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Un dauphin un peu trop idéal

15/12/2007 00:00 - JDF

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Parfait. A écouter les grands dirigeants, un directeur financier ne doit avoir aucun défaut. « Il faut de la fiabilité, de l'agilité, de la résistance physique, du courage, de l'urbanité et de l'imagination », estime Bruno Laffont, président de Lafarge, qui a remis le prix du directeur financier de l'année. « Un bon directeur financier doit aimer l'activité de la société, aimer les gens et s'occuper des clients », pense pour sa part Paul Hermelin, directeur général de Capgemini.

Cette exigence de perfection est satisfaite à bien des égards par Nicolas Dufourcq. Après d'excellentes études (HEC, l'ENA), il a su mettre à profit ses expériences professionnelles pour réussir. Ses nombreuses années chez France Télécom et ses deux ans à la tête de Wanadoo lui ont permis d'étendre ses domaines de compétences. Arrivé en 2003 chez Capgemini, il en est le directeur financier depuis 2004. Sous sa férule, les coûts de structure ont été très nettement réduits et la rentabilité s'est nettement redressée. Le groupe a également amélioré sa génération de trésorerie. Nicolas Dufourcq s'est aussi bien adapté à l'entreprise, et son goût pour les nouvelles technologies est apprécié. « Je le vois se passionner pour la science informatique depuis qu'il est chez Capgemini et c'est très bien ainsi », estime Paul Hermelin.

Un humanisme apprécié

De leur côté, les analystes financiers louent sa clarté et sa transparence sur les chiffres. Le directeur financier de Capgemini apprécie les discussions avec les analystes, qu'il trouve stimulantes. Il a également de la considération pour ce métier et estime que les analystes constituent une communauté intellectuelle. Nicolas Dufourcq n'a aucune réticence à courir ces fameux « road shows » où l'on est assailli de questions sur les données financières et la stratégie.

Perfection, ordinateur, chiffres... si notre portrait se résumait à ces mots, il satisferait sans doute certains dirigeants, mais ne pourrait décrire la vie d'un homme. Loin d'être seulement quequ'un d'intelligent, Nicolas Dufourcq est un intellectuel. Il a rédigé des notes pour la Fondation Saint-Simon et un livre intitulé L'Argent du coeur, tiré de son expérience au sein de Médecins du monde.

« C'est un humaniste dans le bon sens du terme », estime Eric Albert, un consultant en stratégie managériale qui lui est proche. « Ce sont ses qualités d'homme qui lui permettent d'être un dirigeant performant. La qualité des échanges au sein de son équipe est primordiale pour lui », ajoute Eric Albert.

Ce n'est finalement pas un hasard s'il travaille pour Capgemini. Rarement une société aura autant communiqué sur son capital humain, son unique richesse. Ce travail sur l'image, la cohésion des collaborateurs et la performance des équipes séduisent d'ailleurs au-delà des frontières puisque le groupe est bien implanté dans le monde et notamment en Inde.

Cette diversité plaît à Nicolas Dufourcq. Il défend d'ailleurs cette cause à l'échelle hexagonale au sein du club xxie siècle. Une association qui compte dans ses rangs 80 % de Français d'origine étrangère et milite pour la diversité au sein des élites françaises. Au programme, des rencontres avec des grands dirigeants comme Gérard Mestrallet de Suez ou Henri Proglio de Veolia Environnement. Mais aussi des actions sur le terrain, comme Financités, pour aider les entrepreneurs des quartiers à réussir.

Entre mystère et sentiments

Finalement, toutes ces caractéristiques sont celles de l'homme moderne. Son goût pour la modernité se traduit d'ailleurs au travers de l'art contemporain et du design. « Nicolas connaît les bons endroits pour le design. Il a bon goût et dispose d'une vraie sensibilité créative », estime Olivier Saguez. Le président de Saguez & Partners a travaillé pendant plusieurs années sur la marque Wanadoo.

Cependant, à l'image de certains artistes discrets et mystérieux, Nicolas Dufourcq garde une certaine réserve. Il se dévoile assez peu. Il est à l'opposé de Paul Hermelin, qui se met plus en avant. Les deux dirigeants ont su faire de leur complémentarité un atout, et forment un duo. « Tout le talent de Nicolas s'exprime avec Paul Hermelin car ce dernier le laisse participer directement à la stratégie de l'entreprise. Toute l'intelligence de Nicolas, c'est de ne pas prendre la place de Paul Hermelin et de ne pas se lancer dans un jeu d'agenda caché », estime Eric Albert.

Nicolas Dufourcq n'est pas Iznogoud, ce personnage de bande dessinée qui cherche à devenir calife à la place du calife à tout prix. Il pense d'ailleurs souvent à sa famille, comme il l'a évoqué au moment de la remise des récompenses.

OLIVIER AUBERGER