Archives Journal des Finances

Misez en Bourse sur les changements de contrôle des sociétés familiales

15/12/2007 00:00 - JDF

  Texte plus grand Texte plus petit Séparateur

-

 

L'entrée dans l'ère du papy-boom des chefs d'entreprise devrait se traduire par une accélération des ventes de sociétés et par conséquent par une multiplication des offres publiques en Bourse. Nous avons sélectionné dix affaires susceptibles d'être mises en vente par leurs dirigeants dans les prochaines années. Certaines d'entre elles pourraient voir leur contrôle changer de mains à un prix nettement supérieur à leur cours actuel.

● En France, on estime qu'une société sur cinq sera à reprendre dans les dix ans à venir. En cause, l'âge avancé des chefs d'entreprise, dont près d'un tiers ont aujourd'hui plus de 50 ans. Car c'est en effet toute la génération de patrons nés après-guerre qui arrive à l'âge de la retraire.

Et pour certains d'entre eux, leur succession à la tête de la société, dont ils avaient hérité ou qu'ils avaient eux-mêmes créée, pourrait se traduire par la vente pure et simple de leur participation au capital, Les raisons invoquées peuvent être multiples, de l'absence de relève à l'existence de conflits au sein de leur famille, en passant par une trop forte pression fiscale ou tout simplement par l'intérêt de réaliser une coquette opération financière.

Pour les actionnaires minoritaires, le papy-boom des patrons est un phénomène qui peut également rapporter gros en Bourse. Dernier exemple en date : la cession par ses dirigeants de la société Ideal Medical Products au fonds d'investissement américain HealthpointCapital Partners. Cette opération a donné lieu à une offre publique sur le solde des titres à un prix représentant une prime de 32 % par rapport au dernier cours coté avant l'annonce du départ d'Olivier et de Christian Carli.

Pas question, toutefois, d'investir dans une société les yeux fermés avec pour seule perspective son changement de contrôle, car toutes les opérations ne donnent pas lieu à de belles plus-values.

Attention aux méfaits des spéculations précoces

C'est le cas lorsqu'elles sont anticipées par le marché. On se souvient ainsi du rachat d'Unilog, qui avait suscité bon nombre de rumeurs spéculatives bien avant son annonce officielle. Résultat, la prime offerte à l'occasion de l'offre publique lancée par le britannique Logica à la suite de la cession des titres du patron Gérard Philippot s'était limitée à 6,6 %.

Certains dossiers spéculatifs pourraient bien à leur tour créer de fausses joies. Citons l'exemple d'Alès Groupe, dont le marché parie depuis longtemps sur le désengagement de son président-fondateur, Patrick Alès, et de sa famille. Il est fort à parier que le cours du fabricant de soins capillaires intègre déjà une prime de changement de contrôle, en sachant que celle-ci devra tenir compte du redressement encore fragile de la société.

Le sort de Nergeco, qui est entre les mains de son patron Bernard Kraeutler (65 ans), est tout aussi incertain. Dans l'attente d'un éventuel rebond attendu l'année prochaine avec le lancement de nouvelles gammes de portes souples industrielles, la société cote à ses plus bas niveaux historiques, sans pour autant être sous-évaluée.

A l'inverse, d'autres affaires pourraient se vendre à un prix plus élevé que leur cours actuel, et ce même si leurs perspectives de croissance sont déjà bien capitalisées en Bourse, tel Ipsos (lire ci-dessous). De son côté, le cours du fabricant de lasers Quantel se retrouve pénalisé par la faiblesse du dollar et des lourds investissements en matière d'acquisitions et de lancements de produits. Mais son patron, Alain de Salaberry (58 ans), devrait attendre que les efforts consentis pour accélérer la croissance se traduisent dans les cours de Bourse afin de céder sa participation dans les meilleures conditions.

Enfin, les services informatiques regorgent de dirigeants baby-boomers potentiellement prêts à profiter de la consolidation du secteur pour vendre au mieux offrant. A l'instar d'Ausy, présidé par Jean-Marie Magnet, Sopra Group fait partie de la liste des sociétés cessibles, surtout depuis que son fondateur, Pierre Pasquier, a réglé sa succession en appelant au printemps dernier à la direction opérationnelle Dominique Illien, l'ancien numéro deux d'Atos Origin.

CHRISTELLE DONGER