Les valeurs moyennes offrent encore de belles perspectives pour 2007

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Portées par de belles perspectives de profits, les valeurs moyennes ont débuté l'année 2006 en fanfare. A tel point que les niveaux de valorisation des petites et moyennes capitalisations boursières ont largement dépassé ceux des grandes valeurs au cours des trois premiers mois de l'année. L'afflux de liquidités sur les marchés actions a contribué à soutenir ce phénomène, mais le retour de bâton n'en a été que plus violent. Après avoir touché un plus haut niveau le 11 mai, l'indice Mid & Small 190 a, en quelques séances, amplifié la baisse des marchés financiers. Du coup, de nombreux gérants, par souci de liquidité, ont choisi d'alléger leurs positions sur les valeurs moyennes. Selon Euronext, les montants des capitaux mensuels traités sur les Compartiments B et C ont fondu de 31,1 % et de 63,8 % de mars à juin.
Malgré ce léger vent de panique au printemps, l'indice Mid 100 termine une nouvelle fois l'année en beauté, sur une hausse supérieure à 28 %, contre 16,4 % pour le CAC 40. Le CAC Small 90, qui regroupe les petites capitalisations boursières, affiche quant à lui un gain moins important de 13,8 %. Ce nouveau succès s'explique notamment par de meilleures perspectives de croissance des bénéfices pour les petites et moyennes que pour les grandes. La progression du bénéfice net par action des valeurs composant l'indice Mid & Small 190 est attendue en moyenne autour de 14 %, contre 9 % pour les quarante plus grandes valeurs cotées à la Bourse de Paris. De plus, la curée du printemps a permis à de nombreux gérants de fonds spécialisés sur les valeurs moyennes de revenir sur des titres injustement sanctionnés.
Un compartiment tiré par les perspectives de croissance en Europe
Le contexte demeure donc porteur pour ce compartiment de la cote. Selon Bruno Le Chevallier, gérant d'un fonds de valeurs moyennes, chez UBS Wealth Management, qui a enregistré une performance d'environ 28 % en 2006, « au fur et à mesure que les chiffres de la croissance économique européenne s'améliorent, notamment en Allemagne, les valeurs moyennes reviennent sur le devant de la scène ». Pour ce gérant, tant que rien ne remet en cause les prévisions de croissance de la zone euro, les valeurs moyennes devraient continuer à bien se comporter. « Le contexte reste porteur. Nous sommes dans un cycle de croissance forte et durable, grâce notamment au dynamisme de la Chine et de l'Inde. Il y a peu de pression sur les taux et, pour l'heure, il n'y a pas d'inquiétude à avoir sur les prix de l'énergie », avance Bruno Le Chevallier pour justifier son optimisme à court terme. Il confirme par ailleurs que les valeurs moyennes bénéficient d'une prime de 15 à 20 % par rapport aux grandes capitalisations boursières, qui se justifie par des prévisions de croissance plus élevées. « Si l'on part du principe que la correction a été plus sévère pour les petites capitalisations boursières, on peut imaginer que ce sont celles qui pourraient rebondir début 2007. Mais s'il y a des thèmes d'investissement à privilégier, c'est surtout celui des infrastructures ferroviaires ou routières, avec des valeurs comme Faiveley, et celui de la consommation », explique le gérant d'UBS Wealth Management.
De son côté, Marie-Ange Verdickt, gérante à la Financière de l'Echiquier, se montre plus prudente : « L'année 2006 a été à nouveau très dynamique et il est de plus en plus difficile de trouver de bons dossiers. Comme il n'y a plus de sous-valorisation flagrante, il convient d'être encore plus sélectif. » C'est en Allemagne, en Suisse et aux Pays-Bas, où les niveaux de valorisation sont plus raisonnables, que les experts de cette société de gestion vont dénicher de nouvelles idées d'investissements. En Allemagne, notamment, où jusqu'à présent les valeurs moyennes étaient très peu suivies. On y trouve ainsi des leaders locaux ou des sociétés très compétitives à l'international à des niveaux de valorisation encore attrayants. En France, les secteurs porteurs comme les maisons de retraite ou les énergies renouvelables se paient déjà très cher. « Il faut identifier des beaux projets qui ont connu un accident de parcours, lié à des problèmes conjoncturels, par exemple, mais qui offrent de belles perspectives de croissance sur le moyen terme », explique Marie-Ange Verdickt. Et pourquoi ne pas s'intéresser également à des sociétés récemment introduites en Bourse qui n'ont pas suscité un réel enthousiasme chez les investisseurs ? L'univers des valeurs moyennes, qui se compose de plus de 1.000 sociétés, offrira donc en 2007 de nouvelles opportunités d'investissement... à condition de se montrer plus sélectif que jamais.
