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Financer l'exception culturelle française

24/11/2007 00:00 - JDF

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Quel est le point commun entre Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain ; Harry, un ami qui vous veut du bien ; Astérix aux Jeux olympiques et Le Deuxième Souffle, actuellement à l'écran ? Ces quatre films ont pu voir le jour grâce aux Sofica.

Il s'agit de sociétés destinées à financer les oeuvres cinématographiques et audiovisuelles françaises. Les particuliers qui investissent dans les Sofica bénéficient d'une réduction d'impôt égale à 40 % des sommes versées, retenues dans la double limite de 25 % du revenu net global et de 18.000 euros. Soit une réduction d'impôt maximale de 7.200 euros.

Le taux de l'avantage fiscal est même porté à 48 % lorsque la Sofica réalise au moins 10 % de ses investissements directement dans le capital des sociétés de production avant la fin de l'année suivant celle de la souscription. La réduction d'impôt maximale est ainsi portée à 8.640 euros.

Quatorze Sofica en 2007

Les Sofica sont des produits rares. Cette année, quatorze seulement devraient voir le jour, et l'enveloppe globale de collecte serait limitée à 55 millions d'euros. Leur commercialisation s'effectue en quelques jours, et les Sofica sont la plupart du temps réservées aux clients des banques privées. Toutefois, la donne a sensiblement changé depuis l'an dernier.

Des distributeurs indépendants proposent désormais des Sofica en direct par Internet (1). Mais là encore, le premier arrivé est le premier servi.

Des rendements aléatoires

Les Sofica ont pour vocation d'investir les fonds recueillis auprès des particuliers dans la production de films. Elles financent en moyenne 5 à 6 % du budget total de l'oeuvre. En contrepartie, elles bénéficient d'une quote-part des droits à recettes provenant de l'exploitation en salle, des supports vidéo, de la diffusion à la télévision et de la vente à l'étranger. En 2006, ces sociétés ont financé soixante-dix-huit productions, pour un montant moyen de 420.000 euros par film.

Le retour sur investissement dépendra directement du succès des films sélectionnés. Tous les projets n'ont pas la chance de connaître le même triomphe que Les Choristes ! Dans ces conditions, la rentabilité des Sofica n'est souvent assurée que par l'avantage fiscal. Les sociétés de gestion ne versent en effet aucun dividende en cours de vie, et rares sont celles qui remboursent plus que la mise de départ.

Des produits garantis

Pour palier ce risque de perte, certaines Sofica proposent une garantie en capital, de l'ordre de 85 %. En contrepartie de cette sécurité, il faut garder les titres huit ans, alors que la loi ne prévoit que cinq ans de détention.

Dans cette hypothèse, le placement offre un rendement de l'ordre de 4,20 % par an (5,83 % si la Sofica ouvre droit à une réduction d'impôt au taux de 48 %).

D'autres Sofica n'offrent aucune garantie à terme. Mais, cette fois, leur durée de détention est calquée sur la durée fiscale, à savoir cinq ans. Dans l'hypothèse où la Sofica non garantie restitue à terme 85 % du montant de l'investissement, le taux de rendement interne sera de l'ordre de 6,55 % par an (9,07 % pour une Sofica à 48 %).

(1) www.best-sofica.com, mes-sofica.fr

FRÉDÉRIC DURAND-BAZIN