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OPCVM : Comment peut-on s'intéresser aux matières premières agricoles ?

08/12/2007 00:00 - JDF

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Sébastien Lagarde, gérant de portefeuilles chez Axa Investment Managers Paris : « Si l'inflation revient, elle passera par les matières premières »

Investir sur les contrats de futures pour les particuliers n'est pas aisé. La valeur d'un certificat peut baisser malgré la hausse du sous-jacent au comptant lorsque, comme actuellement, les prix à terme sont supérieurs à celui du comptant. C'est la raison pour laquelle notre fonds Axa WF Hybrid Resources investit en actions et sur les marchés à terme : selon les configurations de marché, qui peuvent évoluer très vite, nous pouvons faire des arbitrages. Du côté actions, il existe peu de vecteurs purs. Quelques introductions en Bourse ont été réalisées en Ukraine et en Russie. Il s'agit de sociétés qui veulent lever des capitaux pour acheter des terres agricoles et devenir ultérieurement des producteurs de céréales. Cependant, nous préférons investir, en amont, dans les sociétés qui produisent des engrais, comme le norvégien Yara ou le producteur allemand de potasse Kali & Salz (K+S). Sur la partie actions, nous pouvons aussi investir sur le secteur des machines agricoles ou encore sur un segment très spécifique comme l'huile de palme. La société belge Sipef, possède ainsi plusieurs milliers d'hectares en Indonésie essentiellement pour produire de l'huile de palme et un peu de caoutchouc. Depuis le lancement du fonds, nous avons toujours surpondéré les céréales dans la poche matières premières car, contrairement au pétrole, leurs prix sont peu impactés par les risques politiques. Certes, le cours des céréales comporte une prime pour le risque climatique, mais elle est bien moins forte que celle du pétrole alors que nous sommes dans la même histoire de rupture de l'équilibre entre l'offre et la demande.

Quelle est la part des matières premières agricoles dans votre fonds ?

L'indice de référence de notre fonds est moitié actions, moitié matières premières. Cette dernière est scindée en trois parts. Notre indice de référence est le GSI Light Energy, il est exposé pour un tiers au secteur de l'énergie, un tiers à celui des métaux et un tiers à l'agriculture. Les terres arables représentent une quantité définie, mais, d'une année sur l'autre, les cultivateurs orientent leur production en fonction des prix. Ainsi, le prix du blé ayant fortement progressé en 2007, ils devraient augmenter la part de cette céréale dans leur ensemencement, au détriment d'autres productions. Une baisse des prix du blé pourrait donc survenir en 2008. Nous essayons de tirer parti de nos anticipations sur les évolutions de prix en agissant sur les indices de céréales et en achetant des actions lorsque nous trouvons des sociétés spécialisées.

Jusqu'où allez-vous dans l'investissement en amont et en aval du thème des matières premières agricoles ?

L'environnement boursier n'est pas porteur actuellement. Toutefois, nous investissons en actions sur le thème de l'irrigation. En revanche, les cours des sociétés de traitement des eaux sont tirés à la hausse par un afflux important de capitaux. C'est pourquoi je n'investis pas actuellement dans ce secteur. Je préfère une entreprise comme Sipef, dans la production d'huile de palme, dont le cours cote dix fois le bénéfice 2008, ce qui est très raisonnable. En outre, cette société présente une forte visibilité car il faut de cinq à sept ans pour disposer d'un hectare pouvant produire 9 tonnes d'huile de palme. Or la demande est à peine satisfaite pour le marché alimentaire, tandis que la demande résiduelle pour la chaîne des biocarburants n'est pas satisfaite. D'autres sociétés, comme Carraro en Italie ou Exel Industries, permettent également de jouer la thématique agricole.

Votre fonds est-il résistant face au risque de hausse de l'inflation ?

Nous avons une forte conviction en faveur des actions que nous achetons. S'il devait y avoir une résurgence de l'inflation, elle passerait par les matières premières. Donc, à terme, la croissance économique baissera peut-être, mais la hausse du prix des matières premières donne à ce fonds une dimension de protection contre l'inflation. Les souscripteurs en seront les premiers bénéficiaires.

Les investisseurs doivent-ils couvrir le risque de baisse du dollar ?

Notre fonds n'est pas couvert contre le risque de change afin de lui conserver sa pureté. En outre, la hausse de l'euro depuis le début de l'année n'a pas effacé la totalité de la hausse du prix du pétrole exprimé en dollars. Investir dans les matières premières agricoles conduit à investir presque à 100 % en dollars si bien que, pour un investisseur européen, le mieux est de mettre en place une couverture de change afin de neutraliser ce risque. La tendance du dollar reste baissière, mais elle approche de sa fin, et il faudra en tenir compte. Pour de nombreux spécialistes du change, la monnaie américaine se trouve à son niveau plancher, mais, souvent, dans un tel contexte, des exagérations peuvent survenir.

PROPOS RECUEILLIS PAR JOËL ANTOINE