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La moisson des résultats des sociétés américaines pourrait réserver de bonnes surprises

19/01/2007 00:00 - JDF

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General Electric retrouvera-t-il enfin cette année les faveurs de la Bourse ? Depuis sa lourde chute de 70 % entre septembre 2000 et février 2003, le titre du conglomérat américain reste boudé par les investisseurs. L'an dernier, son cours s'est même replié jusqu'à 4 % malgré de belles performances financières. Les comptes 2006 devraient se solder par une hausse du chiffre d'affaires supérieure à 10 % (autour de 167 milliards de dollars) et par une progression plus importante de 15 à 16 % du bénéfice net (19 milliards).

Or, l'année 2007 s'annonce de la même veine. Les dirigeants anticipent une croissance de 10 à 13 % du résultat net, pour un niveau d'activité en augmentation de près de 8 %. General Electric devrait continuer à rationaliser son portefeuille d'activités avec l'objectif de se recentrer sur les métiers les plus rentables. En l'espace de quatre ans, le groupe a cédé près de 30 milliards d'euros d'actifs dans l'assurance, l'industrie du diamant, ou encore dans les climatiseurs.

Dans le même temps, il a mis la main sur 65 milliards d'euros de chiffre d'affaires dans des domaines aussi divers que les équipements médicaux, les systèmes de sécurité, le traitement de l'eau, mais également les services financiers. Ces derniers représentent désormais près de 40 % du chiffre d'affaires et plus de la moitié des bénéfices générés par General Electric.

L'année a commencé sur les chapeaux de roue puisque le géant américain a acquis le groupe d'ingénierie pétrolière Vecto Gray ainsi que la division aéronautique du britannique Smiths Group.

Il ne manque plus que cette stratégie porte enfin ses fruits en Bourse, ce qui couronnerait tout le travail accompli par le président Jeffrey Immelt depuis son arrivée à la tête du groupe, il y a un peu plus de cinq ans.

Le titre, qui se négocie à peine 19 fois les estimations de résultats 2007, mérite une meilleure valorisation.

JP Morgan Chase a dégagé un profit record en 2006

> Présent dans 50 pays, le géant bancaire new-yorkais a profité d'un dernier trimestre 2006 tonitruant pour dégager un résultat net record de 16,1 milliards de dollars l'an dernier (+ 70 %). La firme a bénéficié notamment d'une activité très dynamique dans le domaine de la banque d'investissement (22 % des profits consolidés), dont le résultat net a bondi de 51 % sur un an.

Certains éléments ont tout particulièrement contribué à la fête, comme l'activité de crédits syndiqués, l'émission d'obligations et plus généralement toutes les activités de taux. Selon l'institut Déalogic, JP Morgan se situe même au premier rang mondial cette année sur le critère des revenus tirés de la banque d'investissement et au deuxième rang en tant qu'intervenant dans les fusions-acquisitions en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique.

La branche cartes de crédit (16 % du résultat consolidé) est restée également bien orientée. Après ce bénéfice record, il est difficile de savoir si le groupe bancaire pourra encore faire mieux. Il existe une tendance palpable de remontée des risques (défauts de paiement) en provenance aussi bien des particuliers que des entreprises. De plus, les activités de marché, dans lesquelles JP Morgan Chase excelle, sont assez volatiles. Toutefois, les marchés financiers restent bien orientés et l'économie américaine s'achemine au pire vers une croissance molle. La banque semble en mesure d'augmenter encore de 10 % ses profits en 2007, grâce à la reprise de certaines agences de Bank of New York ainsi qu'à une bonne maîtrise des coûts. Selon le consensus des analystes, avec une capitalisation de 172 milliards de dollars, la banque se traite sur une base de 10,7 fois les estimations de profit pour 2008, ce qui n'a rien d'excessif. Et le rendement prévisionnel devrait ressortir à 2,83 % au titre de l'exercice 2006. Le titre ne capitalise d'ailleurs que 1,44 fois l'actif net comptable.

Vers un ralentissement de l'économie en 2007

Avec un taux de croissance moyen du PIB de 3,15 % sur les quatre dernières années, l'économie américaine affiche un dynamisme insolent comparé aux autres membres de l'OCDE, selon les statistiques du Bureau d'analyses économiques des Etats-Unis (BEA). Les indicateurs économiques du quatrième trimestre 2006 ne seront connus que la semaine prochaine, mais la banque d'investissement suisse UBS table déjà sur une hausse du PIB supérieure à 3 %.

Principal facteur de croissance, la consommation des ménages a été bien orientée. Elle représente jusqu'à 70 % du PIB et a augmenté de 4 % au dernier trimestre 2006.

Encouragés par une progression de 2,2 % de leur pouvoir d'achat, les ménages américains ont été dépensiers au point que leur épargne est désormais négative. La richesse des Américains a été dopée par les extractions hypothécaires (prêts adossés à des hypothèques) et par une augmentation moyenne des salaires de 5 % en 2006, combinées à une inflation modérée. Le marché de l'emploi est toujours dynamique et le taux de chômage a été ramené de 5,1 % en 2005 à 4,5 % en décembre 2006.

Tirée par la demande interne et par une hausse des exportations, la production industrielle a été soutenue : son principal indicateur, le taux d'utilisation des capacités de production, a atteint un niveau record de 81 % en moyenne. Ce résultat s'est traduit par des investissements importants, principalement dans les industries de biens de consommations. Seule l'automobile a subi un revers, en raison des difficultés des constructeurs liées au provisionnement des retraites, à la concurrence asiatique et au coût de l'essence. En revanche, les prévisions pour 2007 sont plus réservées. Le retournement de l'investissement immobilier, en partie provoqué par la hausse des taux d'intérêt, pourrait atténuer cet enthousiasme général. Il a chuté de 8 % depuis son niveau le plus haut, au courant de l'année 2005, provoquant des baisses de revenu dans le secteur du bâtiment et de la construction.

D'un optimisme hors pair, le vice-président de la FED, Donald Khon, a toutefois déclaré que « les indicateurs suggèrent une poursuite de la croissance de l'activité au cours des prochains trimestres ». De même, l'Institut of Supply Management prévoit une hausse des investissements en 2007, car les marges des entreprises sont orientées à la hausse.

Plus sceptique, M. Hoefert, économiste chez UBS Wealth Management, estime que le retournement immobilier générera une hausse de l'épargne. « Pour 2006, les extractions hypothécaires ont représenté entre 6 et 10 % du revenu. Les ménages n'ont pas hésité à hypothéquer leurs biens immobiliers, valorisés par la bulle, pour s'endetter et dépenser. »

La consommation des ménages américains, qui a jusqu'à présent tiré la croissance américaine, risque d'en pâtir. « Certes les Etats-Unis ont fini 2006 en beauté, mais nous anticipons un retournement de la tendance en matière de croissance pour les trimestres à venir », explique M. Hoefert. Ce sentiment est partagé par les économistes de BNP-Paribas, qui tablent sur une croissance inférieure à 2 % pour 2007, en raison de la baisse du secteur immobilier, pivot de la croissance économique américaine.

Procter & Gamble a réussi l'intégration de Gillette

> Avec un chiffre d'affaires de 68,2 milliards de dollars et 22 marques qui engrangent chacune plus de 1 milliard de facturations, Procter est le leader mondial des produits de grande consommation, devant le néerlandais Unilever. Le 30 janvier, le propriétaire des enseignes Pampers, Pringle et Ariel présentera les résultats du deuxième trimestre de son exercice 2006/2007. Après un début d'année meilleur que prévu, le groupe devrait délivrer une croissance organique des ventes comprise entre 4 et 7 % ainsi qu'un bénéfice net par action compris entre 0,81 et 0,83 dollar (+ 12,5 %). La marge opérationnelle devrait, quant à elle, s'améliorer de 0,5 à 1 point. Mi-décembre 2006, la direction a relevé ses objectifs annuels en tablant sur un accroissement de 9 à 11 % de l'activité. Le bénéfice net par action progressera d'au moins 13 %, pour se situer dans la fourchette de 2,93 à 3,02 dollars. Dix-huit mois après l'acquisition de Gillette, qui a donné à Procter & Gamble l'accès au premier rang de son secteur, tous les indicateurs sont au vert. L'action, qui a grimpé de 12 % sur un an, s'échange à son plus haut niveau historique à la Bourse de New York.

L'intégration du célèbre fabricant de rasoirs se déroule comme prévu. L'impact négatif de cette acquisition, de 57 milliards de dollars, sur le bénéfice net par action se situe pour le moment dans la fourchette basse des prévisions (0,2 à 0,23 dollar). Les synergies sont attendues entre 1 et 1,2 milliard de dollars à l'horizon 2008, tandis que l'effet sur les marges est déjà positif.

Dans une optique de plus long terme, l'objectif est de délivrer une croissance annuelle des ventes comprise entre 5 et 7 %, hors effet de change, et une hausse à deux chiffres du bénéfice net par action

General Electric multiplie les acquisitions

> General Electric retrouvera-t-il enfin cette année les faveurs de la Bourse ? Depuis sa lourde chute de 70 % entre septembre 2000 et février 2003, le titre du conglomérat américain reste boudé par les investisseurs. L'an dernier, son cours s'est même replié jusqu'à 4 % malgré de belles performances financières. Les comptes 2006 devraient se solder par une hausse du chiffre d'affaires supérieure à 10 % (autour de 167 milliards de dollars) et par une progression plus importante de 15 à 16 % du bénéfice net (19 milliards).

Or, l'année 2007 s'annonce de la même veine. Les dirigeants anticipent une croissance de 10 à 13 % du résultat net, pour un niveau d'activité en augmentation de près de 8 %. General Electric devrait continuer à rationaliser son portefeuille d'activités avec l'objectif de se recentrer sur les métiers les plus rentables. En l'espace de quatre ans, le groupe a cédé près de 30 milliards d'euros d'actifs dans l'assurance, l'industrie du diamant, ou encore dans les climatiseurs.

Dans le même temps, il a mis la main sur 65 milliards d'euros de chiffre d'affaires dans des domaines aussi divers que les équipements médicaux, les systèmes de sécurité, le traitement de l'eau, mais également les services financiers. Ces derniers représentent désormais près de 40 % du chiffre d'affaires et plus de la moitié des bénéfices générés par General Electric.

L'année a commencé sur les chapeaux de roue puisque le géant américain a acquis le groupe d'ingénierie pétrolière Vecto Gray ainsi que la division aéronautique du britannique Smiths Group.

Il ne manque plus que cette stratégie porte enfin ses fruits en Bourse, ce qui couronnerait tout le travail accompli par le président Jeffrey Immelt depuis son arrivée à la tête du groupe, il y a un peu plus de cinq ans.

Le titre, qui se négocie à peine 19 fois les estimations de résultats 2007, mérite une meilleure valorisation.

JP Morgan Chase a dégagé un profit record en 2006

> Présent dans 50 pays, le géant bancaire new-yorkais a profité d'un dernier trimestre 2006 tonitruant pour dégager un résultat net record de 16,1 milliards de dollars l'an dernier (+ 70 %). La firme a bénéficié notamment d'une activité très dynamique dans le domaine de la banque d'investissement (22 % des profits consolidés), dont le résultat net a bondi de 51 % sur un an.

Certains éléments ont tout particulièrement contribué à la fête, comme l'activité de crédits syndiqués, l'émission d'obligations et plus généralement toutes les activités de taux. Selon l'institut Déalogic, JP Morgan se situe même au premier rang mondial cette année sur le critère des revenus tirés de la banque d'investissement et au deuxième rang en tant qu'intervenant dans les fusions-acquisitions en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique.

La branche cartes de crédit (16 % du résultat consolidé) est restée également bien orientée. Après ce bénéfice record, il est difficile de savoir si le groupe bancaire pourra encore faire mieux. Il existe une tendance palpable de remontée des risques (défauts de paiement) en provenance aussi bien des particuliers que des entreprises. De plus, les activités de marché, dans lesquelles JP Morgan Chase excelle, sont assez volatiles. Toutefois, les marchés financiers restent bien orientés et l'économie américaine s'achemine au pire vers une croissance molle. La banque semble en mesure d'augmenter encore de 10 % ses profits en 2007, grâce à la reprise de certaines agences de Bank of New York ainsi qu'à une bonne maîtrise des coûts. Selon le consensus des analystes, avec une capitalisation de 172 milliards de dollars, la banque se traite sur une base de 10,7 fois les estimations de profit pour 2008, ce qui n'a rien d'excessif. Et le rendement prévisionnel devrait ressortir à 2,83 % au titre de l'exercice 2006. Le titre ne capitalise d'ailleurs que 1,44 fois l'actif net comptable.

par LAURE BURRUS et CATHERINE REKIK