis. Faut-il couvrir son portefeuille toute l'année ? Certes non. « Soyez avide quand les autres sont craintifs et méfiant quand les autres sont euphoriques », rappelle Warren Buffett. C'est donc en phase d'euphorie qu'il faut songer à se couvrir.
YANNICK ROUDAUT