Archives Journal des Finances

Les techniques des hedge funds apprivoisées par les multigestionnaires

09/02/2007 00:00 - JDF

  Texte plus grand Texte plus petit Séparateur

-

 
A l'inverse des fonds classiques, dont le niveau de risque dépend très largement de l'actif sous-jacent, celui des fonds alternatifs dépend essentiellement des stratégies d'investissement, de l'objectif de performance et, bien sûr, des qualités du gérant. Ainsi, certains fonds visent à obtenir une performance supérieure à celle de l'Eonia et peuvent être commercialisés comme des monétaires dynamiques. Dans cette catégorie, on trouve des fonds de fonds comme CPR Alternatif Court Terme, de CPR AM, qui a gagné 4,08 % en 2006, des fonds d'obligations internationales comme Caaml Arbitrage Var 2, du Crédit Agricole, qui avance de 4 % en 2006, et des fonds diversifiés comme Centrale Arbitrage Volatilité, de CCR Gestion, qui engrange 3,2 % sur la période.

Les fonds de fonds multistratégies et multiclasses d'actifs ont généralement une ambition de performance absolue plus importante et réclament un horizon de placement de moyen-long terme. Ainsi, à fin décembre 2006, HDF Capital Appréciation a obtenu 71,97 % de mois positifs depuis son lancement, au début de 1996, et extériorise un gain de 153,94 %. Spécialisés sur une classe d'actifs ou sur un marché, les fonds de fonds peuvent apporter des performances supérieures encore, mais le risque augmente alors d'un cran. Ainsi, HDF Emerging Markets Equity a progressé de 197,33 % sur dix ans au 31 décembre 2006, grâce aux gains accumulés sur 58,33 % des mois de son existence.

Lexique

> Arbitrage de convertibles : stratégie qui consiste à acheter des obligations convertibles sous-cotées et à vendre à découvert les actions sous-jacentes afin de capter l'écart de prix.

> Arbitrage de crédit : stratégie qui vise à capter l'écart de rémunération entre des créances d'un même émetteur ou d'une même qualité de crédit.

> Arbitrage de taux : stratégie qui vise à tirer profit des mouvements et des déformations de la courbe des taux.

> Event driven : stratégie qui vise à tirer profit des opportunités liées aux événements intervenant dans la vie des entreprises (fusion, acquisition, restructuration, changement de management).

> Fonds de fonds : fonds investi pour plus de 10 % en actions ou en parts d'autres Sicav et fonds de droit français ou étranger.

> Futures : terme anglais qui désigne les contrats à terme qui permettent à un acheteur et à un vendeur de s'engager, l'un à acheter, l'autre à vendre, à une échéance fixée, un instrument financier à un prix décidé le jour de l'engagement.

> Gestion alternative : elle se définit fréquemment comme une gestion décorrélée des indices de marché. Ce type de gestion repose sur des stratégies et des outils diversifiés et complexes. La gestion alternative reste réservée aux investisseurs avertis, le montant initial d'investissement étant actuellement fixé à 10.000 euros.

> Global macro : stratégie qui vise à tirer profit des évolutions de différents agrégats économiques.

> Hedge fund : fonds d'investissement qui utilise des techniques d'arbitrage pour générer de la performance et recourt à l'endettement ou à des produits dérivés pour obtenir un effet de levier.

> Long short : stratégie qui consiste à prendre des positions à l'achat et d'autres à la vente.

> Merger arbitrage : stratégie qui vise à tirer profit de l'écart entre le prix annoncé lors d'opérations de fusion-acquisition et le prix auquel se traite la cible sur le marché.

> OPCVM (organisme de placement collectif en valeurs mobilières) : fonds commun de placement et Sicav investis en actions, obligations, titres de créance, selon les critères affichés dans le prospectus.

> OPCVM à règles d'investissement allégées (Aria) : OPCVM bénéficiant d'assouplissement en termes d'investissement et de stratégie mise en oeuvre. Entrent dans cette catégorie : les OPCVM Aria simples, qui ont la possibilité de déroger aux ratios standards de division des risques, les OPCVM Aria à effet de levier et les OPCVM Aria de fonds alternatifs, qui peuvent investir dans des fonds de droit français ou étranger.

> Prime broker : terme anglais désignant une personne morale qui exerce la compensation et le règlement de transactions initiées par une société de gestion pour le compte d'un OPCVM.

> Produit dérivé : instrument financier spéculatif qui s'appuie sur des valeurs mobilières dites sous-jacent. On trouve dans cette catégorie de produits les contrats à terme, options et swaps.

ENTRETIEN

Christophe Jaubert Directeur des investissements de HDF Finance

« Il faut classer les fonds de multigestion alternative selon leur rapport rendement/risque »

LE JOURNAL DES FINANCES : Les fonds de multigestion alternative proposés aux particuliers sont-ils plus proches des fonds traditionnels que des hedge funds ?

Christophe Jaubert : - Les fonds que nous commercialisons nécessitent tous un investissement minimal initial de 10.000 euros, ce qui peut limiter leur accès. Ils peuvent être investis dans plusieurs types de gestion alternative, ce qui en fait des investissements complémentaires d'un portefeuille classique d'actions et d'obligations.

En raison de la liquidité réduite des fonds sous-jacents, nous demandons un préavis de 10 jours pour les demandes de rachat qui portent sur de faibles montants, et jusqu'à 30, 45 ou 90 jours, selon les fonds, pour les montants importants.

En quoi se différencie un fonds de fonds alternatif multistratégie d'un fonds alternatif multistratégie ?

- Un hedge fund multistratégie est en général constitué d'une population de traders intervenant sur plusieurs classes d'actifs, en utilisant différentes stratégies de gestion, et regroupés dans un même fonds. Cela suppose une équipe constituée de spécialistes sur un grand nombre de marchés. En pratique, il est difficile de développer en interne la somme des différentes compétences requises, et rares sont les institutions ayant été capables de le faire. Par ailleurs, la répartition des expositions du fonds aux différents risques de marché n'est pas toujours choisie : souvent, celle-ci va juste fluctuer en fonction des positions prises par les traders du fonds. Quand les opportunités de rendement dans une stratégie particulière se tarissent, un trader du fonds aura tendance à chercher des opportunités dans un autre domaine qui n'est pas sa spécialité, et donc à s'exposer à des dangers.

En revanche, dans un fonds de multigestion alternative multistratégie, l'allocation dans les différentes stratégies est décidée suivant leurs perspectives de rendement et de risque. Les investissements sont ensuite confiés, au terme d'une sélection rigoureuse, aux meilleurs gérants à travers le monde, aux spécialistes et experts de chacune de ces stratégies. En outre, les contrôles des risques sont multiples car présents non seulement dans chacun des fonds spécialistes sous-jacents, mais également pilotés au niveau du fonds de fonds. Enfin, la diversification est plus grande, puisque reposant sur 40 à 50 équipes de gestion, et non sur quelques personnes.

Que peut-on attendre d'un fonds de fonds alternatif ?

- Nous militons en faveur d'un classement de ces fonds selon leur rapport rendement/risque. Nous avons créé une gamme de fonds dont l'objectif de rendement se situe entre 4 et 6 % mais dont la volatilité reste très faible (HDF Arbitrage), une gamme multistratégie un peu plus risquée dont le rendement espéré va de 6 à 9 % au prix d'une volatilité un peu plus forte (HDF Multi Alternative) et une gamme de multigestion alternative monostratégie dont la performance visée est de 9 à 13 % mais dont la volatilité sera supérieure (HDF Global Opportunities). Les souscripteurs de ces fonds peuvent tabler sur un rendement régulier et surtout bénéficient d'une protection contre les baisses prolongées du marché.

Un fonds de fonds alternatif peut-il devenir l'élément central d'un portefeuille de placement ?

- Oui, un fonds tel que HDF Capital Appréciation peut constituer la partie coeur d'un portefeuille de valeurs mobilières. Il s'agit d'un fonds multiclasse d'actifs (actions et obligations), multistyle et multigérant qui peut recourir à de nombreuses stratégies d'investissement (traditionnel et alternatif). Sur les dix dernières années, le fonds n'a jamais enregistré de perte annuelle et en 2006 il a gagné 10,11 %. Du fait de la combinaison des classes d'actifs et de la flexibilité de sa gestion, il est difficile de le classer dans les catégories traditionnelles : son objectif est de générer de la performance quelles que soient les configurations de marché.

Propos recueillis par Joël Antoine

Trois classes de risque

> A l'inverse des fonds classiques, dont le niveau de risque dépend très largement de l'actif sous-jacent, celui des fonds alternatifs dépend essentiellement des stratégies d'investissement, de l'objectif de performance et, bien sûr, des qualités du gérant. Ainsi, certains fonds visent à obtenir une performance supérieure à celle de l'Eonia et peuvent être commercialisés comme des monétaires dynamiques. Dans cette catégorie, on trouve des fonds de fonds comme CPR Alternatif Court Terme, de CPR AM, qui a gagné 4,08 % en 2006, des fonds d'obligations internationales comme Caaml Arbitrage Var 2, du Crédit Agricole, qui avance de 4 % en 2006, et des fonds diversifiés comme Centrale Arbitrage Volatilité, de CCR Gestion, qui engrange 3,2 % sur la période.

Les fonds de fonds multistratégies et multiclasses d'actifs ont généralement une ambition de performance absolue plus importante et réclament un horizon de placement de moyen-long terme. Ainsi, à fin décembre 2006, HDF Capital Appréciation a obtenu 71,97 % de mois positifs depuis son lancement, au début de 1996, et extériorise un gain de 153,94 %. Spécialisés sur une classe d'actifs ou sur un marché, les fonds de fonds peuvent apporter des performances supérieures encore, mais le risque augmente alors d'un cran. Ainsi, HDF Emerging Markets Equity a progressé de 197,33 % sur dix ans au 31 décembre 2006, grâce aux gains accumulés sur 58,33 % des mois de son existence.

Lexique

> Arbitrage de convertibles : stratégie qui consiste à acheter des obligations convertibles sous-cotées et à vendre à découvert les actions sous-jacentes afin de capter l'écart de prix.

> Arbitrage de crédit : stratégie qui vise à capter l'écart de rémunération entre des créances d'un même émetteur ou d'une même qualité de crédit.

> Arbitrage de taux : stratégie qui vise à tirer profit des mouvements et des déformations de la courbe des taux.

> Event driven : stratégie qui vise à tirer profit des opportunités liées aux événements intervenant dans la vie des entreprises (fusion, acquisition, restructuration, changement de management).

> Fonds de fonds : fonds investi pour plus de 10 % en actions ou en parts d'autres Sicav et fonds de droit français ou étranger.

> Futures : terme anglais qui désigne les contrats à terme qui permettent à un acheteur et à un vendeur de s'engager, l'un à acheter, l'autre à vendre, à une échéance fixée, un instrument financier à un prix décidé le jour de l'engagement.

> Gestion alternative : elle se définit fréquemment comme une gestion décorrélée des indices de marché. Ce type de gestion repose sur des stratégies et des outils diversifiés et complexes. La gestion alternative reste réservée aux investisseurs avertis, le montant initial d'investissement étant actuellement fixé à 10.000 euros.

> Global macro : stratégie qui vise à tirer profit des évolutions de différents agrégats économiques.

> Hedge fund : fonds d'investissement qui utilise des techniques d'arbitrage pour générer de la performance et recourt à l'endettement ou à des produits dérivés pour obtenir un effet de levier.

> Long short : stratégie qui consiste à prendre des positions à l'achat et d'autres à la vente.

> Merger arbitrage : stratégie qui vise à tirer profit de l'écart entre le prix annoncé lors d'opérations de fusion-acquisition et le prix auquel se traite la cible sur le marché.

> OPCVM (organisme de placement collectif en valeurs mobilières) : fonds commun de placement et Sicav investis en actions, obligations, titres de créance, selon les critères affichés dans le prospectus.

> OPCVM à règles d'investissement allégées (Aria) : OPCVM bénéficiant d'assouplissement en termes d'investissement et de stratégie mise en oeuvre. Entrent dans cette catégorie : les OPCVM Aria simples, qui ont la possibilité de déroger aux ratios standards de division des risques, les OPCVM Aria à effet de levier et les OPCVM Aria de fonds alternatifs, qui peuvent investir dans des fonds de droit français ou étranger.

> Prime broker : terme anglais désignant une personne morale qui exerce la compensation et le règlement de transactions initiées par une société de gestion pour le compte d'un OPCVM.

> Produit dérivé : instrument financier spéculatif qui s'appuie sur des valeurs mobilières dites sous-jacent. On trouve dans cette catégorie de produits les contrats à terme, options et swaps.

ENTRETIEN

Christophe Jaubert Directeur des investissements de HDF Finance

« Il faut classer les fonds de multigestion alternative selon leur rapport rendement/risque »

LE JOURNAL DES FINANCES : Les fonds de multigestion alternative proposés aux particuliers sont-ils plus proches des fonds traditionnels que des hedge funds ?

Christophe Jaubert : - Les fonds que nous commercialisons nécessitent tous un investissement minimal initial de 10.000 euros, ce qui peut limiter leur accès. Ils peuvent être investis dans plusieurs types de gestion alternative, ce qui en fait des investissements complémentaires d'un portefeuille classique d'actions et d'obligations.

En raison de la liquidité réduite des fonds sous-jacents, nous demandons un préavis de 10 jours pour les demandes de rachat qui portent sur de faibles montants, et jusqu'à 30, 45 ou 90 jours, selon les fonds, pour les montants importants.

En quoi se différencie un fonds de fonds alternatif multistratégie d'un fonds alternatif multistratégie ?

- Un hedge fund multistratégie est en général constitué d'une population de traders intervenant sur plusieurs classes d'actifs, en utilisant différentes stratégies de gestion, et regroupés dans un même fonds. Cela suppose une équipe constituée de spécialistes sur un grand nombre de marchés. En pratique, il est difficile de développer en interne la somme des différentes compétences requises, et rares sont les institutions ayant été capables de le faire. Par ailleurs, la répartition des expositions du fonds aux différents risques de marché n'est pas toujours choisie : souvent, celle-ci va juste fluctuer en fonction des positions prises par les traders du fonds. Quand les opportunités de rendement dans une stratégie particulière se tarissent, un trader du fonds aura tendance à chercher des opportunités dans un autre domaine qui n'est pas sa spécialité, et donc à s'exposer à des dangers.

En revanche, dans un fonds de multigestion alternative multistratégie, l'allocation dans les différentes stratégies est décidée suivant leurs perspectives de rendement et de risque. Les investissements sont ensuite confiés, au terme d'une sélection rigoureuse, aux meilleurs gérants à travers le monde, aux spécialistes et experts de chacune de ces stratégies. En outre, les contrôles des risques sont multiples car présents non seulement dans chacun des fonds spécialistes sous-jacents, mais également pilotés au niveau du fonds de fonds. Enfin, la diversification est plus grande, puisque reposant sur 40 à 50 équipes de gestion, et non sur quelques personnes.

Que peut-on attendre d'un fonds de fonds alternatif ?

- Nous militons en faveur d'un classement de ces fonds selon leur rapport rendement/risque. Nous avons créé une gamme de fonds dont l'objectif de rendement se situe entre 4 et 6 % mais dont la volatilité reste très faible (HDF Arbitrage), une gamme multistratégie un peu plus risquée dont le rendement espéré va de 6 à 9 % au prix d'une volatilité un peu plus forte (HDF Multi Alternative) et une gamme de multigestion alternative monostratégie dont la performance visée est de 9 à 13 % mais dont la volatilité sera supérieure (HDF Global Opportunities). Les souscripteurs de ces fonds peuvent tabler sur un rendement régulier et surtout bénéficient d'une protection contre les baisses prolongées du marché.

Un fonds de fonds alternatif peut-il devenir l'élément central d'un portefeuille de placement ?

- Oui, un fonds tel que HDF Capital Appréciation peut constituer la partie coeur d'un portefeuille de valeurs mobilières. Il s'agit d'un fonds multiclasse d'actifs (actions et obligations), multistyle et multigérant qui peut recourir à de nombreuses stratégies d'investissement (traditionnel et alternatif). Sur les dix dernières années, le fonds n'a jamais enregistré de perte annuelle et en 2006 il a gagné 10,11 %. Du fait de la combinaison des classes d'actifs et de la flexibilité de sa gestion, il est difficile de le classer dans les catégories traditionnelles : son objectif est de générer de la performance quelles que soient les configurations de marché.

Propos recueillis par Joël Antoine

par JOEL ANTOINE