Archives Journal des Finances

Notre sélection de valeurs dont le potentiel de hausse est compris entre 15 et 35 %

24/03/2006 00:00 - JDF

  Texte plus grand Texte plus petit Séparateur

-

 

Parmi les 134 plus grandes valeurs de la cote admises au SRD (Service de règlement différé), nous avons sélectionné les sociétés offrant les plus forts potentiels de hausse à un horizon de dix-huit mois. Notre liste ne retient cependant que nos valeurs préférées, offrant une bonne visibilité et disposant de fondamentaux solides, en excluant les paris les plus spéculatifs (par exemple, Rhodia, Trader Classified Media ou encore Avenir Télécom). Après les fortes hausses intervenues au cours de ces derniers mois, notre objectif est de repérer les valeurs les mieux placées pour profiter d'une poursuite de la hausse.

VINCI Un retard de valorisation à combler

La hausse de 7,6 % du titre Vinci observée les 17 et 20 mars, séances au cours desquelles 3,63 % du capital du leader mondial des concessions et du BTP ont changé de mains, a permis de réduire une partie de la décote dont souffre Vinci par rapport à Eiffage depuis l'attribution le 14 décembre 2005 par l'Etat des concessions d'autoroutes ASF et APRR à ces deux sociétés. Le titre Vinci n'a progressé que de 16,3 % depuis le 14 décembre alors que celui de son concurrent s'est envolé de 55,9 % sous l'effet spéculatif des deux franchissements de seuil de l'espagnol Sacyr Vallehermoso qui détenait aux dernières nouvelles 10,01 % du capital d'Eiffage (61 %) et de l'entrée d'Albert Frère à son tour de table. Il n'en reste pas moins que Vinci affiche une décote de 12,3 % par rapport à Eiffage en termes de valeur d'entreprise sur excédent brut d'exploitation attendu pour 2006 (9,03 fois, contre 10,3 fois pour Eiffage). Ce retard de valorisation est lié à la perspective d'une prochaine augmentation de capital de l'ordre de 2 milliards d'euros que le groupe devrait lancer fin avril, début mai, sans doute après la clôture de l'OPA sur ASF, afin de financer une partie de l'acquisition de la société d'autoroutes (9,1 milliards d'euros). Une fois l'augmentation de capital réalisée, les fondamentaux de Vinci et son nouveau profil renforcé dans les concessions devraient reprendre leurs droits dans la valorisation du titre en Bourse. Son capital non verrouillé, puisque les salariés sont les premiers actionnaires du groupe avec 9 % des titres, introduit également un intérêt spéculatif lié à l'entrée au tour de table d'un candidat recalé à la privatisation sur les autoroutes (l'italien Autostrade, par exemple). Nous relevons notre objectif de cours à 101 euros (code : DG ; Comp. A, SRD).

M6 Un repositionnement généraliste qui ouvre de nouvelles perspectives

Historiquement plus rentable que son concurrent direct TF1, et totalement désendetté, le deuxième groupe de télévision français privé nourrit de grandes ambitions de conquêtes pour les années à venir. L'ex « petite chaîne qui monte » est en passe de réussir son changement de profil en devenant une grande chaîne généraliste, avec à la clé un élargissement de son audience et un pouvoir de négociation plus important auprès des annonceurs sur le tarif de spots publicitaires diffusés sur l'antenne.

Bref, elle est dans une position idéale pour profiter de l'ouverture des écrans hertziens au secteur de la grande distribution, à compter du 1er janvier 2007, qui aura un impact significatif sur les recettes publicitaires. Par ailleurs, le groupe présidé par Nicolas de Tavernost mène une stratégie de diversification qui est encore mal valorisée.

Depuis l'année dernière, il a lancé avec succès une offre de téléphonie mobile et a renforcé son pôle de vente à distance avec le rachat du site en ligne Mistergooddeal. Enfin, le rapprochement en cours entre TPS et Canal+ donnera une vraie valeur à la participation minoritaire de 5,1 % que le groupe conservera dans le nouvel ensemble au moins jusqu'en 2009. La revente de cette participation, le moment venu, se traduira par un profit substantiel qui sera réinvesti dans les programmes et les activités de télévision gratuite.

On pourra donc renforcer les positions avec un objectif à 32 euros (code MMT ; Comp. A, SRD).

LVMH Vers une nouvelle année record

D'habitude plutôt prudent en matière de prévisions, Bernard Arnault, président et principal actionnaire de LVMH, a fait preuve d'un bel optimisme en présentant les résultats 2005 du groupe de luxe. « Rarement, l'environnement n'aura été aussi favorable », a-t-il indiqué. Il faut dire que les effets de change négatifs, qui ont encore pesé sur les comptes à hauteur de 150 millions d'euros l'an dernier, devraient pratiquement disparaître en 2006. Parallèlement, les marques du groupe devraient continuer à creuser l'écart par rapport à leurs concurrentes. Si Louis Vuitton reste la locomotive de LVMH en matière de croissance et de profits, d'autres marques comme Fendi et, dans une moindre mesure Loewe, Pucci et Marc Jacobs devraient prendre le relais dès cette année. Enfin, après avoir opéré un spectaculaire redressement, le pôle distribution sélective semble encore disposer d'un beau potentiel d'appréciation.

En l'absence de nouvelles charges exceptionnelles liées à la fermeture du magasin Samaritaine, dont le coût net a atteint 130 millions d'euros l'an dernier, le bénéfice devrait progresser selon nous de plus de 20 % en 2006.

Grâce à un autofinancement disponible qui dépasse désormais 1,3 milliard d'euros, LVMH devrait continuer à renforcer son bilan. L'an dernier, le ratio d'endettement est déjà retombé à 41 % des fonds propres, contre 61 % en 2004. La valorisation du titre (22 fois les résultats attendus en 2006) n'a rien d'excessif au regard de la bonne visibilité sur l'activité et du niveau élevé des marges. Notre objectif ressort à 95 euros (code : MC, Comp. A ; SRD).

Telefonica Un réservoir de croissance dans les pays émergents

L'opérateur historique espagnol de télécommunications n'est pas, loin s'en faut, notre valeur préférée dans le secteur. Mais elle est celle dont le potentiel de hausse est théoriquement le plus élevé, notamment en raison de la chute du titre depuis la fin du mois d'octobre 2005, dans le sillage de la plupart des opérateurs historiques européens. Ces derniers ont nettement pâti de la concurrence accrue des opérateurs alternatifs qui grignotent des parts du marché traditionnellement juteux de la téléphonie fixe en commercialisant des offres très attrayantes de télécommunications par Internet. Toutefois, Telefonica est dans une bien meilleure posture que ses homologues européens. Grâce à son positionnement dans les pays émergents à forte croissance, notamment en Amérique latine et en Europe de l'Est, l'opérateur espagnol est en mesure de gérer en douceur le déclin inévitable de la téléphonie fixe. Il dispose également d'une structure financière suffisamment solide pour poursuivre des acquisitions génératrices de croissance rentable.

Le titre capitalise moins de 12 fois les bénéfices estimés pour 2006, ce qui est fort peu cher. Nous sommes donc à l'achat sur la valeur, avec un objectif de cours de 16 euros (code : TF ; Marché zone euro, SRD).

Casino Un profil boursier redevenu attrayant

En annonçant son recentrage sur ses activités les plus rentables comme le discount (Franprix/Leader Price) et les magasins de proximité, ainsi qu'un plan de cession d'actifs portant sur 2 milliards d'euros à l'horizon 2007, le groupe de distribution présidé par Jean-Charles Naouri a clairement rassuré la Bourse. D'autant qu'il a aussi décidé de jeter l'éponge sur le dossier Cora qui aurait pu lui coûter 850 millions d'euros et alourdir son bilan.Casino dissipe ainsi les craintes concernant sa capacité à faire face à ses remboursements d'emprunts et à financer l'acquisition de 50 % du capital de Monoprix au cas où Galeries Lafayette exercerait son option de vente. Si tel était le cas, l'opération serait immédiatement positive sur le bénéfice par action du groupe.Casino va donc désormais pouvoir développer sa stratégie de développement sur les segments du marché les plus rentables et sur les zones géographiques à fort potentiel comme l'Asie et l'Amérique latine. Même en France, la visibilité semble s'améliorer puisque les services achats de Casino auraient obtenu de très bons résultats lors de leurs discussions avec les fournisseurs. Le potentiel de rattrapage du titre reste important, notamment au regard de la qualité des actifs, dont l'immobilier, qui représente à lui seul une valeur de 5,2 milliards d'euros. Notre objectif ressort à 67 euros (code : CO ; Comp. A, SRD).

Danone Une proie de choix dans le secteur agroalimentaire

Contrairement à la plupart des valeurs agroalimentaires pénalisées par la faiblesse de la consommation en France et en Europe, Danone parvient à tirer son épingle du jeu. Le groupe affiche la croissance la plus dynamique du secteur grâce notamment à ses positions en Asie, en Amérique du Nord et en Russie. A l'occasion de la publication de ses résultats annuels, le groupe a renouvelé ses objectifs de croissance de 5 à 7 % des ventes en 2006, et cette progression devrait s'accompagner d'une nouvelle amélioration de ses résultats.

Ces dernières semaines, le titre Danone, soutenu par les spéculations, a franchi le seuil symbolique des 100 euros. Les fondamentaux du groupe semblent désormais bien valorisés, mais le titre bénéficie toujours d'une dimension spéculative importante. Opéable, Danone dispose de solides atouts qui en font une proie de choix dans le secteur pour des acteurs tels que Pepsi, Coca ou Kraft en quête de relais de croissance. Notre objectif de cours se situe à 120 euros (code : BN ; Comp. A, SRD).

AXA L'assureur bénéficie d'un environnement très favorable

L'assureur français a signé un bel exercice 2005, avec une progression de 24 % du résultat opérationnel, à près de 3,3 milliards d'euros. A part la branche de réassurance, dont les performances sont par nature assez volatiles, toutes les spécialités du groupe ont contribué à la hausse de la rentabilité.

Axa entame l'exercice 2006 avec un montant d'actifs sous gestion, en hausse de 16 % sur un an, et avec un matelas confortable de plus-values latentes qui devrait lui assurer une grande souplesse dans sa politique de cessions d'actifs à moyen terme.

Le retour en forme des marchés actions, y compris aux Etats-Unis, facilite la collecte de contrats d'assurance-vie en unités de compte. Or, ces derniers constituent des produits rentables pour un assureur. La hausse des taux d'intérêt des deux côtés de l'Atlantique aura également des conséquences favorables.

Au final, la grande question qui agite régulièrement la place est de savoir si Axa va réaliser une acquisition majeure. Les dirigeants d'Axa, qui ont déjà fait leurs preuves dans ce domaine aux Etats-Unis et au Japon, disposent de sérieux atouts pour mener une politique de croissance externe. Le ratio de dettes sur fonds propres ne s'élève qu'à 38 %, et le groupe français génère une forte capacité d'autofinancement. Avec ou sans acquisitions, l'assureur a d'ailleurs pour ambition de doubler de taille et de tripler les bénéfices d'ici à 2012. La reprise de la croissance économique dans le monde, le vieillissement de la population et le désengagement de l'Etat dans le secteur de la santé constituent un environnement porteur. Nous considérons en outre qu'Axa va connaître un taux de croissance supérieur à celui du marché. On profitera du repli récent du titre pour l'acheter, en visant un objectif de cours de 33,50 euros.

(code : CS ; Comp. A, SRD)

BUSINESS OBJECTS Un chiffre d'affaires multiplié par quatre en six ans

La prudence n'est pas appréciée des marchés financiers lorsque l'on se veut être une valeur de croissance. L'éditeur de logiciels d'aide à la décision Business Objects en a fait les frais au début du mois de février lors de la publication de ses résultats 2005, dont les perspectives ont été jugées trop prudentes. Cette frilosité de la Bourse n'est pourtant pas justifiée. Car Business Objects va bien. Très bien même. Son chiffre d'affaires a atteint des niveaux records en dépassant le cap du milliard de dollars, soit presque trois fois celui atteint en 2000. Parallèlement, la marge d'exploitation a grimpé de 3,5 points en un an, pour atteindre 12,3 %, et le résultat net a quasiment doublé, portant la marge nette de 5,1 % à 8,6 % ! Mais la direction de Business Objects prend des gants avec la communauté financière et joue la prudence. Pourtant, les prévisions communiquées sont très encourageantes : le chiffre d'affaires devrait être compris entre 1,21 et 1,23 milliard de dollars, et la marge nette devrait atteindre 12,3 %, soit près de quatre points de plus qu'en 2005 ! Que demander de plus ? Plutôt que de se perdre en conjectures pour répondre à cette question, mieux vaut placer la valeur en portefeuille, avec un objectif de cours maintenu à 42 euros, le statut de valeur de croissance de Business Objects méritant une prime (code : BO ; Comp. A, SRD).

ATOS ORIGIN Un retard injustifié par rapport à Capgemini

Le recours à la sous-traitance en Inde est devenu un avantage compétitif majeur pour toute société de services informatiques qui se veut compétitive sur le marché international. Cela tombe très bien pour Atos Origin qui a été un des tout premiers groupes européens à s'être intéressé à ce pays. Il y emploie actuellement 1.500 personnes et compte en recruter 1.000 de plus cette année, hors éventuelle acquisition dans la région. Avec une hausse de seulement 11 % depuis le début de l'année, l'action du groupe franco-néerlandais a pourtant accumulé un important retard par rapport à la moyenne du marché et surtout vis-à-vis de son concurrent Capgemini qui affiche une hausse de plus 27 % sur la même période. Ce dernier, profitant de sa position de leader en Europe et d'une présence forte aux Etats-Unis, a en effet eu la faveur des grands fonds d'investissement anglo-saxons.

Les dirigeants d'Atos Origin confirment qu'ils attendent une croissance organique d'au moins 5 % du chiffre d'affaires, à un rythme supérieur aux 4 % espérés sur le marché européen des services informatiques, avec une nouvelle amélioration des marges. Notre estimation de bénéfice net pour 2006 est capitalisée moins de 16 fois au cours actuel, à un niveau très inférieur à la moyenne des concurrents. La croissance rapide du groupe en Chine et en Inde, où les facturations ont augmenté de 12 % l'an dernier, constitue un argument de poids pour la valeur. Le groupe, qui dispose d'une structure financière très solide, a les moyens de saisir les meilleures opportunités de croissance externe qui se présenteront en Europe et en Asie (code : ATO ; Comp. A, SRD).

PUBLICIS GROUPE Un modèle de croissance et de rentabilité

En moins de quatre ans, Publicis sera devenu un modèle de croissance et de profitabilité dans l'univers des agences de publicité. Les intégrations réussies de Saatchi & Saatchi en 2001, puis de Bcom3 en 2004 ont donné au groupe une véritable assise mondiale qui lui permet de faire jeu égal, voire mieux que les trois leaders mondiaux : Omnicom, WPP et Interpublic.

2005 aura été l'année de tous les records pour le groupe présidé par Maurice Lévy qui a fait état d'une forte croissance organique de ses revenus (+ 6,8 %) ainsi que d'une marge opérationnelle historique de 15,7 % qu'il envisage de porter à plus de 17 % d'ici à 2008. Pour l'heure, l'année en cours s'annonce sous les meilleurs auspices. Publicis devrait à la fois bénéficier de l'impact en année pleine des nombreux budgets gagnés l'année dernière et d'un environnement publicitaire plus dynamique en Europe.

Par ailleurs, le groupe affiche désormais une situation assainie puisqu'il a nettoyé son bilan et s'est considérablement désendetté au cours des deux dernières années.

Il a donc les moyens d'accélérer sa croissance en saisissant de nouvelles opportunités d'acquisitions, en particulier dans les marketing services. Au cours actuel, l'action est faiblement valorisée puisqu'elle capitalise à peine 15 fois les bénéfices attendus en 2006 ; un multiple inférieur à ceux des autres grands concurrents.

Nous conseillons de renforcer la position avec un objectif de cours à 43 euros (code : PUB, Comp. A, SRD).

THALES De bons fondamentaux et un attrait spéculatif

Le retour du cours de l'action sous la barre des 36 euros constitue une opportunité d'achat sur le groupe d'électronique de défense qui dispose de fondamentaux solides et dont l'attrait spéculatif reste entier.

Sur le front des performances financières, après les bons résultats enregistrés en 2005 (un chiffre d'affaires de 10,26 milliards d'euros et un bénéfice net de 334 millions), l'exercice 2006 se présente très favorablement avec un carnet de commandes de 20 milliards d'euros représentant deux années d'activité. Les objectifs de la direction consistant à faire croître l'activité de 25 %, et le résultat opérationnel d'un tiers à l'horizon 2008 nous paraissent tout à fait accessibles.

Le cours de l'action qui se traite aujourd'hui sur la base de 17 fois les bénéfices attendus pour cette année n'intègre pas la dimension spéculative du dossier. Or même si les rumeurs sont quelque peu retombées au cours de ces dernières semaines, nul doute que le capital de Thales écartelé entre l'Etat (31,3 %), Alcatel (9,5 %) et le Groupe Dassault ouvertement vendeur de sa participation de 5,3 %, soit prochainement appelé à évoluer. Avec, à la clé, un inévitable regain de spéculation sur la valeur, dont les niveaux de valorisation sont très inférieurs aux concurrents anglo-saxons (code : HO ; Comp. A, SRD).

AIR FRANCE-KLM La compagnie aérienne survole la concurrence

Qui aurait cru au lendemain des événements du 11 septembre 2001 qu'Air France allait cinq ans plus tard dégager des résultats records ? Sans doute bien peu de monde. Et pour cause. A l'époque, la communauté financière sous-estimait la capacité de la compagnie aérienne non seulement à résister aux crises (épidémie de sras, guerre en Irak) et aussi à la concurrence imposée par les offres à bas prix. Mais la société a supris le marché par son excellente gestion de la facture de kérosène. Ainsi, le bénéfice d'exploitation d'Air France est passé de 20 millions à 190 millions d'euros au cours du troisième trimestre (1er octobre au 31 décembre 2005), tandis que le résultat net a plus que triplé (77 millions d'euros).

Or les cours de Bourse actuels ne semblent intégrer ni le changement de dimension d'Air France-KLM entraîné par le rachat, en 2004, de la compagnie néerlandaise KLM, ni la solidité financière du groupe. L'action, qui capitalise 12,1 fois les bénéfices attendus en 2006, demeure sous-évaluée par rapport à celle de ses homologues cotés. A titre de comparaison, les multiples de capitalisation 2006 des titres Lufthansa, coté à Francfort, et Iberia, inscrit à Madrid, s'élèvent respectivement à 15,1 et 16,7 fois.

Par ailleurs, la capitalisation boursière de Lufthansa est supérieure d'environ 1 milliard d'euros à celle d'Air France (environ 6,5 milliards), alors même que le résultat d'exploitation de 900 millions d'euros attendu par la direction en 2006 de la compagnie française dépasse d'environ 20 % celui de son concurrent. Acheter avec un objectif de cours de 23,5 euros (code : AF ; Comp. A ; SRD).

VINCI Un retard de valorisation à combler

La hausse de 7,6 % du titre Vinci observée les 17 et 20 mars, séances au cours desquelles 3,63 % du capital du leader mondial des concessions et du BTP ont changé de mains, a permis de réduire une partie de la décote dont souffre Vinci par rapport à Eiffage depuis l'attribution le 14 décembre 2005 par l'Etat des concessions d'autoroutes ASF et APRR à ces deux sociétés. Le titre Vinci n'a progressé que de 16,3 % depuis le 14 décembre alors que celui de son concurrent s'est envolé de 55,9 % sous l'effet spéculatif des deux franchissements de seuil de l'espagnol Sacyr Vallehermoso qui détenait aux dernières nouvelles 10,01 % du capital d'Eiffage (61 %) et de l'entrée d'Albert Frère à son tour de table. Il n'en reste pas moins que Vinci affiche une décote de 12,3 % par rapport à Eiffage en termes de valeur d'entreprise sur excédent brut d'exploitation attendu pour 2006 (9,03 fois, contre 10,3 fois pour Eiffage). Ce retard de valorisation est lié à la perspective d'une prochaine augmentation de capital de l'ordre de 2 milliards d'euros que le groupe devrait lancer fin avril, début mai, sans doute après la clôture de l'OPA sur ASF, afin de financer une partie de l'acquisition de la société d'autoroutes (9,1 milliards d'euros). Une fois l'augmentation de capital réalisée, les fondamentaux de Vinci et son nouveau profil renforcé dans les concessions devraient reprendre leurs droits dans la valorisation du titre en Bourse. Son capital non verrouillé, puisque les salariés sont les premiers actionnaires du groupe avec 9 % des titres, introduit également un intérêt spéculatif lié à l'entrée au tour de table d'un candidat recalé à la privatisation sur les autoroutes (l'italien Autostrade, par exemple). Nous relevons notre objectif de cours à 101 euros (code : DG ; Comp. A, SRD).

M6 Un repositionnement généraliste qui ouvre de nouvelles perspectives

Historiquement plus rentable que son concurrent direct TF1, et totalement désendetté, le deuxième groupe de télévision français privé nourrit de grandes ambitions de conquêtes pour les années à venir. L'ex « petite chaîne qui monte » est en passe de réussir son changement de profil en devenant une grande chaîne généraliste, avec à la clé un élargissement de son audience et un pouvoir de négociation plus important auprès des annonceurs sur le tarif de spots publicitaires diffusés sur l'antenne.

Bref, elle est dans une position idéale pour profiter de l'ouverture des écrans hertziens au secteur de la grande distribution, à compter du 1er janvier 2007, qui aura un impact significatif sur les recettes publicitaires. Par ailleurs, le groupe présidé par Nicolas de Tavernost mène une stratégie de diversification qui est encore mal valorisée.

Depuis l'année dernière, il a lancé avec succès une offre de téléphonie mobile et a renforcé son pôle de vente à distance avec le rachat du site en ligne Mistergooddeal. Enfin, le rapprochement en cours entre TPS et Canal+ donnera une vraie valeur à la participation minoritaire de 5,1 % que le groupe conservera dans le nouvel ensemble au moins jusqu'en 2009. La revente de cette participation, le moment venu, se traduira par un profit substantiel qui sera réinvesti dans les programmes et les activités de télévision gratuite.

On pourra donc renforcer les positions avec un objectif à 32 euros (code MMT ; Comp. A, SRD).

LVMH Vers une nouvelle année record

D'habitude plutôt prudent en matière de prévisions, Bernard Arnault, président et principal actionnaire de LVMH, a fait preuve d'un bel optimisme en présentant les résultats 2005 du groupe de luxe. « Rarement, l'environnement n'aura été aussi favorable », a-t-il indiqué. Il faut dire que les effets de change négatifs, qui ont encore pesé sur les comptes à hauteur de 150 millions d'euros l'an dernier, devraient pratiquement disparaître en 2006. Parallèlement, les marques du groupe devraient continuer à creuser l'écart par rapport à leurs concurrentes. Si Louis Vuitton reste la locomotive de LVMH en matière de croissance et de profits, d'autres marques comme Fendi et, dans une moindre mesure Loewe, Pucci et Marc Jacobs devraient prendre le relais dès cette année. Enfin, après avoir opéré un spectaculaire redressement, le pôle distribution sélective semble encore disposer d'un beau potentiel d'appréciation.

En l'absence de nouvelles charges exceptionnelles liées à la fermeture du magasin Samaritaine, dont le coût net a atteint 130 millions d'euros l'an dernier, le bénéfice devrait progresser selon nous de plus de 20 % en 2006.

Grâce à un autofinancement disponible qui dépasse désormais 1,3 milliard d'euros, LVMH devrait continuer à renforcer son bilan. L'an dernier, le ratio d'endettement est déjà retombé à 41 % des fonds propres, contre 61 % en 2004. La valorisation du titre (22 fois les résultats attendus en 2006) n'a rien d'excessif au regard de la bonne visibilité sur l'activité et du niveau élevé des marges. Notre objectif ressort à 95 euros (code : MC, Comp. A ; SRD).

Telefonica Un réservoir de croissance dans les pays émergents

L'opérateur historique espagnol de télécommunications n'est pas, loin s'en faut, notre valeur préférée dans le secteur. Mais elle est celle dont le potentiel de hausse est théoriquement le plus élevé, notamment en raison de la chute du titre depuis la fin du mois d'octobre 2005, dans le sillage de la plupart des opérateurs historiques européens. Ces derniers ont nettement pâti de la concurrence accrue des opérateurs alternatifs qui grignotent des parts du marché traditionnellement juteux de la téléphonie fixe en commercialisant des offres très attrayantes de télécommunications par Internet. Toutefois, Telefonica est dans une bien meilleure posture que ses homologues européens. Grâce à son positionnement dans les pays émergents à forte croissance, notamment en Amérique latine et en Europe de l'Est, l'opérateur espagnol est en mesure de gérer en douceur le déclin inévitable de la téléphonie fixe. Il dispose également d'une structure financière suffisamment solide pour poursuivre des acquisitions génératrices de croissance rentable.

Le titre capitalise moins de 12 fois les bénéfices estimés pour 2006, ce qui est fort peu cher. Nous sommes donc à l'achat sur la valeur, avec un objectif de cours de 16 euros (code : TF ; Marché zone euro, SRD).

Casino Un profil boursier redevenu attrayant

En annonçant son recentrage sur ses activités les plus rentables comme le discount (Franprix/Leader Price) et les magasins de proximité, ainsi qu'un plan de cession d'actifs portant sur 2 milliards d'euros à l'horizon 2007, le groupe de distribution présidé par Jean-Charles Naouri a clairement rassuré la Bourse. D'autant qu'il a aussi décidé de jeter l'éponge sur le dossier Cora qui aurait pu lui coûter 850 millions d'euros et alourdir son bilan.Casino dissipe ainsi les craintes concernant sa capacité à faire face à ses remboursements d'emprunts et à financer l'acquisition de 50 % du capital de Monoprix au cas où Galeries Lafayette exercerait son option de vente. Si tel était le cas, l'opération serait immédiatement positive sur le bénéfice par action du groupe.Casino va donc désormais pouvoir développer sa stratégie de développement sur les segments du marché les plus rentables et sur les zones géographiques à fort potentiel comme l'Asie et l'Amérique latine. Même en France, la visibilité semble s'améliorer puisque les services achats de Casino auraient obtenu de très bons résultats lors de leurs discussions avec les fournisseurs. Le potentiel de rattrapage du titre reste important, notamment au regard de la qualité des actifs, dont l'immobilier, qui représente à lui seul une valeur de 5,2 milliards d'euros. Notre objectif ressort à 67 euros (code : CO ; Comp. A, SRD).

Danone Une proie de choix dans le secteur agroalimentaire

Contrairement à la plupart des valeurs agroalimentaires pénalisées par la faiblesse de la consommation en France et en Europe, Danone parvient à tirer son épingle du jeu. Le groupe affiche la croissance la plus dynamique du secteur grâce notamment à ses positions en Asie, en Amérique du Nord et en Russie. A l'occasion de la publication de ses résultats annuels, le groupe a renouvelé ses objectifs de croissance de 5 à 7 % des ventes en 2006, et cette progression devrait s'accompagner d'une nouvelle amélioration de ses résultats.

Ces dernières semaines, le titre Danone, soutenu par les spéculations, a franchi le seuil symbolique des 100 euros. Les fondamentaux du groupe semblent désormais bien valorisés, mais le titre bénéficie toujours d'une dimension spéculative importante. Opéable, Danone dispose de solides atouts qui en font une proie de choix dans le secteur pour des acteurs tels que Pepsi, Coca ou Kraft en quête de relais de croissance. Notre objectif de cours se situe à 120 euros (code : BN ; Comp. A, SRD).

AXA L'assureur bénéficie d'un environnement très favorable

L'assureur français a signé un bel exercice 2005, avec une progression de 24 % du résultat opérationnel, à près de 3,3 milliards d'euros. A part la branche de réassurance, dont les performances sont par nature assez volatiles, toutes les spécialités du groupe ont contribué à la hausse de la rentabilité.

Axa entame l'exercice 2006 avec un montant d'actifs sous gestion, en hausse de 16 % sur un an, et avec un matelas confortable de plus-values latentes qui devrait lui assurer une grande souplesse dans sa politique de cessions d'actifs à moyen terme.

Le retour en forme des marchés actions, y compris aux Etats-Unis, facilite la collecte de contrats d'assurance-vie en unités de compte. Or, ces derniers constituent des produits rentables pour un assureur. La hausse des taux d'intérêt des deux côtés de l'Atlantique aura également des conséquences favorables.

Au final, la grande question qui agite régulièrement la place est de savoir si Axa va réaliser une acquisition majeure. Les dirigeants d'Axa, qui ont déjà fait leurs preuves dans ce domaine aux Etats-Unis et au Japon, disposent de sérieux atouts pour mener une politique de croissance externe. Le ratio de dettes sur fonds propres ne s'élève qu'à 38 %, et le groupe français génère une forte capacité d'autofinancement. Avec ou sans acquisitions, l'assureur a d'ailleurs pour ambition de doubler de taille et de tripler les bénéfices d'ici à 2012. La reprise de la croissance économique dans le monde, le vieillissement de la population et le désengagement de l'Etat dans le secteur de la santé constituent un environnement porteur. Nous considérons en outre qu'Axa va connaître un taux de croissance supérieur à celui du marché. On profitera du repli récent du titre pour l'acheter, en visant un objectif de cours de 33,50 euros.

(code : CS ; Comp. A, SRD)

BUSINESS OBJECTS Un chiffre d'affaires multiplié par quatre en six ans

La prudence n'est pas appréciée des marchés financiers lorsque l'on se veut être une valeur de croissance. L'éditeur de logiciels d'aide à la décision Business Objects en a fait les frais au début du mois de février lors de la publication de ses résultats 2005, dont les perspectives ont été jugées trop prudentes. Cette frilosité de la Bourse n'est pourtant pas justifiée. Car Business Objects va bien. Très bien même. Son chiffre d'affaires a atteint des niveaux records en dépassant le cap du milliard de dollars, soit presque trois fois celui atteint en 2000. Parallèlement, la marge d'exploitation a grimpé de 3,5 points en un an, pour atteindre 12,3 %, et le résultat net a quasiment doublé, portant la marge nette de 5,1 % à 8,6 % ! Mais la direction de Business Objects prend des gants avec la communauté financière et joue la prudence. Pourtant, les prévisions communiquées sont très encourageantes : le chiffre d'affaires devrait être compris entre 1,21 et 1,23 milliard de dollars, et la marge nette devrait atteindre 12,3 %, soit près de quatre points de plus qu'en 2005 ! Que demander de plus ? Plutôt que de se perdre en conjectures pour répondre à cette question, mieux vaut placer la valeur en portefeuille, avec un objectif de cours maintenu à 42 euros, le statut de valeur de croissance de Business Objects méritant une prime (code : BO ; Comp. A, SRD).

ATOS ORIGIN Un retard injustifié par rapport à Capgemini

Le recours à la sous-traitance en Inde est devenu un avantage compétitif majeur pour toute société de services informatiques qui se veut compétitive sur le marché international. Cela tombe très bien pour Atos Origin qui a été un des tout premiers groupes européens à s'être intéressé à ce pays. Il y emploie actuellement 1.500 personnes et compte en recruter 1.000 de plus cette année, hors éventuelle acquisition dans la région. Avec une hausse de seulement 11 % depuis le début de l'année, l'action du groupe franco-néerlandais a pourtant accumulé un important retard par rapport à la moyenne du marché et surtout vis-à-vis de son concurrent Capgemini qui affiche une hausse de plus 27 % sur la même période. Ce dernier, profitant de sa position de leader en Europe et d'une présence forte aux Etats-Unis, a en effet eu la faveur des grands fonds d'investissement anglo-saxons.

Les dirigeants d'Atos Origin confirment qu'ils attendent une croissance organique d'au moins 5 % du chiffre d'affaires, à un rythme supérieur aux 4 % espérés sur le marché européen des services informatiques, avec une nouvelle amélioration des marges. Notre estimation de bénéfice net pour 2006 est capitalisée moins de 16 fois au cours actuel, à un niveau très inférieur à la moyenne des concurrents. La croissance rapide du groupe en Chine et en Inde, où les facturations ont augmenté de 12 % l'an dernier, constitue un argument de poids pour la valeur. Le groupe, qui dispose d'une structure financière très solide, a les moyens de saisir les meilleures opportunités de croissance externe qui se présenteront en Europe et en Asie (code : ATO ; Comp. A, SRD).

PUBLICIS GROUPE Un modèle de croissance et de rentabilité

En moins de quatre ans, Publicis sera devenu un modèle de croissance et de profitabilité dans l'univers des agences de publicité. Les intégrations réussies de Saatchi & Saatchi en 2001, puis de Bcom3 en 2004 ont donné au groupe une véritable assise mondiale qui lui permet de faire jeu égal, voire mieux que les trois leaders mondiaux : Omnicom, WPP et Interpublic.

2005 aura été l'année de tous les records pour le groupe présidé par Maurice Lévy qui a fait état d'une forte croissance organique de ses revenus (+ 6,8 %) ainsi que d'une marge opérationnelle historique de 15,7 % qu'il envisage de porter à plus de 17 % d'ici à 2008. Pour l'heure, l'année en cours s'annonce sous les meilleurs auspices. Publicis devrait à la fois bénéficier de l'impact en année pleine des nombreux budgets gagnés l'année dernière et d'un environnement publicitaire plus dynamique en Europe.

Par ailleurs, le groupe affiche désormais une situation assainie puisqu'il a nettoyé son bilan et s'est considérablement désendetté au cours des deux dernières années.

Il a donc les moyens d'accélérer sa croissance en saisissant de nouvelles opportunités d'acquisitions, en particulier dans les marketing services. Au cours actuel, l'action est faiblement valorisée puisqu'elle capitalise à peine 15 fois les bénéfices attendus en 2006 ; un multiple inférieur à ceux des autres grands concurrents.

Nous conseillons de renforcer la position avec un objectif de cours à 43 euros (code : PUB, Comp. A, SRD).

THALES De bons fondamentaux et un attrait spéculatif

Le retour du cours de l'action sous la barre des 36 euros constitue une opportunité d'achat sur le groupe d'électronique de défense qui dispose de fondamentaux solides et dont l'attrait spéculatif reste entier.

Sur le front des performances financières, après les bons résultats enregistrés en 2005 (un chiffre d'affaires de 10,26 milliards d'euros et un bénéfice net de 334 millions), l'exercice 2006 se présente très favorablement avec un carnet de commandes de 20 milliards d'euros représentant deux années d'activité. Les objectifs de la direction consistant à faire croître l'activité de 25 %, et le résultat opérationnel d'un tiers à l'horizon 2008 nous paraissent tout à fait accessibles.

Le cours de l'action qui se traite aujourd'hui sur la base de 17 fois les bénéfices attendus pour cette année n'intègre pas la dimension spéculative du dossier. Or même si les rumeurs sont quelque peu retombées au cours de ces dernières semaines, nul doute que le capital de Thales écartelé entre l'Etat (31,3 %), Alcatel (9,5 %) et le Groupe Dassault ouvertement vendeur de sa participation de 5,3 %, soit prochainement appelé à évoluer. Avec, à la clé, un inévitable regain de spéculation sur la valeur, dont les niveaux de valorisation sont très inférieurs aux concurrents anglo-saxons (code : HO ; Comp. A, SRD).

AIR FRANCE-KLM La compagnie aérienne survole la concurrence

Qui aurait cru au lendemain des événements du 11 septembre 2001 qu'Air France allait cinq ans plus tard dégager des résultats records ? Sans doute bien peu de monde. Et pour cause. A l'époque, la communauté financière sous-estimait la capacité de la compagnie aérienne non seulement à résister aux crises (épidémie de sras, guerre en Irak) et aussi à la concurrence imposée par les offres à bas prix. Mais la société a supris le marché par son excellente gestion de la facture de kérosène. Ainsi, le bénéfice d'exploitation d'Air France est passé de 20 millions à 190 millions d'euros au cours du troisième trimestre (1er octobre au 31 décembre 2005), tandis que le résultat net a plus que triplé (77 millions d'euros).

Or les cours de Bourse actuels ne semblent intégrer ni le changement de dimension d'Air France-KLM entraîné par le rachat, en 2004, de la compagnie néerlandaise KLM, ni la solidité financière du groupe. L'action, qui capitalise 12,1 fois les bénéfices attendus en 2006, demeure sous-évaluée par rapport à celle de ses homologues cotés. A titre de comparaison, les multiples de capitalisation 2006 des titres Lufthansa, coté à Francfort, et Iberia, inscrit à Madrid, s'élèvent respectivement à 15,1 et 16,7 fois.

Par ailleurs, la capitalisation boursière de Lufthansa est supérieure d'environ 1 milliard d'euros à celle d'Air France (environ 6,5 milliards), alors même que le résultat d'exploitation de 900 millions d'euros attendu par la direction en 2006 de la compagnie française dépasse d'environ 20 % celui de son concurrent. Acheter avec un objectif de cours de 23,5 euros (code : AF ; Comp. A ; SRD).

Dossier réalisé par LA REDACTION