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AUFEMININ

07/07/2007 00:00 - JDF

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En 1936, un journal londonien organisa un concours de beauté. Le principe du jeu était simple. Parmi 100 portraits de jolies jeunes filles, il fallait déterminer les 5 photos susceptibles de recueillir le plus grand nombre de suffrages. Le gagnant serait donc celui ou celle dont la sélection de photographies serait la plus proche des 5 photos les plus nommées. Celui qui arriverait à se rapprocher du consensus remporterait la palme.

Le gagnant du concours ne fut pas celui qui fit appel à ses goûts personnels. Non, ce fut celui qui choisit les cinq portraits susceptibles de plaire au plus grand nombre. Interpellé par cette expérience de psychologie de masse, John Maynard Keynes appliqua cette métaphore aux marchés financiers (Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie).

La conclusion était évidente : le prix d'une action n'est pas déterminé par sa valeur fondamentale (ou sa valeur intrinsèque), mais plutôt par la perception qu'en ont les autres. Pour gagner en Bourse, selon Keynes, inutile d'investir sur un titre que l'on estime sous-valorisé au regard de ses fondamentaux.

Il vaut mieux miser sur les valeurs qui ont de fortes chances de plaire aux autres investisseurs, en raison de la conjoncture, des modes, des dernières opérations de rachats, des anticipations de résultats... Le prix d'un titre serait donc défini par un mécanisme autoréférent fondé sur ce que chacun pense que les autres pensent que les autres pensent... A ce jeu insoluble, deux catégories d'investisseurs tirent leur épingle du jeu : les chanceux bien sûr, et les investisseurs prédisposés à la psychologie de masse.

Charles Ourdef, psychologue