Tout sur les assemblées générales et les dividendes des sociétés de l'indice CAC 40

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Alcatel, EADS, Carrefour et Suez, les assemblées à surveiller en 2007
Le Club Méditerranée a donné, la semaine dernière, le coup d'envoi de la saison des assemblées générales (AG) 2007. Cette dernière s'annonce chaque année plus passionnante puisque, selon une étude du cabinet Proxinvest, le taux de participation des actionnaires aux assemblées générales ne cesse d'augmenter, pour atteindre 65,65 %. Et 99 % des 1.610 actionnaires individuels sondés par l'agence de communication CapitalCom et disposant d'un portefeuille de plus de 30.000 euros entendent prendre part au vote des résolutions. Un droit qui devrait être plus facile à faire valoir cette année avec la mise en place, depuis le décret du 11 décembre 2006, du dispositif de la record date. Ce dernier est beaucoup plus souple que le système d'immobilisation des titres, puisqu'il autorise la vente des titres trois jours avant l'assemblée générale (lire ci-contre). Les actionnaires des sociétés du CAC 40 peuvent d'ores et déjà bloquer dans leur agenda la période comprise entre le 23 avril et le 15 mai, au cours de laquelle les assemblées générales vont s'entrechoquer au rythme de deux, voire quatre par jour (c'est le cas le 26 avril avec Bouygues, Capgemini, Danone et Schneider Electric). 65 % des valeurs du CAC 40 auront tenu leur réunion d'actionnaires entre ces deux dates.
Rémunération et indépendance des administrateurs
Depuis les départs de l'ancien coprésident d'EADS Noël Forgeard, soupçonné de délits d'initié, et de l'ex-patron de Vinci Antoine Zacharias, pour son avidité financière, la rémunération des dirigeants et le principe de la transparence seront les deux thèmes principaux abordés en assemblée générale au cours de cette saison 2007. Près de 60 % des actionnaires individuels souhaiteraient en effet que l'AG se substitue au conseil d'administration pour fixer le salaire des patrons des sociétés cotées, selon l'enquête de CapitalCom. La question de l'indépendance des administrateurs risque également de figurer en bonne place parmi les préoccupations des actionnaires, notamment après la cascade de démissions des membres du conseil de Vinci. Les femmes devraient être les grandes gagnantes du renouvellement des administrateurs pour accroître encore leur présence, qui se limitait l'an dernier à 8 % dans les conseils des sociétés du CAC 40.
Les AG d'EADS et de Suez à la veille du second tour de la présidentielle
La campagne présidentielle a de fortes chances de peser dans le débat des réunions les plus sensibles, notamment au cours de celles d'EADS et de Suez, qui se tiendront deux jours avant le second tour de l'élection, le 6 mai. L'avenir du projet de fusion avec Gaz de France, toujours au point mort, devrait être évoqué dans les questions concernant les perspectives de Suez. Les programmes de licenciements chez EADS et Alcatel vont également sans doute faire des vagues.
Plus d'un tiers du CAC 40 a changé de patrons
Enfin, les nombreux changements de dirigeants à la tête des sociétés du CAC 40 (Accor, Air Liquide, Alcatel, Carrefour, EADS, L'Oréal, Lafarge, Michelin, Arcelor-Mittal, Peugeot, Saint-Gobain, Sanofi-Aventis, Total, Vinci) ne manqueront pas de soulever des questions sur la stratégie de ces entreprises.
En marge du CAC 40, la réunion d'Eurotunnel risque d'être animée, avec la présentation de la nouvelle entité restructurée et désormais en position de renouer avec les profits en 2008.
Du côté d'Eiffage, on s'attend à une assemblée aussi mouvementée que l'an dernier dans la mesure où son premier actionnaire, l'espagnol Sacyr (32 % du capital), devrait renouveler sa demande de deux sièges au conseil d'administration du groupe de BTP français. L'issue paraît toutefois moins aléatoire, puisque la direction a, depuis, réussi à fédérer environ 40 % du capital entre des mains amies. A suivre...
COMMENT FAIRE VALOIR SES DROITS EN ASSEMBLEE GENERALE
1. L'attestation de participation
La grande nouveauté de la saison 2007 des assemblées générales concerne la record date, ou date d'enregistrement, qui remplace l'ancien système trop rigide d'immobilisation des titres au moins cinq jours avant la réunion. Désormais, le fait de vouloir participer à une assemblée générale n'empêchera pas l'actionnaire de vendre ses titres trois jours avant le jour J. Ce dispositif beaucoup plus souple devrait surtout profiter aux investisseurs institutionnels étrangers, qui rechignaient jusqu'à présent à exercer leur droit de vote. Pour l'actionnaire individuel, le système de la record date ne modifie pas les démarches à effectuer pour participer à une assemblée générale. Elles sont simples pour les actions inscrites sous la forme nominative dans la mesure où l'actionnaire est déjà clairement identifié par l'entreprise. Il lui suffira donc de se présenter le jour J sur les lieux de l'assemblée générale muni d'une pièce d'identité ou d'une carte d'admission qui lui aura été préalablement envoyée par la société avec tous les documents légaux. La procédure administrative est, en revanche, plus ardue pour un détenteur de titres au porteur. Il doit demander à l'établissement financier gestionnaire de son compte de lui délivrer une attestation de participation à transmettre au centralisateur des titres et organisateur de l'assemblée générale. Ce dernier lui retournera une carte d'admission.
2. L'envoi ou la consultation des documents légaux
Il est nécessaire de bien préparer une assemblée générale pour pouvoir poser les questions les plus judicieuses. Malheureusement, les entreprises n'adressent pas systématiquement tous les documents comptables et juridiques car il n'existe pas de délai légal à respecter pour les recevoir. En théorie, les actionnaires doivent pouvoir consulter ces documents directement au siège de la société avant la tenue de l'assemblée générale.
3. Se rendre à l'assemblée générale ou déléguer ses pouvoirs
C'est primordial. L'essence même d'une assemblée générale est de faire valoir les droits des actionnaires. Raison de plus pour s'y rendre soi-même ou, à défaut, pour voter par correspondance ou donner procuration à une personne de son choix afin d'exercer ses droits. Pour ce faire, l'actionnaire indique clairement sur sa carte d'admission ou son attestation de participation la mention « bon pour pouvoir à M. et Mme... », suivie de sa signature.
4. Demander des comptes
C'est le principal intérêt d'assister soi-même à une assemblée générale. Les questions peuvent être posées soit par écrit, soit oralement. L'avantage de la première option est que le conseil d'administration est tenu d'y répondre et de le faire figurer sur le procès-verbal de l'assemblée générale. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le président de la société commence par répondre aux questions écrites. Il ne faudrait toutefois pas que le temps imparti aux débats en pâtisse.
5. Comment voter
Il est important de voter pour ou contre à chaque résolution, l'abstention étant considérée comme un vote contre. Ne pas voter revient à donner un blanc-seing à l'équipe dirigeante.
En cas d'impossibilité d'assister à la réunion, mieux vaut voter par correspondance plutôt que ne rien faire. Il suffit de remplir le formulaire de vote par correspondance et de le renvoyer à la société concernée trois jours avant le jour J.
6. Encaisser le coupon
Il ne suffit pas de conserver ses titres jusqu'au jour de l'assemblée pour toucher le dividende voté par les actionnaires et versé au titre de l'exercice précédent.
C'est à la veille du détachement du dividende ou de mise en paiement que l'actionnaire doit détenir ses titres. Ces deux dates sont les mêmes pour les sociétés proposant le paiement du dividende en numéraire, ce qui est la grande majorité. En revanche, pour les rares sociétés offrant encore à leurs actionnaires la possibilité de réinvestir le dividende en actions, la date de détachement correspond à l'ouverture de la période destinée à choisir entre les deux modes de règlement du dividende, et la date de mise en paiement représente le jour où le coupon en numéraire sera versé. Dans ce cas, l'investisseur doit conserver ses titres jusqu'à la date de détachement du dividende pour pouvoir le percevoir en titres ou en numéraire.
Les sociétés du CAC 40 s'apprêtent à redistribuer 40 % de leurs profits
On savait que les grandes entreprises allaient dégager des profits records au titre de l'exercice 2006. La question était de savoir comment elles allaient redistribuer cette manne à leurs actionnaires. Les premières indications dont nous disposons sur les sociétés de l'indice CAC 40 sont très satisfaisantes, puisqu'il ressort qu'ils devraient percevoir plus de 39 milliards d'euros de dividendes, soit 26 % de plus que l'an dernier (31 milliards). L'écart est énorme. Il s'explique par trois raisons principales. D'abord, il est logique que la hausse des profits entraîne dans son sillage la croissance des dividendes. Ensuite, les remaniements opérés au sein du CAC 40 depuis un an se sont traduits par la sortie de deux sociétés peu pourvoyeuses de dividendes en masse (Publicis et Thales), alors que les entreprises qui les ont remplacées vont réaliser au contraire de gros efforts. C'est le cas d'Asltom, qui devrait renouer avec le versement d'un dividende pour la première fois depuis six ans (nous attendons un coupon de 1,5 euro par action), et de Vallourec, qui multipliera le sien par 2,6 (6 euros), sans même tenir compte d'un dividende exceptionnel de 4 euros. Quant à Arcelor-Mittal, son changement de taille joue bien évidemment en faveur d'une masse distribuée plus élevée. Dernier facteur de progression des dividendes, la hausse du taux de distribution moyen. Il atteint cette année 40 % des bénéfices, contre 37 % l'an dernier, ce qui signifie que les dividendes augmentent plus vite que les profits. Il faut dire que les entreprises peuvent se permettre une telle générosité dans la mesure où elles se sont largement désendettées. Les taux restant à des niveaux relativement faibles, il n'est pas dans leur intérêt de thésauriser des liquidités. La priorité va plutôt à l'amélioration de la rentabilité des capitaux employés. Et, pour ce faire, elles ont recours à la distribution de gros dividendes et à des rachats d'actions. Les sociétés sont d'ailleurs de plus en plus nombreuses à recourir à cette dernière pratique (la moitié du CAC 40 environ), puisqu'elles ont acquis l'an dernier pour environ 8 milliards d'euros de leurs propres titres, Total arrive en tête (3,5 milliards d'euros), suivi de L'Oréal et de BNP Paribas (près de 1 milliard d'euros chacun).
Le rendement moyen du CAC 40 ressort à 2,6 %
Parmi les évolutions les plus marquantes de cette moisson 2006, on notera les hausses substantielles des dividendes servis par Vallourec (+ 167 %), Gaz de France (+ 61,7 %), EDF (+ 46 %) ou Capgemini (+ 40 %). Une seule baisse est envisagée. Elle devrait provenir d'EADS, dont les résultats, affectés par d'importantes charges exceptionnelles, ont été tout juste bénéficiaires. La société a fait savoir qu'elle distribuera un dividende, mais elle en communiquera le montant ultérieurement. Nous tablons sur un coupon de 0,3 euro par action, en baisse de 53 %. Notons aussi la stabilité du dividende versé par Alcatel (0,16 euro) à la suite de la fusion avec Lucent, tandis que les actionnaires de Carrefour devront se contenter d'une hausse symbolique de 3 % de leur rémunération. Si l'on se réfère aux taux de distribution, France Télécom arrive de loin en tête du classement, avec une part de 75 % de ses profits qui sera redistribuée aux actionnaires. Accor n'est pas très loin, avec un taux de 61 %, de même que Lagardère (58,7 %), Véolia et PPR (56 % chacun). En bas du classement, le fabricant de semi-conducteurs STMicroelectronics se distingue une nouvelle fois, avec un taux inférieur à 20 %.
Autre enseignement à tirer de cette édition, l'écart entre Total et ses poursuivants se comble sur le plan des masses de dividendes versés. Certes, le groupe pétrolier détient toujours la palme avec 4,53 milliards d'euros payés au titre de l'exercice 2006 (hors rachats d'actions), mais il est désormais talonné de près par France Télécom (3,12 milliards), BNP Paribas (2,88 milliards) et la Société Générale (2,39 milliards).Enfin, la moisson de dividendes records à venir se traduit par des taux de rémunération très attrayants pour les actionnaires. Sur les 40 valeurs composant l'indice CAC 40, 14 procurent encore un rendement supérieur à 3 % en dépit de la hausse des cours quasi ininterrompue depuis quatre ans. Là encore, France Télécom est à l'honneur, puisque son titre laisse apparaître une rémunération de 6,1 %. Globalement, le rendement moyen du CAC 40 ressort à 2,6 %. Ces rémunérations n'ont a priori pas de raison de baisser à court terme. D'un côté, les discours des managements des grands groupes du CAC 40 laissent envisager de solides résultats 2007 (France Télécom espère par exemple de nouveau distribuer 1,20 euro par action au titre de l'exercice en cours), de l'autre, les taux de distribution sont encore susceptibles d'être améliorés, à l'image de Suez, qui vise dès l'an prochain un taux de 50 % du résultat net récurrent.
Possibilité de reinvestissement du dividende de Danone dans un fonds social
> Dans son souci d'« apporter la santé par l'alimentation au plus grand nombre », le groupe agroalimentaire va faire voter lors de son assemblée du 26 avril le projet de création d'un fonds d'investissement consacré au développement d'entreprises à finalité sociale, baptisé Danone.Communities. Ce fonds financera des projets ayant un rapport avec les métiers et les compétences du groupe, et pouvant porter soit sur des produits alimentaires, soit sur des ingrédients ou sur des systèmes de distribution. Les actionnaires de Danone qui le souhaiteront pourront y affecter tout ou partie des dividendes versés par leur société. Mais les salariés, les consommateurs et le grand public pourront aussi souscrire à ces produits dont le profil devrait être peu risqué, avec un rendement envisagé de 3 à 4 % par an.
Possibilité de reinvestissement du dividende de Danone dans un fonds social
> Dans son souci d'« apporter la santé par l'alimentation au plus grand nombre », le groupe agroalimentaire va faire voter lors de son assemblée du 26 avril le projet de création d'un fonds d'investissement consacré au développement d'entreprises à finalité sociale, baptisé Danone.Communities. Ce fonds financera des projets ayant un rapport avec les métiers et les compétences du groupe, et pouvant porter soit sur des produits alimentaires, soit sur des ingrédients ou sur des systèmes de distribution. Les actionnaires de Danone qui le souhaiteront pourront y affecter tout ou partie des dividendes versés par leur société. Mais les salariés, les consommateurs et le grand public pourront aussi souscrire à ces produits dont le profil devrait être peu risqué, avec un rendement envisagé de 3 à 4 % par an.
