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Différenciez les fonds monétaires classiques des fonds dynamiques

18/08/2007 00:00 - JDF

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L'augmentation des défaillances sur les emprunts subprime a généré une crise de liquidité sans équivalent sur les produits structurés et notamment les CDO (collateralised debt obligations) et RMBS (residential mortgage backed securities).

Le montant des défaillances sur cette catégorie d'emprunt ne dépasse pas pour l'instant les 25 milliards de dollars, ce qui est peu au regard de l'encours de la capitalisation mondiale, mais l'évolution reste préoccupante.

Le risque n'était pas dans la sensibilité

Le taux de défaillance atteignait déjà 13,77 % à fin mars dernier, contre 11,50 % un an plus tôt. Or, ce taux devrait se dégrader à nouveau. En effet, les ménages américains refinancent leurs crédits immobiliers tous les deux à trois ans, ce qui les rend sensibles à la hausse des taux d'intérêt.

Une génération de crédits, accordés alors que les taux d'intérêt étaient au plus bas et que le prix de l'immobilier résidentiel américain culminait, arrivera à échéance dans les deux prochains mois.

Une nouvelle vague de défauts semble donc inévitable. Dans ces conditions, la défiance des investisseurs envers les produits qui en dernier ressort financent les ménages les plus fragiles se justifie parfaitement. En revanche, le lien entre une crise locale, celle de l'immobilier américain, et les fonds monétaires dynamiques français a de quoi surprendre la plupart des épargnants.

Investir dans un fonds monétaire évoque pour tous les investisseurs une rémunération relativement faible mais certaine, contrairement à celle des autres catégories, et surtout une grande sécurité du capital investi.

D'ailleurs, l'Autorité des marchés financiers (AMF) impose aux gestionnaires des contraintes très fortes au regard tant de la concentration des risques sur un même émetteur que sur la sensibilité des titres en portefeuille à l'évolution des taux d'intérêt.

Ainsi, la sensibilité d'un fonds monétaire doit rester comprise entre 0 et 0,5 au maximum, ce qui signifie que pour un portefeuille porté au niveau de sensibilité maximale de 0,50 une hausse des taux d'intérêt de 0,10 % ferait baisser la valeur liquidative de 0,05 % seulement Le risque s'avère donc très faible, d'autant plus que les gérants réduisent la sensibilité du portefeuille dans les phases de hausse des taux monétaires. Il n'est donc pas étonnant que les fonds de cette catégorie aient acquis, au fil des années, une réputation de solidité face aux chocs boursiers.

Avec un encours de 476,8 milliards d'euros à fin juin 2007, les fonds monétaires enregistrent un succès que l'affaire des subprimes ne remet pas en cause car seuls les fonds monétaires dynamiques sont concernés. Cependant, la proximité de l'appellation a créé la confusion chez nombre d'investisseurs à la recherche de produits plus performants que les fonds monétaires traditionnels.

Pourtant, les deux produits sont de nature sensiblement différente. Europerformance utilise l'appellation « trésorerie dynamique » pour regrouper les fonds dont la gestion s'efforce de battre le marché monétaire euro sur une courte période en conservant une volatilité minimale.

En fait, ces produits font appel à de nombreuses techniques de gestion, certains comportant des actions alors que d'autres miseront plutôt sur des obligations convertibles, des obligations proches de leur maturité, mais aussi des CDO et ABS (Asset back securites) . Certains mettent même en oeuvre des stratégies voisines de celle des hedge funds.

Un risque de liquidité non pris en compte

Il en résulte un émiettement de l'offre dont l'encours n'est pas quantifiable. En tout état de cause, ces fonds de trésorerie dynamique ne représentent qu'une fraction de l'encours des catégories obligations (198,7 milliards d'euros au 30 juin 2007) et diversifiés (322,3 milliards d'euros). Il en découle aussi une très forte différenciation de la volatilité des valeurs liquidatives selon les objectifs de performance et les orientations de gestion.

Bien évidemment, les durées d'investissement recommandées tiennent compte du niveau de risque préalablement estimé. Cependant, les monétaires dynamiques ont buté sur un risque qui était nié jusqu'à une date récente : aucun gestionnaire n'avait envisagé une crise de liquidité de grande ampleur. Or, dans une telle situation, même le plus bel actif voit sa valeur chuter.

Les fonds de BNP Paribas rouvriraient à fin août

Dans ces conditions, l'application stricte de la valorisation en prix de marché des actifs en portefeuille peut conduire à constater une perte considérable au regard de l'objectif de performance du fonds. L'affichage d'une telle débâcle n'étant pas acceptable vis-à-vis des clients, les dirigeants de BNP Paribas IP ont préféré suspendre jusqu'à nouvel ordre les souscriptions et rachats de Parvest Dynamic ABS, BNP Paribas ABS Euribor et BNP Paribas ABS Eonia (lire également notre édition du 11 août).

Une réouverture serait maintenant envisagée d'ici à la fin du mois. La procédure mise en oeuvre sera sans nul doute scrutée par les autres gestionnaires ayant des fonds fortement engagés dans les CDO et ABS. En effet, les courtiers spécialisés affichent des prix acheteur et vendeur qui s'écartent beaucoup dans les périodes de faible liquidité. Valoriser un portefeuille sur la base de la moyenne entre ces deux cours ne correspond donc pas à la valeur liquidative du fonds. Excepté si le fonds garde toutes les lignes jusqu'à leur échéance finale.

Les gestionnaires vont améliorer leurs documents commerciaux

-La qualité de l'information de la clientèle des sociétés de gestion va être améliorée.

L'Autorité des marchés financiers a analysé un échantillon de documents commerciaux publiés par les gestionnaires d'OPCVM (fonds et Sicav) dans le cadre des travaux préparatoires à la rédaction des textes d'application de la Directive européenne sur les marchés d'instruments financiers.

Cette directive entrera en vigueur en France au 1er novembre 2007. En outre, les gestionnaires envisagent d'ores et déjà de rédiger des principes de bonne conduite afin d'améliorer la qualité de l'information adressée à la clientèle.

En attendant, les épargnants peuvent consulter le site Internet de l'AMF (www.amf-france.org) afin d'y consulter les prospectus simplifiés des fonds qu'ils souhaitent acheter et notamment vérifier leur catégorie d'appartenance.

Par ailleurs, l'Autorité des marchés financiers publie sur son site une série de livrets à vocation pédagogique, dont « L'investisseur en Sicav et FCP ».

J.A.

Les gestionnaires vont améliorer leurs documents commerciaux

-La qualité de l'information de la clientèle des sociétés de gestion va être améliorée.

L'Autorité des marchés financiers a analysé un échantillon de documents commerciaux publiés par les gestionnaires d'OPCVM (fonds et Sicav) dans le cadre des travaux préparatoires à la rédaction des textes d'application de la Directive européenne sur les marchés d'instruments financiers.

Cette directive entrera en vigueur en France au 1er novembre 2007. En outre, les gestionnaires envisagent d'ores et déjà de rédiger des principes de bonne conduite afin d'améliorer la qualité de l'information adressée à la clientèle.

En attendant, les épargnants peuvent consulter le site Internet de l'AMF (www.amf-france.org) afin d'y consulter les prospectus simplifiés des fonds qu'ils souhaitent acheter et notamment vérifier leur catégorie d'appartenance.

Par ailleurs, l'Autorité des marchés financiers publie sur son site une série de livrets à vocation pédagogique, dont « L'investisseur en Sicav et FCP ».

J.A.

Joël Antoine