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Luis Carrillo, gérant de JP Morgan Latin America Equity Fund (*) : « N'attendez pas pour investir en Amérique latine »

11/08/2007 00:00 - JDF

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Estimez-vous préférable d'investir immédiatement en Amérique latine ou bien faut-il attendre une consolidation pour optimiser le point d'entrée ?

La tendance boursière en Amérique latine reste franchement orientée à la hausse, mais des consolidations intermédiaires peuvent survenir. Il est pénalisant d'attendre une consolidation pour investir sur ce marché, car le point bas qui se dévoilerait alors risque fort de se situer à un niveau supérieur à celui que nous connaissons aujourd'hui.

Plus vous attendez une correction pour affiner un point d'entrée intéressant dans un marché haussier, plus cette consolidation devra être significative. Donc n'attendez pas pour investir en Amérique latine.

Quelles sont vos préférences en termes de pays ?

La Bourse mexicaine est la plus développée, la note d'emprunteur du pays est déjà classée dans la catégorie non risquée et les taux d'intérêt sont bas, ce qui en fait une place intéressante. Cependant, j'investis davantage au Brésil qu'au Mexique car les réformes économiques y sont plus récentes et bénéficient à de nombreux secteurs.

L'effet de levier est d'autant plus important que le pays part d'un niveau relativement bas. A court terme, le Mexique est bien positionné, mais, à long terme, le Brésil dispose d'un potentiel de croissance supérieur.

En outre, son niveau de risque est surestimé. Le prochain relèvement de note devrait gommer cette perception. La croissance économique se diffuse dans la classe moyenne de la population, ce qui favorise la consommation des ménages, comme ce fut le cas en Espagne lors de son entrée dans l'Union européenne.

Le pouvoir d'achat progresse d'année en année car les salariés bénéficient d'augmentations de salaires alors que l'inflation arrive dans la zone de confort de la Banque centrale. D'ailleurs, celle-ci devrait baisser ses taux directeurs prochainement, ce qui incitera les ménages à s'endetter. Pour autant, nous avons réduit nos positions sur les valeurs de la consommation que nous estimons correctement valorisées.

L'Amérique latine est-elle plus dépendante de la croissance en Asie que de celle des Etats-Unis ?

L'Asie a un impact positif indirect sur l'Amérique latine. En effet, la croissance asiatique tire à la hausse le prix des matières premières. Les compagnies minières d'Amérique latine peuvent donc vendre dans les pays voisins et en Amérique du Nord à un prix sensiblement plus élevé.

Actuellement, je privilégie le secteur des matières premières par rapport au pétrole, dont je n'anticipe pas une forte hausse des cours. En outre, l'exposition du fonds au titre Petrobras est limitée à 10 % pour des raisons réglementaires, ce qui m'amène à être sous-pondéré sur cette valeur sans avoir pour autant de point de vue négatif sur l'entreprise.

(*) Code Isin : LU0117896174.

Propos recueillis par Joël Antoine