Les marchés chinois offrent encore des opportunités en 2007

-
par LAURE BURRUS
En quelques séances, durant la semaine du 30 janvier au 5 février, l'indice Shanghai Composite, qui reflète habituellement le dynamisme des marchés financiers chinois, a cédé 10,7 %.
Doit-on pour autant conclure à l'éclatement d'une bulle spéculative en Chine ? C'est en tout cas ce que l'on pouvait croire en janvier à la lecture de nombreux journaux financiers évoquant notamment la dégradation des fondamentaux des entreprises chinoises et le surplus de liquidités sur les marchés... Cependant, la forte correction de la semaine dernière n'indique pas un changement de tendance. C'est en tout cas l'analyse de Gabriel Gondard, responsable des stratégies d'investissement pour la Société Générale Asset Management à Shanghai : « Les fonds qui investissent sur le marché chinois ont encore beaucoup de liquidités et opèrent des mouvements de va-et-vient. »
Le volume d'échanges sur la Bourse de Shanghai est en effet en hausse, et ces flux financiers ont provoqué une volatilité accrue de l'indice depuis trois mois. Ce phénomène devrait s'intensifier au cours des prochaines semaines avec la publication des résultats annuels des entreprises chinoises.
Les marchés chinois conservent un potentiel de hausse
Bien que l'indice de Shanghai ne se soit pas entièrement remis de cette récente correction, les analystes restent confiants. Le marché est bien valorisé, mais présente encore un fort potentiel de croissance. « Le retour sur fonds propres des valeurs chinoises est plus faible qu'en Europe, mais leur capacité d'amélioration est bien plus grande », précise Gabriel Gondard.
De plus en plus mature et transparente, la Bourse chinoise parvient à se remettre rapidement des chocs qu'elle subit. « A cause de cette spécificité, la visibilité à moyen terme est réduite sur le marché chinois. Nous prenons plutôt des positions à long terme, supérieures à cinq ans », indique Gabriel Gondard.
L'indice de Shanghai présente quant à lui l'avantage d'être fortement décorrélé des places boursières mondiales, y compris de celles de ses proches voisins. Avec des positions longues sur l'indice chinois, un investisseur peut donc lisser la volatilité de son portefeuille. L'année 2007 devrait s'annoncer prometteuse pour les marchés financiers chinois. A la fin du printemps, une série d'introductions en Bourse devrait animer la place de Shanghai. On évoque notamment la privatisation de l'Agricultural Bank, la quatrième plus grande banque de Chine.
Les rumeurs de convergences entre les Compartiments A et B s'accentuent depuis bientôt six mois. Le marché chinois est en effet divisé entre un Compartiments d'actions A, émises en yuans et destinées aux investisseurs chinois, et un Compartiment d'actions B, en dollars, décotées et réservées aux étrangers.
Les analystes s'attendent à une disparition, au courant de l'année, de cette cloison. Les modalités sont encore totalement inconnues, mais les investisseurs spéculent en prenant des positions sur le Compartiment B, espérant une revalorisation des titres au prix du marché A.
