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Danone se retrouve élevé au rang de valeur pharmaceutique

03/12/2005 00:00 - JDF

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NOTRE CONSEIL

ACHAT SPECULATIF

Depuis cinq ans, le leader français de l'agroalimentaire a choisi de se développer sur le segment très porteur des « alicaments ». De plus en plus préoccupés par leur ligne et leur bien-être, les consommateurs se tournent vers des produits susceptibles d'assurer leur équilibre nutritionnel tout en apportant un plus santé. Avec son produit phare Actimel, qui enregistre des taux de croissance à deux chiffres depuis son lancement il y a près de cinq ans, sa gamme Danacol, qui vise à réduire le mauvais cholestérol, sans oublier ses yaourts Bio et ses eaux minceur, Danone répond ainsi aux attentes des consommateurs. Il s'agit presque d'un retour aux sources pour le groupe puisque les premiers yaourts étaient vendus dans les années 1920 dans les pharmacies.

Le groupe dirigé par Franck Riboud dispose aujourd'hui d'un centre de recherche qui compte environ 500 chercheurs travaillant sur les textures, les goûts et les effets bénéfiques pour la santé des produits commercialisés. Son objectif est de faire valider les vertus thérapeutiques de certains d'entre eux par les pouvoirs publics. Cette stratégie se révèle payante puisque, dans un environnement de plus en plus favorable à la prévention, certains assureurs ont choisi de s'associer avec des groupes agroalimentaires. Ainsi, à partir du mois de février, la Maaf remboursera les produits de la gamme Fruit d'Or Pro-Activ commercialisés par Unilever jusqu'à 40 euros par an. Un accord de même type devrait être signé prochainement entre Danone et les AGF pour la gamme Danacol. Il est trop tôt pour évaluer l'impact que cela pourrait avoir sur les ventes de produits laitiers frais du groupe, mais la médiatisation de cet accord est un formidable coup publicitaire pour le groupe. Il ne devrait pas suffire à enrayer l'érosion des parts de marché du groupe dans les produits laitiers enregistrée au cours des neuf premiers mois de l'année. Cela ne devrait pas non plus servir de catalyseur pour le titre. Le créneau porteur de la santé sur lequel évolue la société est déjà bien intégré par le cours de Bourse. Le titre Danone se paie d'ailleurs plus cher que celui de Sanofi-Aventis (PER 2006 de 20 fois, contre 14 fois pour le groupe pharmaceutique). Cette valorisation élevée est surtout soutenue par les spéculations concernant une éventuelle OPA. Après l'épisode PepsiCo de cet été, les rumeurs de marché prêtent aujourd'hui les mêmes intentions à l'américain Kraft Foods, filiale agroalimentaire d'Altria (ex-Philip Morris).

Catherine Rekik