Quand les sociétés succombent au charme britannique

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La reprise des introductions en Bourse aura été la bonne nouvelle de l'année 2005. Elle témoigne de la confiance retrouvée dans le marché financier et de la multitude de projets de développement qui en découlent.
Saluons donc cette tendance, mais ne nous berçons pas d'illusions : en effet, c'est à Londres que le boom des introductions a été le plus notable avec en prime l'arrivée de nombreuses sociétés étrangères. Les 129 sociétés nouvellement arrivées outre-Manche (contre une cinquantaine à Paris), provenant de vingt-neuf pays ont levé près de 10 milliards de livres sur le marché principal, le LSe, et 5,24 milliards sur l'AIM. On est encore loin des 17 milliards de livres obtenus en 2000, au plus fort de la bulle Internet, mais l'accélération sensible de l'année écoulée et, surtout, l'internationalisation des opérations témoignent d'un véritable dynamisme de la place londonienne, que certains voulaient bien croire à la remorque des marchés continentaux, et d'Euronext et Deutsche Börse en particulier.
Par comparaison, la France a levé d'importants capitaux en raison de deux grosses opérations (Gaz de France et EDF), mais reste très en deçà en nombre d'introductions. Plus grave, aucune entreprise étrangère n'a fait le choix de Paris. On assiste même à une désertification des grandes entreprises étrangères non européennes de la cote parisienne, qui ne jugent pas utile une cotation sur Euronext et qui, si elles veulent préserver une cotation européenne, se limitent à Londres, voire Francfort. Pour les entreprises européennes, on n'a pas assisté non plus à un rush sur Euronext Paris, signe que la perception de notre pays en matière économique et financière demeure très floue, à défaut d'être peu incitative.
Voilà une nouvelle illustration des nombreuses faiblesses de notre pays si souvent soulignées dans ces colonnes. Tout se paie : le retard accumulé au fil des ans (au plan financier, social...) se fait sentir de plus en plus. Et même si les mesures prises ces derniers mois vont plutôt dans le bon sens, elles ne sont pas d'ampleur à permettre d'affronter les défis qui s'offrent à nous. Les Français ont des idées. Ils doivent réapprendre à travailler davantage, et les gouvernements doivent les y aider. Rien n'est jamais joué. Mais tout reste à faire.
