Renforcez le caractère défensif des portefeuilles

-
D'un côté l'excellence avec des entreprises qui publient de très bons résultats et révisent leurs prévisions à la hausse. De l'autre un contexte économique incertain à la fois marqué par la crainte d'un fort ralentissement aux Etats-Unis et par des tensions inflationnistes qui risquent de remettre en cause la poursuite de la baisse des taux directeurs de part et d'autre de l'Atlantique. La confrontation de ces deux mondes conduit à une tendance boursière très indécise, dans laquelle les investisseurs vendent sans grand discernement, y compris les titres des sociétés les plus méritantes.
Le marché ayant à court terme toujours raison, il paraît inutile de chercher à aller contre la tendance. Dans ce genre de situation, la seule stratégie valable consiste à concentrer les portefeuilles sur les valeurs les plus défensives disposant de solides fondamentaux et offrant une bonne visibilité sur l'évolution des bénéfices et des dividendes.
Evitez de multiplier les arbitrages
Le tableau ci-dessus des performances sectorielles à la Bourse de Paris depuis le début de l'année montre que les investisseurs font preuve d'une grande méfiance à l'égard des valeurs technologiques et ont clairement tourné le dos au secteur immobilier et aux banques, dont ils ne veulent plus entendre parler.
La pharmacie, l'aéronautique/défense avec EADS, ainsi que le secteur de la publicité et des médias, sont également à la peine.
S'il ne fait aucun doute que figurent dans ces différents secteurs de nombreuses opportunités d'achat pour jouer un rebond des marchés, il n'est jamais très opportun de procéder en fin d'année à des arbitrages massifs en faveur des valeurs délaissées. Le raisonnement est simple : nous approchons des opérations d'habillage des portefeuilles (le fameux « window dressing »), qui consistent pour les gérants de fonds à liquider les plus mauvaises lignes, pour ne laisser figurer dans les relevés de fin d'année envoyés aux clients que des titres dont les performances sont présentables. Cette pratique conduit souvent à pénaliser encore un peu plus les valeurs situées dans le bas du classement et profite aux premiers de la classe.
Les investisseurs qui disposent de valeurs bancaires dans leurs portefeuilles (nous en avons quelques-unes dans les portefeuilles du JdF) ont donc intérêt à tenir la position, car la solidité de nos établissements de crédit n'est nullement remise en cause par la crise de l'immobilier américain.
Il sera possible de s'interroger en début d'année sur l'opportunité de revenir sur certaines valeurs massacrées dans les médias, l'immobilier ou parmi les valeurs technologiques revenues à des niveaux de valorisation historiquement attrayants.
Pour l'heure, nous recommandons de rester investis sur des valeurs défensives appartenant aux secteurs de l'énergie, des télécommunications et des services aux collectivités. Dans le domaine du gaz et du pétrole, Total ou Gaz de France méritent également de figurer en bonne place dans un portefeuille diversifié.
Les réactions négatives du marché aux très bons résultats publiés ces derniers jours par plusieurs grands groupes industriels de la cote, comme Lafarge, Alstom ou Legrand, constituent en revanche des opportunités d'achat. Tous ces groupes ont confirmé ou revu leurs objectifs à la hausse.
Un nouveau repli de Danone ou de Pernod Ricard sera aussi à mettre à profit pour se renforcer. Même chose pour Hermès International, dont le chiffre d'affaires ressort en hausse de 11,2 % (à taux de change constant) sur les neuf premiers mois de l'année et qui relève ses objectifs pour l'exercice en cours.
