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Un jeudi noir et une caisse noire

20/10/2007 00:00 - JDF

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Ce qu'il y a de nouveau dans cette grève du 18 octobre, ce n'est certainement pas l'enjeu des retraites, mais la volonté de transparence et d'information dont font preuve aussi bien la SNCF que la RATP. Certes, les voyageurs sont laissés sur les trottoirs et les quais de gare, mais ils savent quels trains sont encore en circulation. Il est en effet aisé de lister ceux qui roulent encore. Téléphone Vert, Infotrafic, alerte en temps réel... A l'ère d'Internet, l'information circule.

Bref, c'est le désordre, mais dans la transparence... Enfin pas partout, car cette semaine d'octobre est aussi marquée par la révélation de l'existence d'une caisse noire au sein de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM). De fortes sommes en espèce - la brigade financière a mis au jour des retraits d'au moins 17 millions d'euros entre 2000 et 2007 - ont été prélevées dans différents établissements. Reste à savoir qui a réellement bénéficié de cette manne. Financement occulte de partis politiques ou de syndicats, création d'une caisse de solidarité antigrèves permettant aux entreprises de résister aux pressions des salariés, voire détournement de fonds à des fins privées... Toutes les hypothèses sont évoquées et les enquêteurs devront démêler l'écheveau tissé depuis de nombreuses années au sein de l'UIMM.

L'argent « fluidifie les relations sociales »

Denis Gautier-Sauvagnac, président de l'UIMM et personnage central mis en cause dans l'affaire, n'a pour l'instant pas été très prolixe, mais son prédécesseur, Daniel Dewavrin, président de 1999 à 2006, a quant à lui affirmé dans un entretien publié dans Le Monde du lundi 15 octobre que l'argent avait servi à « fluidifier les relations sociales ». Une déclaration qui sonne comme une provocation aux oreilles des syndicats, alors qu'ils mobilisent au maximum leurs troupes sur le thème des régimes spéciaux. Insinuer qu'ils bénéficient de financements occultes au moment même où ils paralysent le pays pour défendre différentes catégories professionnelles qui partent plus tôt à la retraite que la majorité des salariés et dans des conditions plus avantageuses... Voilà qui ne facilite pas l'adhésion populaire à la cause des régimes spéciaux. Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, déclare même dans Le Monde du jeudi qu'il « examine la possibilité d'ouvrir des procédures pour diffamation ».

Le vrai débat est ailleurs

Reste que le vrai débat est ailleurs car chacun sait aujourd'hui que les régimes spéciaux sont condamnés à plus ou moins brève échéance. Le véritable enjeu est de savoir à quel rythme ils seront alignés sur celui des fonctionnaires et quelles exceptions pourront perdurer en fonction de la pénibilité réelle des tâches de chacune de ces professions.

Pendant que les syndicats s'agitent, d'autres tentent de remplir les caisses. Le Fonds de réserve des retraites (FFR), mis en place au début des années 2000, doit couvrir, à compter de 2020, une part significative des besoins de financement des régimes de base des salariés du secteur privé, des artisans et des commerçants.

L'allocation stratégique du FFR a été modifiée en mai 2006, portant le poste actions de 55 % en 2003 à 60 %, et, cette semaine, le fonds a lancé un appel d'offres pour l'attribution de deux mandats de réplication passive d'indices matières premières ; le montant indicatif du marché étant de 2 milliards d'euros sur un total de 33,4 milliards au 30 juin dernier.

Une forte exposition aux marchés actions et une bonne diversification sur les matières premières : un exemple dont peuvent s'inspirer ceux qui cherchent à optimiser leurs placements sur le long terme pour financer leur retraite. Depuis l'activation des premiers mandats du fonds (été 2004), la performance annualisée des actifs investis en actions dans des mandats délégués s'est élevée à 20 %.

LA CHRONIQUE DE MARIE-CHRISTINE SONKIN