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Retraites versus pouvoir d'achat

24/11/2007 00:00 - JDF

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Les prévisions du Conseil d'orientation des retraites (COR) ne sont pas brillantes. Alors que la pilule de la réforme des régimes spéciaux reste en travers de la gorge des populations concernées, cette instance, dont la mission essentielle est d'assurer le suivi et l'expertise permanents de notre système d'assurance-vieillesse, vient nous rappeler l'insuffisance de nos efforts actuels pour maintenir l'équilibre de notre régime de retraite par répartition.

Au-delà du passage à 41 ans de cotisations, il faudra chercher de nouvelles ressources. Les conclusions du dernier rapport du COR, remis jeudi 22 novembre au Premier ministre, sont sans équivoque : « La dégradation des comptes à court terme, notamment ceux du régime général, et la révision à la hausse des besoins de financement du système de retraite par rapport aux projections de 2005 du Conseil posent avec plus d'acuité encore la question de l'équilibre financier des régimes de retraite. »

Dès lors, le Conseil suggère « une mise à plat des différentes mesures d'exonération de cotisations sociales ».

Le déblocage anticipé de l'épargne salariale est une fausse bonne idée

Une recommandation qui ne fera pas l'affaire du président de la République, confronté au défi de relancer le pouvoir d'achat. « Recherche recettes, désespérément », clament en choeur le COR et le gouvernement. Pour redonner aux Français les moyens de boucler leurs fins de mois, il faut avoir des idées. Quelques-unes sont déjà en voie d'exécution comme celles concernant les prix de la grande distribution ou encore les tarifs bancaires. D'autres sont plutôt en phase de test.

Parmi les ballons d'essai : le déblocage anticipé de la participation. Une formule déjà expérimentée par Nicolas Sarkozy et qui a fait ses preuves pour relancer la consommation. Mais aujourd'hui, la recette est un peu usée. Piocher dans ses économies pour améliorer son ordinaire n'est pas forcément très satisfaisant pour les salariés qui tentent de se constituer un patrimoine. Par ailleurs, cette idée a soulevé l'ire des professionnels.

La participation est essentielle pour l'épargne-retraite

L'Association française de la gestion financière (AFG) a vivement réagi. « La participation est la source principale d'alimentation du Perco (plan d'épargne pour la retraite collectif). Une mesure éventuelle de déblocage de la participation serait donc contradictoire avec la nécessité de développer l'épargne- retraite supplémentaire créée par la loi Fillon du 21 août 2003 », martèle l'association. « Débloquer la participation inciterait à céder 50 milliards d'euros d'actions sur le marché ! Contrairement à une idée reçue, relayée récemment par certains organes de presse, ce n'est pas en débloquant les encours existants ou en mettant fin au principe de leur gestion à cinq ans que les outils de la participation mis en place par le général de Gaulle pourront contribuer efficacement à augmenter le pouvoir d'achat, mais en les diffusant au plus grand nombre d'entreprises et de salariés. »

L'AFG considère en outre que ce déblocage aurait « des effets graves pour l'épargne populaire, l'accès au logement, les fonds propres des entreprises et le dialogue social ». Le Perco est effectivement l'un des rares produits assortis d'un régime fiscal allégé, permettant d'investir en actions et donc de se constituer une retraite complémentaire significative pour peu qu'on le laisse prospérer sur le long terme.

Autre idée évoquée : un treizième mois sans charges... Charges qui contribuent à financer les retraites, et, justement, le COR préconise de soumettre à cotisations toutes les niches qui y échappaient jusqu'à présent.

Pour ne pas sacrifier au pouvoir d'achat d'aujourd'hui ce qui sera nécessaire demain, le gouvernement devra faire preuve de plus de créativité.

LA CHRONIQUE DE MARIE-CHRISTINE SONKIN