Les produits dérivés, une assurance tout risque contre la baisse

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Comment rester serein en période de gros temps sur les marchés financiers ? Les produits dérivés à effet de levier (les put warrants, les certificats Turbos Put et les certificats Floorés) apportent une réponse idéale à un contexte chahuté. Ils permettent de couvrir un portefeuille d'actions contre le risque d'une poursuite éventuelle de la correction de l'indice CAC 40 entamée depuis le 26 février. Cette stratégie évite ainsi à l'investisseur de revendre ses actions et de multiplier les frais de courtage, tout en restant exposé à un rebond des marchés.
Trois types de produits permettent de couvrir un portefeuille contre un repli de marché : les put warrants, les certificats Turbos Put et les certificats Floorés. La dernière catégorie n'est autre qu'une combinaison à l'achat et à la vente de put warrants, qui offre l'avantage d'être moins chère qu'un simple warrant. Mais attention, le certificat Flooré ne protégera le portefeuille que jusqu'à un certain niveau de baisse du CAC 40.
Le certificat Turbo Put est également moins cher qu'un warrant, mais plus risqué dans le cadre d'une stratégie de couverture, dans la mesure où il dispose d'une barrière désactivante qui, en cas d'un rebond de l'indice CAC 40 dans une configuration de marché toujours négative, ne protégera plus le portefeuille d'actions d'un investisseur puisque la valeur du Turbo retombe dans ce cas définitivement à zéro. C'est la raison pour laquelle nous ne l'évoquerons pas dans nos exemples de stratégies de couverture.
Prenons l'exemple d'un investisseur disposant le 5 mars d'un portefeuille d'actions de 75.000 euros suffisamment représentatif de l'indice CAC 40.
Craignant une poursuite de la correction de l'indice, il sélectionne un put warrant CAC 40 (code : NL0000745016 ou 2973B) émis par BNP Paribas de prix d'exercice de 5.300 points et d'échéance fixée au 21 septembre 2007. Sa parité est de 200 warrants pour un indice. Le 5 mars, ce produit cotait 1,56 euro et son delta s'élevait à - 48 %, pour un CAC 40 à 5.373 points. Il choisit également un certificat Flooré CAC 40 5.400/5.200 points (code : NL0000659373 ou 1965B) émis par BNP Paribas avec une date de maturité fixée au 15 juin 2007. Sa parité est de 1 certificat pour 1 indice et il cotait 105,8 euros pour un niveau de CAC 40 comparable (5.373 points). Son delta est de - 15,6 %.
Pour connaître le nombre de put warrants ou de certificats Floorés nécessaire pour couvrir son portefeuille d'actions, l'investisseur applique la formule mathématique suivante : (valeur du portefeuille x parité du put warrant)/ (cours de l'indice x le delta).
Ce qui correspond pour les warrants à : (75.000 x 200)/(5.373 x 0,48) = 5.816,12. La quotité minimale de négociation des put warrants CAC 40 étant de 1.000, l'investisseur décide le 5 mars d'acheter 6.000 put warrants à un prix de 1,56 euro, représentant une somme de 9.360 euros.
Pour les certificats Floorés, le calcul ressort à : (75.000 x 1)/(5.373 x 0,156) = 89,47. On peut arrondir à 90 le nombre de certificats à acheter, sachant qu'il n'y a pas de quotité minimale de négociations sur ce type de produit. L'investisseur dépense donc 9.522 euros dans l'achat de 90 certificats Floorés à un prix unitaire de 105,8 euros le 5 mars.
Trois scénarios peuvent se dérouler un mois plus tard, soit le 5 avril
> 1er cas : le CAC 40 perd 10 %
Cette première hypothèse confirme les craintes de l'investisseur, puisque, un mois après, le 5 avril, l'indice CAC 40 a de nouveau abandonné 10 %, pour revenir à 4.836 points. Le put warrant cote 3,01 euros. Il déboucle sa position en warrants et dégage à cette occasion une plus-value de 8.700 euros ((3,01-1,56) x 6.000).
De son côté, le portefeuille d'actions s'est déprécié de 10 %, faisant ressortir une moins-value de 7.500 euros. La stratégie de couverture a parfaitement fonctionné, puisque l'ensemble des opérations se solde par un gain net de 1.200 euros.
Le certificat Flooré vaut quant à lui 190 euros. La revente des 90 certificats fait ressortir une plus-value de 7.578 euros qui compense tout juste la perte subie sur le portefeuille d'actions. Le gain moins élevé sur les certificats Floorés que sur les put warrants (7.578 euros, contre 8.700 euros) provient de la sortie du CAC 40 de la borne basse de 5.200 points du certificat. Pour un recul plus marqué du marché, le certificat Flooré n'aurait pu assurer une couverture aussi efficace du portefeuille de titres. Le choix de put warrants aurait été alors préférable.
> 2e cas : recul limité du marché à 2 %
Le deuxième scénario est celui d'une baisse limitée de 2 % de l'indice de référence à 5.265 points le 5 avril. Le put warrant vaut 1,68 euro, ce qui se traduit par une légère plus-value de 720 euros sur la cession des 6.000 warrants. Elle ne suffit pas à compenser la perte de 1.500 euros dégagée par le portefeuille d'actions qui n'est plus valorisé que 73.500 euros. C'est ce que l'on appelle le coût de l'assurance. Le certificat Flooré cote 124 euros le 5 avril, pour un CAC 40 à 5.265 points. L'investisseur revend ses 90 certificats avec une plus-value de 1.638 euros (124-105,8 = 18,2X90) qui compense en revanche la perte de 1.500 euros subie sur le portefeuille actions.
On s'aperçoit en comparant les deux produits - put warrant et certificat Flooré - que ce dernier instrument offre une meilleure protection du portefeuille en cas de petits mouvements de consolidation de marché. Les warrants sont pénalisés par la perte de valeur-temps.
> 3e cas : nouvelle accélération haussière du CAC 40
L'hypothèse d'une poursuite de la correction envisagée par l'investisseur ne s'est finalement pas vérifiée au cours du mois écoulé. L'indice CAC 40 a, au contraire, rebondi de 10 %, pour inscrire un nouveau record annuel à 5.910 points. Le portefeuille d'actions s'est en conséquence apprécié de 7.500 euros, pour valoir 82.500 euros.
Parallèlement, le put warrant cote, le 5 avril, 0,51 euro. La revente des 6.000 put warrants se traduit par une moins-value de 6.300 euros, inférieure au gain dégagé sur le portefeuille. L'ensemble des deux opérations est donc positif à hauteur de 1.200 euros.
De l'autre côté, le prix du certificat Flooré n'est plus que de 30 euros. Le débouclage de la position de 90 certificats se traduit par une perte de 6.822 euros. L'investisseur dégage également une plus-value de 678 euros. Certes, sans l'opération de couverture de son portefeuille d'actions, l'investisseur aurait pleinement profité du rebond du CAC 40 pour engranger une plus-value de 7.500 euros. Là aussi, c'est ce que l'on appelle le coût de l'assurance.
