La rentabilité des caisses du Crédit Agricole ne cesse de s'améliorer

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Les caisses régionales du Crédit Agricole disposent d'une part de marché national d'environ 20 % en France. Absentes des activités à caractère volatil comme la gestion d'actifs ou la banque d'affaires, leur coeur de métier cible les agences bancaires, qui ont été en grande partie rénovées ces dernières années.
Fortes de 7.500 agences qui se sont orientées très tôt vers la vente de produits complexes (assurance IARD, accidents de la vie) et à valeur ajoutée (crédit à la consommation), les caisses sont rentables, avec une marge nette (résultat net sur produit net bancaire) moyenne d'environ 23 %.
Le produit net bancaire (chiffre d'affaires constitué de la marge sur intérêts, de commissions et du résultat des opérations de portefeuille) des caisses régionales a progressé, selon des données provisoires, de 6 % en moyenne entre 2002 et 2006.
Banques de proximité : un marché mature
Néanmoins, ce chiffre masque un ralentissement, car si l'on isole les revenus purement financiers, notamment les dividendes payés par Crédit Agricole SA, le rythme de croissance moyen du produit net bancaire de la banque de détail en France est retombé l'an passé à environ 4 %.
Ce chiffre indique que les activités de banque de proximité sont matures en France, notamment parce qu'elles sont devenues très concurrentielles. La conjoncture va toutefois rester, selon nous, relativement favorable en 2007 et en 2008, du fait en particulier du vieillissement démographique et de la nécessité pour les Français de préparer leur retraite. Il existe néanmoins une incertitude sur l'évolution du coût de l'argent et même sur la fiscalité du patrimoine, eu égard à la tenue de la prochaine élection présidentielle. Actuellement, les banques de dépôts sont pénalisées par l'aplatissement de la courbe des taux d'intérêt.
Nous tablons sur une croissance récurrente des revenus dans ces activités d'environ 3 % par an. La politique d'ouvertures massives de nouvelles agences va également porter ses fruits progressivement.
Parallèlement à la croissance du marché, la plupart des caisses ont aussi les moyens de contenir la progression de leurs frais généraux, si bien que l'on peut tabler sur une baisse annuelle salutaire de leur coefficient d'exploitation (part des frais généraux dans le produit net bancaire) d'environ 1 point.
Néanmoins, pour parvenir à améliorer le résultat opérationnel, le réseau du Crédit Agricole va rester sous pression, dans la perspective d'un éventuel ralentissement de la production de crédits immobiliers qui pourrait guetter le secteur.
Sur ces bases, les caisses du Crédit Agricole semblent en mesure de dégager une hausse récurrente de leurs résultats de 7 à 9 % par an.
Des caisses situées dans des régions à flux migratoires positifs comme la Brie, l'ouest de la France, la région Rhône-Alpes et le Midi disposent cependant d'un réservoir de croissance plus important. Enfin, il faut noter que le Crédit Agricole du Midi envisage de fusionner avec la caisse du Gard pour devenir le Crédit Agricole du Languedoc. Une assemblée spéciale des porteurs de CCI est prévue le 12 avril. La parité sera de 2 CCI du Languedoc pour 1 CCI du Midi. Cette opération de rapprochement va se traduire par une amélioration de la productivité.
Au final, la quasi-totalité des caisses régionales du Crédit Agricole se traitent sur des multiples de capitalisation très raisonnables sur la base des résultats attendus pour 2007 et 2008.
Et, au fil des ans, l'amélioration du taux de distribution s'est traduite par l'obtention de dividendes plus significatifs. Le certificat de la caisse de Normandie-Seine procure par exemple un rendement de 4 % sur la base d'un coupon de 4,25 euros.
