La gouvernance vue par Michelin

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> Les déclarations d'Edouard Michelin sont suffisamment rares pour être remarquées. Dans un long entretien accordé à La Lettre de l'IFA (Institut français des administrateurs), à paraître le 19 octobre, Edouard Michelin et Michel Rollier (gérants et associés commandités du groupe Michelin) font un point exhaustif sur la politique de gouvernance du numéro un mondial des pneumatiques.
On y lit notamment leurs réserves sur les produits dérivés : « Nous sommes moins à l'aise lorsque l'action est traitée non pas comme un titre de propriété, mais comme une matière première démembrée : le sous-jacent de produits dérivés sophistiqués. Récemment, j'ai constaté qu'une banque néerlandaise proposait des obligations BNP convertibles en actions Michelin... »
De même que sur « l'achat de droits de vote », pratique développée par des organismes du type Proxinvest ou Déminor : « Je crois qu'il est essentiel de rester dans cette logique d'actionnaire propriétaire. Il est donc nécessaire de clarifier qui vote aux assemblées générales, ce qui suppose de demander aux actionnaires de se déclarer. C'est pourquoi je suis opposé aux méthodes qui consistent à sous-traiter son droit de vote : celui qui prend la décision d'investir doit être celui qui vote. » Ardent défenseur de la société en commandite, Edouard Michelin en souligne les caractéristiques vertueuses et démocratiques dans le cadre de la nomination des gérants : « Les gérants pressentis doivent recevoir l'accord de tous les associés commandités et ensuite être nommés à la majorité qualifiée, en assemblée générale extraordinaire. En outre, ils ne peuvent pas démissionner, sauf aval des actionnaires réunis en assemblée générale extraordinaire, auquel cas leur responsabilité du passif s'éteint. »
