La Bourse consolide autour de 5.100 points

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> A l'instar de cette ancienne coutume romaine qui préconisait de casser des oeufs pour purifier l'atmosphère au début du printemps, la Bourse de Paris s'offre une petite purge à la veille de Pâques, après les excès de ces dernières semaines. Il convient d'admettre que les marchés d'actions ont largement profité du climat d'OPA qui règne actuellement dans les salles de marché, comme en témoigne la progression de 8 % de l'indice CAC 40 depuis le début de l'année. Ainsi, sur fond de nouvelle flambée de l'or noir et dans un contexte de resserrement de la politique monétaire, les investisseurs ont procédé à quelques prises de bénéfices, entraînant un recul hebdomadaire de 2,29 % de l'indice parisien.
« Je pense qu'une certaine vigilance s'impose par rapport aux niveaux de valorisation actuels du compartiment des actions, compte tenu des pressions constatées sur les taux d'intérêt américains. Il est néanmoins difficile de parler de bulle, dans la mesure où les entreprises ont significativement amélioré leur situation de trésorerie et affichent aujourd'hui une rentabilité plus saine qu'en 2000. Il est possible que certains secteurs sous-évalués, comme celui de la distribution, puissent profiter d'opérations d'arbitrages favorables », note Marie-Ange Verdykt, gérante à la Financière de l'Echiquier.
Plusieurs éléments conjoncturels ont alerté la communauté financière. Les craintes de pénurie de pétrole, alimentées par les relations électriques entre l'Iran et les Etats-Unis, ont en effet poussé le baril de brent vers de nouveaux records historiques, à près de 70 dollars.
Du côté des statistiques, le baromètre mensuel ZEW, compilant les attentes du secteur financier pour l'économie allemande, a jeté un froid. Il est ressorti en baisse, à 62,7 points, en avril, contre 65 points escomptés par les économistes.
En outre, la Commission européenne a révisé, pour la première fois, en baisse, mercredi, ses prévisions de croissance pour la zone euro pour les trois premiers trimestres de l'année 2006, alors qu'elle tenait depuis le début de l'année un discours plutôt optimiste. Pour cette période, elle table désormais sur une fourchette de progression du PIB comprise entre 0,2 et 0,8 %, contre une échelle de 0,4 à 0,9 % précédemment évoquée.
A quelques rares exceptions près, la majorité des sociétés du CAC 40 ont fait l'objet de prises de bénéfices sans raisons fondamentales apparentes. Seul le Crédit Agricole, qui affiche un repli de 3,76 % sur la semaine, a pâti des perspectives de relèvement du loyer de l'argent.
Parmi les bons élèves de la semaine figure Carrefour (+ 3,19 %). Le distributeur a agréablement surpris la communauté financière en annonçant une hausse encourageante de 8,3 % de son chiffre d'affaires au cours du premier trimestre.
