Et si vous profitiez du rebond pour renforcer la sélectivité
La baisse des taux directeurs a été accueillie par un tonnerre d'applaudissements sur l'ensemble des places boursière. Le geste de la Fed donne l'impression d'avoir subitement dissipé tous les maux dont souffrait le marché au cours de ces dernières semaines : les banques américaines retrouvent des liquidités abondantes dans d'excellentes conditions et les autorités monétaires montrent qu'elles se tiennent au chevet d'une croissance américaine de plus en plus chancelante.
Garder son sang-froid
A New York, l'indice Dow Jones est ainsi presque revenu à son record historique et, à Paris, le CAC 40 n'est plus qu'à 8 % de son plus haut annuel. Les investisseurs qui ont su garder leur sang-froid dans la tempête, voire profiter de la panique pour partir à la chasse aux bonnes affaires, sont largement récompensés.
Mais, aujourd'hui, la seule question qui intéresse le lecteur du Journal des Finances est de savoir ce qu'il convient de faire. Jusqu'où le marché peut-il remonter ? Quelles valeurs faut-il privilégier ?
Alors que nous nous étions montrés extrêmement volontaristes au plus fort de la crise, nous pensons qu'il faudra faire preuve d'une plus grande prudence si l'euphorie à laquelle nous avons assisté ces derniers jours venait à se poursuivre.
Chacun sait bien qu'une baisse des taux directeurs aux Etats-Unis crée un contexte favorable aux actions. Une récente étude réalisée par la banque d'affaires Lehman Brothers montre que, depuis le début des années 1970, sur les neuf cycles de baisse des taux initiés par la Fed, sept ont conduit à une hausse de l'indice américain S&P 500 au cours des douze mois suivants, avec un gain médian de 17,7 %. Les marchés européens ont à chaque fois largement profité du mouvement. Tous les espoirs sont donc permis.
Toutefois, il faut savoir qu'une baisse des taux directeurs ne produit généralement ses premiers effets sur l'activité qu'avec deux à trois trimestres de décalage. Entre-temps l'ombre de la récession risque de planer sur Wall Street, au gré des publications statistiques et des révisions à la baisse des anticipations bénéficiaires des analystes.
Il paraît en effet évident que, avec des marges bénéficiaires nettes qui se situent aujourd'hui à un pic historique de 9 % pour les 500 plus grandes valeurs américaines, la perspective d'un ralentissement de l'activité ne peut que conduire à des révisions à la baisse des profits.
Hausse du secteur pétrolier
Pour l'instant, le consensus des analystes qui tablent sur une hausse de plus de 11 % des profits aux Etats-Unis pour 2008 paraît trop optimiste. Avec un taux de progression de l'ordre de 9,5 %, l'Europe semble un peu plus raisonnable.
S'agissant de la crise financière qui secoue les marchés depuis le début de l'été, nous pourrions aussi assister à de nouvelles déconvenues du côté des engagements des banques sur le crédit hypothécaire américain, comme ce fut le cas cette semaine avec la Deutsche Bank et le Crédit Agricole.
Bref, si la capacité des actions à séduire les investisseurs n'est nullement remise en cause, la volatilité devrait encore rester élevée au cours des semaines à venir. Surtout avec un dollar à 1,41 face à l'euro, qui pourrait affaiblir l'activité économique en Europe.
Dans ces conditions, il paraît opportun de songer à resserrer la sélectivité des valeurs à mettre en portefeuille.
Cela nous incite à privilégier en priorité des valeurs dont les revenus présentent une bonne visibilité, comme les sociétés de services aux collectivités, l'énergie (électricité et gaz), l'agroalimentaire, la santé (sauf Sanofi-Aventis, dont le potentiel de découverte de nouvelles molécules se révèle décevant), l'assurance et, de façon plus opportuniste, les valeurs pétrolières et parapétrolières qui bénéficient de la hausse du prix du baril à plus de 80 dollars.
Nous restons très favorables aux grandes valeurs industrielles orientées vers les biens d'équipement, toujours portées par la vigueur de la croissance mondiale. Mais, comme nous l'avons vu avec Saint-Gobain et Schneider, l'effet combiné du ralentissement américain et de la baisse du dollar pèse nettement sur leur cours de Bourse à court terme. De la même manière, les valeurs exposées à la baisse du dollar, comme EADS et Safran, devraient également continuer de souffrir.
A court terme, une certaine prudence s'impose enfin sur les banques françaises, qui paraissent pourtant bon marché.
Leur solidité n'est nullement remise en cause, mais leurs bénéfices risquent de s'ajuster à la baisse au cours des prochains mois dans des activités aussi rémunératrices que la banque d'investissement et de financement. La hausse des provisions pourrait aussi grever les résultats.
Portefeuilles : les arbitrages de la semaine
- Nos portefeuilles renforcent leur avance, par rapport aux indices de référence, le CAC 40 pour nos sélections françaises et l'Euro Stoxx 50 pour la sélection européenne. Dans le contexte actuel de forte volatilité, la très nette surperformance de notre liste PEA Sécurité n'a rien d'étonnant. Dans l'unique souci de renforcer son caractère défensif, nous vendons cette semaine l'action Saint-Gobain acquise dans de très bonnes conditions, avec un prix de revient de 55,35 euros. Nous ne doutons pas des qualités fondamentales de la société (lire notre analyse page 8), mais, à court terme, le titre risque d'être chahuté en raison de son exposition sur le marché de la construction dans le secteur de l'immobilier résidentiel aux Etats-Unis et de la baisse du dollar. Nous conservons Air Liquide, Essilor International, Pernod Ricard et Schneider, qui sont eux aussi très exposés aux fluctuations monétaires, car il ne paraît pas à ce stade opportun de nous séparer de ces très belles valeurs.
Entière satisfaction sur Carbone Lorraine
En revanche, nous remplaçons Saint-Gobain par France Télécom dont les perspectives de croissance sont moins ambitieuses, mais qui présente un caractère nettement plus défensif.
Dans le portefeuille PEA Dynamique, nous nous félicitons des arbitrages réalisés la semaine dernière ayant consisté à vendre nos titres Derichebourg et Safran, deux valeurs de qualité, mais qui n'offrent pas à ce jour une visibilité suffisante. L'achat de Carbone Lorraine, qui avait énormément baissé, nous donne entière satisfaction, avec une hausse de 6 % en cinq séances. Eiffage reste un peu à la traîne (- 1,12 %), mais nous voyons dans ce titre un moyen de renforcer le caractère défensif du portefeuille.
Cette semaine, nous poursuivons nos arbitrages en allégeant les positions sur Legrand pour les mêmes raisons que Saint-Gobain, et achetons Groupe Steria. La valeur a beaucoup baissé, elle est revenue à des niveaux de valorisation attrayants au regard du dynamisme de cette société de services informatiques, qui vient de réaliser une acquisition prometteuse en Inde. R.L.
Portefeuilles : les arbitrages de la semaine
- Nos portefeuilles renforcent leur avance, par rapport aux indices de référence, le CAC 40 pour nos sélections françaises et l'Euro Stoxx 50 pour la sélection européenne. Dans le contexte actuel de forte volatilité, la très nette surperformance de notre liste PEA Sécurité n'a rien d'étonnant. Dans l'unique souci de renforcer son caractère défensif, nous vendons cette semaine l'action Saint-Gobain acquise dans de très bonnes conditions, avec un prix de revient de 55,35 euros. Nous ne doutons pas des qualités fondamentales de la société (lire notre analyse page 8), mais, à court terme, le titre risque d'être chahuté en raison de son exposition sur le marché de la construction dans le secteur de l'immobilier résidentiel aux Etats-Unis et de la baisse du dollar. Nous conservons Air Liquide, Essilor International, Pernod Ricard et Schneider, qui sont eux aussi très exposés aux fluctuations monétaires, car il ne paraît pas à ce stade opportun de nous séparer de ces très belles valeurs.
Entière satisfaction sur Carbone Lorraine
En revanche, nous remplaçons Saint-Gobain par France Télécom dont les perspectives de croissance sont moins ambitieuses, mais qui présente un caractère nettement plus défensif.
Dans le portefeuille PEA Dynamique, nous nous félicitons des arbitrages réalisés la semaine dernière ayant consisté à vendre nos titres Derichebourg et Safran, deux valeurs de qualité, mais qui n'offrent pas à ce jour une visibilité suffisante. L'achat de Carbone Lorraine, qui avait énormément baissé, nous donne entière satisfaction, avec une hausse de 6 % en cinq séances. Eiffage reste un peu à la traîne (- 1,12 %), mais nous voyons dans ce titre un moyen de renforcer le caractère défensif du portefeuille.
Cette semaine, nous poursuivons nos arbitrages en allégeant les positions sur Legrand pour les mêmes raisons que Saint-Gobain, et achetons Groupe Steria. La valeur a beaucoup baissé, elle est revenue à des niveaux de valorisation attrayants au regard du dynamisme de cette société de services informatiques, qui vient de réaliser une acquisition prometteuse en Inde. R.L.
