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Le discours de la méthode

22/09/2007 00:00 - JDF

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Que s'est-il passé mardi 18 septembre 2007 ? Le président de la République Nicolas Sarkozy a dévoilé les grands lignes de son nouveau contrat social, suscitant comme il fallait s'y attendre l'ire des syndicats et l'approbation du Medef. Il n'a rien fait d'autre finalement que préciser la politique largement évoquée durant la campagne électorale.

Mais le fait de voir les échéances se rapprocher et un calendrier fixé donne du corps à des réformes que certains espèrent et d'autres redoutent. Précisions, dates, cahier des charges pour les ministres concernés. Le fond du discours était moins attendu que la méthode préconisée par le chef de l'Etat.

Une méthode qui se doit d'être d'autant plus affûtée qu'elle donne le ton de la rentrée et fera pencher la balance vers le conflit social version Alain Juppé ou vers un consensus plus ou moins assumé par une société française qui semble mûre pour accepter certaines réformes.

L'annonce du 18 septembre

Certes, les défis sont d'importance et l'enjeu ne peut être nié. Mais réfléchissons bien, un autre événement, nettement moins commenté par les gazettes, n'aurait-il pas échappé à la vigilance de nombreux Français ?

Ce jour-là, une autre annonce était attendue avec angoisse par nombre d'investisseurs, d'industriels, de banquiers... Mais bien sûr, il s'agit de la décision de Ben Bernanke. Ce même 18 septembre, le patron de la Réserve fédérale notifiait, au soulagement général, une baisse de 50 points de base du taux des fed funds, pour le porter à 4,75 %. Et si la Banque centrale américaine a sorti l'artillerie lourde, c'est parce que la situation est grave.

La crainte de voir la crise financière contaminer l'économie réelle a balayé celle d'assister à une reprise de l'inflation et, pour faire bonne mesure, Ben Bernanke n'a pas hésité à baisser dans la foulée son taux d'escompte (lire page 4), donnant une bouffée d'oxygène aux banques en difficulté.

Ces difficultés qui sont déjà bien présentes de notre côté de l'Atlantique car les déboires de la Northern Rock ont cette semaine donné quelques sueurs froides non seulement aux clients de la banque britannique, venus en masse récupérer leurs fonds, mais à de nombreux investisseurs qui se demandent jusqu'où les banques sont contaminées par cette crise de liquidités.

En France, l'ethnocentrisme nous protège d'angoisses certainement injustifiées.

Faire preuve de responsabilité

Le 18 septembre et surtout le lendemain, les Français étaient bien trop occupés à évaluer leurs chances de travailler 40 ans ou 41 ans, à comparer les avantages des agents de la SNCF et ceux de petits rats de l'Opéra, à estimer la probabilité de conserver un jour de plus ou de moins de « RTT ».

En résumé, les conversations du 19 septembre furent plutôt moroses, assombries par la perspective de travailler plus et de se voir infliger des grèves de transports contre lesquelles les «Vélib' » parisiens auront beaucoup de mal à lutter.

Pourtant, ce même jour, la Bourse de Paris affichait un spectaculaire rebond de 3,27 %. Et le président de la République l'a bien souligné au cours de son intervention : « Faire preuve de responsabilité, c'est pour chacun d'entre nous avoir plus de choix en ce qui concerne la décision de partir à la retraite, en assumant toutes les conséquences de ses choix. » Et prendre ses responsabilités, c'est aussi gérer son patrimoine et réaliser des investissements en actions, productifs aussi bien pour l'économie française que pour les futurs retraités que nous sommes.

Par Marie-Christine Sonkin