Les marchés chinois renouent déjà avec les records

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Les indices domestiques chinois de Shanghai et Shenzhen sont à leurs plus hauts historiques : les deux indices ont dépassé la barre fatidique des 3.000 points. Le nouvel indice de référence, le Shanghai-Shenzhen 300, s'est apprécié de 36 % depuis le début de l'année. La correction, qui avait effrayé l'ensemble de la place financière il y a deux semaines, est donc aujourd'hui entièrement effacée.
Cette poussée vers le haut de l'indice s'explique d'abord par un facteur structurel. D'un côté, la surliquidité du marché est générée par les investisseurs chinois, et principalement par les particuliers, dont l'épargne est abondante.
De l'autre, l'offre est relativement réduite. « Il y a eu moins d'introductions en Bourse au premier trimestre 2007 qu'à la fin de l'année 2006 », observe Gabriel Gondard, gérant pour la Société Générale à Shanghai. Ensuite, les investisseurs ont été encouragés par les bons résultats des entreprises chinoises sur l'année 2006. « Les perspectives de croissance des profits pour 2007 restent bonnes, voire très bonnes », commente Gabriel Gondard.
Mais, comme le rappelle l'adage, les arbres ne montent pas jusqu'au ciel, et les observateurs redoutent une surchauffe. Méfiance d'autant plus justifiée que les autorités chinoises ont elles-mêmes envoyé des signaux pour calmer les marchés : hausse des taux, mesures restrictives, discours alarmistes...
De même, en matière de gouvernance, les 1.400 entreprises cotées sur les places domestiques chinoises obtiennent la plus mauvaise notation d'Asie du classement UBS. Bien qu'elles aient adopté les normes IFRS depuis fin 2007, la communication et la transparence des valeurs chinoises paraissent parfois douteuses. Pourtant, Gabriel Gondard reste optimiste : « On ne peut pas encore parler de bulle, car les flux ne sont pas seulement spéculatifs. »
Au niveau des fondamentaux macroéconomiques, la production nationale devrait s'améliorer de 10 % par an en moyenne jusqu'en 2011, selon les estimations de Andreas Höfer, économiste en chef chez UBS.
Toutefois, les gérants s'attendent à de nouvelles corrections. « On aura soit une baisse bien plus violente que la précédente, soit une série de mouvements de consolidation. » Si l'optimisme est de retour, la volatilité l'est aussi. Et, du même coup, les yeux des investisseurs mondiaux n'ont jamais été autant rivés sur les deux places chinoises.
