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La planète finance est en perpétuelle évolution. Elle a, elle aussi, ses espèces en voie de disparition. Le certificat d'investissement en fait partie.

Institués par la loi du 3 janvier 1983, dite « loi Delors », les certificats d'investissement (CI) résultent du démembrement d'une action ordinaire en deux parties : le CI et le certificat de droit de vote (CDV). Le porteur d'un certificat d'investissement dispose, par conséquent, de tous les droits financiers attachés à l'action ordinaire (dividende, droits de souscription, communication du rapport annuel...). En revanche, il ne peut pas participer aux assemblées générales - ou alors en simple spectateur - car sa voix ne compte pas.

Le certificat d'investissement comme le certificat de droit de vote ne bénéficient d'aucun avantage réel, sinon un rendement plus élevé, qui compense la décote existante par rapport au cours de l'action. Ils ont été émis à l'origine par des sociétés publiques (Areva) et des sociétés familiales (Bouygues, Louvre, Robertet, Taittinger) qui ne souhaitaient pas modifier le pourcentage de contrôle de leurs actionnaires, et garder du même coup la main sur le capital. Avec plus ou moins de succès selon les sociétés émettrices...

Aujourd'hui, seuls les actionnaires particuliers d'Areva, dont l'Etat, via divers organismes, possède encore 91 % du capital, ont encore en portefeuille des certificats d'investissement, qui sont par ailleurs éligibles au PEA (lire pages 14, 15 et 16).

Certificats d'investissement et de droit de vote sont mécaniquement amenés à disparaître. Les entreprises disposent, d'une part, de nouveaux outils bien plus perfectionnés pour conserver le contrôle du capital. D'autre part, l'ordonnance sur « la réforme des valeurs mobilières », en vigueur depuis juin 2004, interdit aux sociétés d'émettre des titres sans droit de vote.